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[Fic]L\'achèvement du Destin
heart earth
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[Fic]L'achèvement du Destin posté le [01/03/2018] à 16:28

bon, pas un chapitre passionnant mais nécessaire après un combat comme celui d'angie :3



Chapitre 26 : Liens familiaux



Spoiler :



https://www.youtube.com/watch?v=cDQ_7gSnxeo


Nous explorions les ruines de la ville du sanctuaire, toujours à la recherche de Drago, mais il n’y avait rien à faire. Aucune trace de lui, comme s’il s’était volatilisé. Il fallait dire que les informations d’Hélios étaient pour le moins approximatives. Non seulement, ce boulet avait échoué dans sa protection de l’arbre des Naturia, mais en plus il n’était d’aucune utilité et ne faisait que jouer avec Katy comme un gamin de huit ans.

Enfin…J’imaginais que c’était déjà pas mal que la petite ne s’enfuie pas à sa vue. Elle devait certainement penser qu’il avait le même âge mental qu’elle-même si, personnellement, je lui en aurais donné moins…

Finalement, après une nouvelle heure de recherche sans succès, je m’assis sur un reste de chaise pour prendre une pause bien méritée et je soupirai.

-Sérieusement, on devrait attaquer cette satanée forteresse au lieu de tourner en rond ; grommelai-je.

Plus les recherches avançaient et plus je me faisais à l’idée que, si Drago était introuvable, c’était forcément qu’il s’en était sorti et avait trouvé refuse ailleurs, ce qui rendait nos recherches totalement futiles. Alors pourquoi Hélios s’entêtait-il à continuer les recherches de la sorte…

Soudain, j’entendis un cri de terreur de Katy à quelques mètres de moi et, pensant à une nouvelle attaque, je me remis sur pieds et me précipitai vers l’origine du cri, armée de mon épée de glace mais ce que je trouvai sur place fut bien plus terrible qu’un ennemi.


https://www.youtube.com/watch?v=z9_RD-iRQW0


Katy se cachait le visage, apeurée, tandis qu’une marre de sang déjà séché semblait s’être formée depuis les décombres qu’Hélios s’efforçait de dégager. Mais, ce n’était pas l’idée d’un corps enfoui sous les gravats qui faisait battre mon cœur à cent à l’heure, mais une carte prise entre deux pierres et à moitié déchirée : celle de Socrate.

-Dégagez Hélios ! Ordonnai-je au roi en me mettant à déblayer à mon tour aussi vite que mes forces me le permettait.

D’un rayon glacial, j’envoyai valser le tyran qui creusait bien trop lentement avant de m’atteler à la tâche, brisant la roche avec mes pouvoirs afin de dégager le corps qui se trouvait en dessous et mes craintes se confirmèrent.

Là, dans un état pitoyable, gisait Angéla, un trou béant au milieu du ventre, les habits déchiquetés, la peau aussi blême que celle d’une morte, les joues creuses, ses yeux bleus comme l’azur ayant perdu tout leur éclat, regardant un ciel qu’ils ne pouvaient pas voir et le corps entier baignant dans un sang noir et putride.

J’eus un haut le cœur en voyant cela mais, réprimant mes peurs, je n’hésitais pas une seconde et, n’ayant que très peu d’espoir, je me précipitai pour prendre le pouls de la jeune fille.

Rien. Son cœur ne battait plus…Et certainement depuis bien longtemps à en juger par la température de sa peau, identique à celle du sol.

Lorsque je réalisai cela, mes forces m’abandonnèrent et je m’écroulai sur le sol, détruite. Les larmes me submergèrent et un torrent de pleurs s’abattit rapidement sur le corps décharné de mon amie.

-Pourquoi…Angéla…Que s’est-il passé ? Qui t’a infligé une telle chose ?

-Laura…Commença Hélios avant que je ne l’interrompe.

-Taisez-vous ! Je ne veux pas vous entendre me faire une leçon de morale sur la vie ou je ne sais quoi ! Rétorquai-je sèchement. Vous voulez me dire que je dois continuer à me battre pour mes amis et pour ceux qui ont donné leur vie pour moi ?! A quoi bon dire cela maintenant ! Je ne veux pas qu’on donne sa vie pour moi ! Je veux…

-J’aurais été ravi de te faire une leçon de morale ma chère Laura, mais je pense qu’il faudrait s’occuper rapidement d’Angéla à la place ; reprit Hélios en penchant la tête sur le côté.

-S’occuper d’elle ? Répétai-je soudain hors de moi. On a l’impression que vous parlez d’une totale inconnue ! Elle a été votre élève je vous rappelle ! Et vous, vous voulez l’enterrer sans rien d’autre ? Sans même prévenir June, Ambre et Maya ? Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez vous ?!

Je m’arrêtai, incapable de continuer davantage, submergée par l’émotion et par la colère de voir Hélios aussi peu émotif, même dans un moment pareil.

Cependant, celui-ci fit un geste qui attira mon attention malgré mon chagrin : Il souleva avec délicatesse le corps décharné d’Angéla avant de la prendre dans ses bras et m’ordonner de créer une chambre de glace.

Au début, je ne compris pas mais il réitéra sa demande avec tant d’ardeur que je m’exécutai sans poser de question.

Ainsi, je refroidis l’atmosphère et fit surgir des décombres une sorte de cube de glace dans lequel je créer un lit, une chaise ainsi qu’une sorte de porte et de fenêtre puis Hélios ne perdit pas une seconde et allongea le corps de la défunte avant de se tourner vers moi, la mine grave.

-Laura, sais-tu pourquoi tu es encore ici aujourd’hui ? Me demanda-t-il avec le plus grand sérieux.

-Parce que Gariatron m’a soignée avant que ne meure ? Hasardai-je.

Hélios secoua la tête et j’haussai les sourcils, légèrement surprise par sa réaction.

-Lorsque Gariatron t’a trouvée dans la forêt, ton cœur ne battait déjà plus.

-Co…Comment cela ? Bégayai-je, mettant ma main sur ma poitrine, pensant qu’Hélios délirait.

Hélios me tourna le dos et posa son regard sur le corps d’Angéla, croisant les bras derrière lui.

-Ne trouves-tu pas cela étrange que je sois toujours en vie, même en ayant passé des millénaires dans une prison ? Ou que ton père coure toujours malgré qu’une forteresse de glace se soit effondrée sur lui ?

-Je ne vois pas où vous voulez en venir…Hélios…

Le roi prit une grande inspiration et se retourna vers moi avant de déclarer :

-Les démons ont ce pouvoir particulier d’être en mesure de prolonger la vie des gens en partageant leur propre force vitale, Laura. Et même s’ils ne peuvent pas ressusciter les morts, ils sont capables de sauver ceux qui sont à sa porte, tout comme toi, tout comme moi, tout comme ton père.

-Et en quoi cela nous aidera-t-il ? Angéla n’est pas dans ce cas-là ! M’énervai-je après ce faux espoir.

-Non. Détrompe-toi. Angéla est vivante, mais son corps, lui, est mort.

-Je ne comprends pas…Arrêtez de parler par énigme et crachez le morceau à la fin ! Si on peut la sauver, alors dites-le et sinon, taisez-vous !

-Mais je viens de te le dire, Laura ; reprit-t-il en se grattant la barbe. Angéla est vivante pour la simple et bonne raison qu’elle utilisait la fusion parfaite au moment de rendre l’âme.

-La…Fusion parfaite ? Répétai-je, interdite.

-Oui. Et j’imagine que, tu le sais très bien mais cette invocation fonctionne dans les deux sens. Un Esprit peut donner ses pouvoirs à un humain…Mais l’esprit d’un humain peut entrer dans le corps d’un monstre…

J’écarquillai les yeux en entendant cela. Hélios avait raison…Je n’y avais jamais pensé mais si l’esprit d’une personne ne se trouvait pas dans son corps au moment de sa mort, alors il n’y avait aucune raison pour que sa conscience ne s’évapore avec lui !

-En ce moment même, l’esprit d’Angéla doit se trouver enfoui au plus profond de celui de Socrate et doit chercher à retourner dans son corps d’origine par tous les moyens, exactement comme l’esprit de Gariatron a sommeillé en mois pendant toutes ces années.

-Donc…Si j’ai bien compris…Si nous soignons le corps d’Angéla…elle sera en mesure de revivre ? M’exclamai-je, une lueur d’espoir brillant à nouveau dans mes yeux.

-Si « tu » soignes le corps de Laura ; me reprit le roi. Tu possèdes les pouvoirs de Gariatron par ton héritage je te rappelle.

Insuffler le pouvoir de Gariatron dans le corps d’Angéla…Cela ne me plaisait guère mais nous n’avions pas d’autre choix. S’il y avait un moyen de la ramener parmi nous, alors j’étais bien prête à accomplir cela !

Laissant à Hélios la garde de Katy l’espace de quelques heures, je m’enfermai à l’intérieur du bunker et commençai à soigner le corps déchiqueté d’Angéla.

Ce n’était vraiment pas beau à voir…Quelque que fût la chose ayant provoqué un tel désastre, elle devait être d’une puissance inconsidérable mais je n’avais pas le temps de m’attarder en spéculations.

Tout en finesse et tentant de contrôler mes tremblements dû au stress, je commençai par remettre en marche son cœur à l’aide d’une pompe de glace artificielle. Aussitôt, le sang se remit à jaillir mais je l’arrêtai immédiatement avec d’autres compresses gelées avant d’utiliser enfin les pouvoirs que me conférait Gariatron.

Lentement, la blessure d’Angéla se recouvrit de ténèbres qui semblèrent accélérer le processus de réparation de ses cellules lésées. Je compris alors comment Gariatron avait réussi à refermer mes blessures mais j’étais loin d’être aussi forte que lui, si bien que je ne pus refermer le trou entièrement et fut obligée de compléter le vide avec un cristal de glace ayant exactement la bonne forme.

Lorsque j’introduisis cet élément dans le corps d’Angéla, celui-ci se crispa et mon cœur s’accéléra, autant de peur que de joie.

-Tiens bon Angéla, je te sauverai. Tout comme tu m’as sauvé l’année dernière…

Lorsque j’eus terminé l’opération après plus de trois heures de travail, je vis finalement la bouche de la jeune fille s’entrouvrir légèrement et la blonde toussa quelques caillots de sang. Sa respiration repris, sa peau se colora légèrement et sa poitrine se souleva à intervalles réguliers.

Dégoulinante de sueur, je m’écroulai sur l’un des fauteuils que j’avais fabriqués, riant frénétiquement que cette malédiction ayant blessé tant de gens par le passé, ait servi à autre chose pour une deuxième fois.

Je me fichais des conséquences que cela aurait pour la jeune fille. Tout ce qui comptait était qu’Angéla était en vie. Et de toute façon, si Katy était sortie sans séquelle de la transmission de pouvoirs, je n’avais pas à m’inquiéter pour mon amie. Elle était forte, je le savais…Enfin, je l’espérais…

Cependant, j’étais épuisée après ces efforts et je sentais que j’allais rapidement tomber de sommeil. Je sortis donc de cette chambre improvisée et je vis à l’extérieur qu’une voiture à l’allure étrange était garée juste devant et qu’Hélios, toujours accompagné de la petite, était en grande conversation avec une femme aux cheveux rouges comme les flammes tandis qu’à côté se tenaient…June et l’un des alliés de Gariatron.

Intriguée et plutôt contente de voir des visages connus, je m’approchai mais je n’avais même pas fait un pas que la blonde se précipita sur moi, l’air affolée, et m’attrapa par les épaules pour me secouer comme un pommier.

-Laura ! Dis-moi qu’elle va bien ! Dis-moi qu’Angéla s’en sortira ! Dis-moi…

-Je…Oui, elle s’en sortira…Articulai-je, sentant la nausée me prendre à la gorge. Elle a juste besoin de repos à présent.

June eut l’air dubitative et, connaissant son intelligence et son sens de la déduction, je ne lui cachai pas plus longtemps la vérité et lui expliquai comment nous l’avions retrouvée et comment j’avais été obligée d’utiliser mes pouvoirs pour la sauver. La meilleure amie d’Angéla mit ses mains sur sa bouche, consternée mais je n’avais plus la force d’en dire plus et décidai de prendre congé d’elle pour rejoindre Hélios.

-C’est bon, c’est fait ; lançai-je en baillant. Si vous pouviez la surveiller à présent, cela m’arrangerait…Je suis exténuée moi…

Hélios, pour une fois, ne se fit pas prier et, s’excusant auprès de la femme, il prit congés de nous. Pendant un instant, l’étrangère me fixa du regard, l’air étonnée mais devant mon air mécontent, elle n’insista pas et alla rejoindre June et son acolyte.

Quant à moi, je ne perdis pas une seule seconde et, m’entourant d’un mur de glace et créant un hamac de fortune, je sombrai dans le pays des songes.


Katy me réveilla brutalement en faisant basculer mon hamac et me faisant tomber face contre terre par la même occasion.

Je me frottai le front en gémissant, sonnée par ce réveil peu conventionnel avant de me tourner vers la petite fille. Elle ne semblait pas effrayée, ce qui me rassurait déjà, mais son visage paraissait contrarié.

-Il y a un problème, Katy ? Lui demandai-je en me relevant.

-C’est cette fille que vous avez trouvée…Elle est partie…

Plus surprise par cette annonce qu’inquiète, je fis disparaitre la structure de glace qui nous entourait pour rejoindre Hélios et les autres, en grande discussion à l’extérieur.

Mon arrivée les fit s’arrêter net et tous les regards se tournèrent vers moi.

-Bon, que se passe-t-il encore ? Déclarai-je, simulant une mauvaise humeur.

-Angéla est partie pour venger Drago…Soupira June, les épaules basses.

-ça on s’en fiche, June. Mais elle n’était pas dans son état normal ; grogna Aymeric. Laura, que lui as-tu fait exactement ? Elle aurait dû m’insulter mais elle s’est excusée à la place, pour une vieille affaire poussiéreuse qui plus est.

Je croisai les bras sur ma poitrine pour réfléchir quelques instants. En vérité, cela ne me surprenait guère que mon amie ait réagi de la sorte. C’était même une réaction à laquelle je m’attendais. Après tout, je lui avais transmis une partie des pouvoirs de Gariatron, ce qui signifiait qu’elle avait dû hériter de ce qui, trois ans plus tôt, m’avait poussé à me venger de Darksky…

Ma théorie fit grimacer June lorsque je lui exposai mais elle ne trouva aucun contre argument.

-Mais si elle est dans le même état que toi, il doit bien y avoir un moyen de la faire revenir à la raison, n’est-ce pas ? Me demanda l’amie d’Angéla.

-Pour être franche…Je n’en ai pas la moindre idée. J’étais dans l’erreur et il était facile à Darksky de me contredire. Mais dans le cas d’Angéla…Même si Drago est vivant, elle ne pardonnera pas Asuna si facilement…

-Mais on se fiche de ce que fait Angéla ! Nous interrompit alors Aymeric, avec sa mauvais humeur habituelle. Si elle veut se venger, qu’elle le fasse. Cela nous arrange même. Pourquoi se soucier d’elle alors qu’elle fait le sale boulot à notre place ?

-Tu veux vraiment la laisser dans cet état ? Rétorqua June, outrée. Si elle survit à cette épreuve et qu’elle triomphe, que lui restera-t-il après ?

-Ca…Ce n’est pas mon problème…Murmura son ami en baissant la tête et détournant le regard.

-Aymeric…

-Je suis ici pour convaincre Gariatron de faire le bon choix. Je n’ai pas à me mêler de vos affaires, et encore moins de celles d’Angéla.

Sans ajouter un mot, le garçon s’éclipsa, me laissant légèrement déconcertée par la conversation et June retourna à l’intérieur du fort de glace, frustrée. Je me tournai vers Hélios pour trouver un soutien mais celui-ci se contenta de hausser les épaules et de partir de son côté, ne laissant que Katy et la femme aux cheveux de feu au milieu de la plaine.

-Et bien, quelle agitation ici. Si j’avais su, j’aurais attendu que les choses se calment pour venir ~ déclara-t-elle d’une voix claire et chantante.

-Excusez-moi…mais qui êtes-vous exactement ?

-Je ne suis qu’un simple esprit de duel pleurant son foyer, ma chère Laura. Sur ce, je vais vous laisser. J’ai à faire. Prends bien soin de Darksky~

Sans ajouter un mot, et d’une démarche élégante, la femme s’éloigna, me laissant dans l’incompréhension la plus totale. Mais cela faisait bien longtemps que je ne relevai plus les incohérences de ce monde, surtout depuis la chute du sanctuaire…

N’ayant pas grand-chose à faire pour le reste de la journée, j’allais proposer à Katy de s’entrainer un peu à maitriser ses pouvoirs mais au moment même ou j’ouvris la bouche, la terre trembla et une faille identique à celle planant dans le ciel s’ouvrit juste à côté de moi.

Katy se cacha derrière moi et j’activai mes pouvoirs, pensant encore à une attaque mais j’écarquillai les yeux en voyant les deux personnes qui en sortaient.

-Iori ! Papa ! M’écriai-je, abasourdie.

Mon amie portait mon père sur son dos, à moitié inconscient et dans un piteux état. Je ne me fis pas prier et, ordonnant à la petite de prévenir les autres, je me précipitai pour les aider.

-Iori, que s’est-il passé ? D’où est-ce que vous sortez tous les deux ? M’exclamai-je en épaulant la jeune fille.

-Je…Je t’expliquera plus tard…Laura…Pour le moment, on a…d’autres priorités…

Je vis à ce moment là qu’elle n’était pas non plus indemne et que sa jambe saignait abondamment, de mêmes que ses bras qui étaient couverts de bleus.

Presque heureuse d’avoir eu à construire cet abri plus tôt dans la journée, j’amenai mon père et Iori directement à l’intérieur de la maison de glace et June sursauta en nous voyant entrer mais compris aussitôt la situation.

Nous allongeâmes prudemment mon père sur le lit et June se chargea des soins de la jeune fille qui étaient moindres.


https://www.youtube.com/watch?v=XzDzY3Du5No


-Lau…ra…Murmura-t-il en entrouvrant faiblement les yeux.

Mon père s’arrêta et une grimace de douleur déforma son visage tandis qu’un mince filet de sang s’échappa de sa bouche.

-Ne te force pas ; déclarai-je d’une voix douce en prenant sa main dans ma mienne.

Il était gelé. Même si son corps ne semblait pas avoir de blessure externe, mon père était exténué et avait certainement des os cassés à l’intérieur mais il m’était impossible de le soigner comme je l’avais fait avec Angéla comme je ne savais même pas ce que je devais faire…

-Je suis…encore à te créer des soucis…On dirait…

Mon père perdit connaissance peu après et Iori, que June continuait à soigner, prit la parole.

-Désolée Laura…Je n’ai pas réussi à le ramener sain et sauf…déclara-t-elle tristement.

-Que…S’est-il passé exactement ? Pourquoi mon père est-il dans cet état ? Et surtout, que fais-tu ici, avec lui ?

Iori grimaça lorsque June lui appliqua une compresse sur ses blessures puis me répondit :

-Miyako m’avait demandé de venir te rejoindre mais j’ai reçu un appel de détresse de Shadow au même moment, alors j’ai changé de route. Ton père…a tenté de défier Armageddon mais il a été repoussé par ton frère…

-Défier…Armageddon ? M’étranglai-je ? Mais pourquoi ?

-Et qu’est-ce que le frère de Laura faisait là ? S’étonna June en fronçant les sourcils. Satoshi avait dit qu’il n’y avait plus aucune défense pourtant.

-Il bluffait apparemment. Mais ce sont les faits. Shadow, après s’être occupé de la garde, a été attaqué par surprise par Arthur…Et vous avez le résultat…

Je serrai les dents et frappai la table de glace du poing. Evidemment. S’il y avait une seule chose qui pouvait vaincre mon père, c’était bien de devoir faire face à son propre enfant. Armageddon le savait et il utilisait cet atout contre nous !

Iori sursauta lorsqu’elle m’entendit et je me rendis compte que j’avais frappé si fort que la glace s’était fissurée et que ma peau s’était mise à saigner.

-Je…je n’ai pas fait de mal à ton frère, Laura ! Se défendit-elle précipitamment. J’ai simplement sorti Shadow d’affaire, rien de plus !

-Oh…mais non, ce n’était pas ça ; m’empressai-je de répondre pour rassurer la jeune fille. Mais dis-moi plutôt, où sont les autres ?

-Nous avons installé notre base à la citadelle originelle mais en ce moment, ils sont certainement en mission au pandémonium pour arrêter Serena.

-Est-ce que je peux te demander une faveur dans ce cas ? Pourrais-tu raccompagner Katy auprès de Terra ?

-O…Oui, c’est quelque chose que je devrais pouvoir faire ; bégaya-t-elle. Et toi ? Tu ne veux pas…

-Pas tout de suite. J’imagine que toi non plus, June, tu ne vas pas rentrer de sitôt ?

-Tu commences à me connaitre, Laura. Effectivement, j’ai encore quelqu’un à remettre dans le droit chemin et un vieux démon à trouver.

-Donc, c’est réglé. Iori, ramènes Katy chez elle et profites-en pour nous débarrasser d’Hélios, cela nous fera des vacances ; lui lançai-je en souriant.

-Si…Si c’est ce que vous voulez…mais je reviendrai vous épauler après dans ce cas…

June termina les derniers soins et la jeune fille prit congé de nous. A l’extérieur, nous l’entendîmes parler un peu avec le roi qui ne se fit pas prier et nous abandonna.

Avant de partir, Katy vint me remercier de l’avoir protégée et me menaça si je ne revenais pas. Je ris de bon cœur et serrai la petite fille dans mes bras, lui promettant d’aller la voir le plus vite possible et, sur ces paroles d’espoir, nous nous séparâmes.

Lorsqu’Hélios vint à son tour, je fis semblant de l’ignorer au début mais, après l’avoir laissé parler dans le vide pendant cinq bonnes minutes, je finis par lui répondre.

-Si vous croyez que je vais me laisser faire aux jeux, vous vous mettez le doigt dans l’œil ; raillai-je.

Le roi me sourit et disparut à son tour. Il ne restait plus que June, mon père et moi à l’intérieur, ainsi qu’Aymeric qui n’était pas parti avec Hélios mais qui n’était pas à l’intérieur non plus.

Nous restâmes ainsi plusieurs heures, dans le silence le plus total, attendant simplement que mon père se réveille mais rien. Sa respiration était normale. Son pouls également et il ne semblait pas souffrir. Il ne faisait que dormir.

Soudain, Aymeric, qui jusque-là s’était fait discret depuis l’arrivée de mon père, rentra à l’intérieur avec perte et fracas.

-Alors, c’est vrai ? Shadow est à moitié mort ? Déclara-t-il avec sa bonne humeur habituelle.

-Bonjour le tact ; soupira June.

-Non, c’est bon ; la rassurai-je. Il y a un problème, Aymeric ?

-Pas vraiment. Je venais juste voir si ce qu’Hélios a dit était vrai.

-Et bien, tu en as mis du temps ; railla la blonde.

Le garçon l’ignora simplement et il vint se placer au côté de moi, tout en restant debout et, lorsqu’il posa son regard sur mon père, celui-ci perdit son agressivité et se voila l’espace d’un instant.

-Shadow…Murmura-t-il.

-Il s’en sortira. Il a juste besoin de repos pour le moment ; dis-je, pensant qu’il s’inquiétait pour mon père.

-Evidemment qu’il s’en sortira ! Rétorqua-t-il sèchement. Shadow est un homme fort. Ce n’est pas l’épuisement qui aura raison de lui. Pas comme…

Aymeric s’arrêta là et sortit précipitamment de la pièce. June s’excusa et prit congé de moi, me laissant seule avec mon père.

Le voir dormir ainsi me faisait me sentir bizarre. Il avait l’air tellement…Humain…Il n’avait rien de l’homme voulant se venger du monde, trois ans auparavant. Mais en y repensant, le visage que j’avais sous les yeux, je l’avais vu récemment. Plus exactement, lorsqu’il m’avait donné rendez-vous sur le toit du monde de Drago.

A ce moment-là, ma rancune à son égard était encore bien trop forte mais, à présent, je me rendais compte que mon père n’était plus celui qu’il était, et que j’avais eu tord de lui en vouloir.

Je lâchai un soupir et un sourire s’inscrivit sur ma figure malgré moi. J’avais été stupide une fois de plus d’en vouloir à quelqu’un qui ne voulait que mon bien. D’abord Darksky, puis mon père…En réalité, je n’avais pas changé depuis tout ce temps. Je continuai à faire les mêmes erreurs, encore et encore, rejetant toutes les personnes essayant de m’aider. Qui allait être le prochain sur la liste ? Gariatron ?

Cette pensée me fit pouffer.

Mais il fallait croire que j’étais ainsi. Je n’aimais pas demander de l’aide aux autres, certainement par fierté, ou par refus de voir mes faiblesses. Mais peut-être allait-il falloir que j’apprenne à travailler en équipe désormais.

Je finis par m’endormir au chevet de mon père, épuisée par cette journée calme du côté de nos ennemis mais riches en surprises.


https://www.youtube.com/watch?v=q2lnfkmbPao


Lorsque je me réveillai, je sentis comme une main passer lentement dans mes cheveux et je poussai un cri de stupeur avant de tomber de ma chaise, sous le regard surpris de mon père.

-Oh…Désolé…Laura…Tu n’es plus une enfant, j’avais oublié…Déclara ce dernier avec un sourire.

-Mais tu es stupide ou quoi ! Rétorquai-je, les larmes aux yeux, autant à cause du choc que de l’émotion. Tu étais censé être dans le coma ! Au moins, préviens-moi quand tu reprends connaissance !

-Tu dormais si profondément, je n’ai pas osé te réveiller ; s’amusa-t-il.

-Tu…Tu n’es qu’un idiot, papa !

Ne pouvant me retenir plus longtemps, je fondis en larmes dans les bras de mon père qui me rendit mon étreinte.

Cette chaleur…Cette tendresse…je n’avais pas ressenti cela depuis bien des années et j’avais oublié à quel point j’aimais me blottir dans les bras de mes parents lorsque tout allait mal.

Nous restâmes ainsi, l’un contre l’autre, pendant presque une minute, savourant simplement ce geste si naturel pour une famille mais qui, pourtant, me semblait si étranger et si nouveau. J’étais simplement heureuse de voir mon père à nouveau, pas en tant qu’ennemi mais en tant que dernier membre de ma famille et j’aurais voulu prolonger ce moment indéfiniment. Oublier ces histoires de démons et simplement revenir à ces jours que je passai avec Darksky sur la falaise pendant la journée, et avec ma famille le soir…Mais non. Je ne pouvais pas. Je ne devais pas ressasser le passé de la sorte indéfiniment…

Lorsque nous étreinte se termina, mon père me regarda dans les yeux et me pris par les épaules, comme lorsqu’il voulait me gronder et je sus ce qu’il allait me dire avant même qu’il n’ait ouvert la bouche.

-Laura, tu dois…

-Non, je reste ; le coupai-je.

-Tu es consciente qu’Armageddon veut ta peau ? S’étrangla-t-il.

-Si la fuite était une solution, alors pourquoi l’affrontes-tu, papa ?

-Je…

Je me dégageai de son emprise et me mit à marcher dans la pièce jusqu’à la fenêtre et posai mon regard sur la ville dévastée qui s’offrait à moi.

-Tu me demandes donc de retourner cinq ans en arrière ? Dis-je avec une pointe de nostalgie dans la voix. S’il y a bien une chose que j’ai appris pendant mon voyage, c’est bien que, peu importe où on fuit, on finit toujours par être rattrapé.

-Tu as peut-être raison, Laura. Mais réfléchis-y. La situation est différente cette fois. Tu ne fuis pas seule. Je peux assurer tes arrières et…

-Ma décision est prise, papa. Je ne fuirai pas. J’affronterai Armageddon et si je dois y laisser la vie, alors soit. Mais j’ai en assez de refaire toujours les mêmes erreurs.

Devant ma résolution, mon père baissa les yeux et sourit légèrement.

-Tu es pire que moi ; rit-il légèrement.

-Que veux-tu, c’est de famille apparemment ; m’amusai-je en haussant les épaules.

Nous éclatâmes de rire en même temps et Aymeric et June entrèrent au même moment dans la pièce, totalement déconcertés par nos attitudes.

La soirée avançant rapidement et n’ayant rien mangé depuis le matin, nous prîmes un diner léger avec ce que nous avions dans nos sacs, ne parlant que peu, chacun étant toujours épuisé mais je pouvais voir que, pendant que j’étais avec mon père, une complicité semblait être née entre Aymeric et June. Je ne savais pas dire quoi…mais ils avaient l’air de mieux se comprendre.

Finalement, nous partîmes tous nous coucher à l’intérieur de l’abri de glace de bonne heure afin d’être en forme pour le lendemain. Cependant, je fus réveillée rapidement pas un bruit de pas et, quand j’entrouvris un œil, je vis Aymeric sortir discrètement.

Intriguée, j’ouvris un deuxième œil et je vis que mon père également avait disparu mais que June, elle, dormait à poings fermés.

Sur la pointe des pieds, je me mis à suivre le garçon et je le trouvai sur une colline non loin, aux côtés de mon père. Je m’envolai donc jusqu’à un arbre derrière eux et me mis à suivre leur conversation, tout en étant camouflée par les branchages et l’obscurité de la nuit.

-Alors, Shadow, qu’est-ce que vous vouliez encore ? Demanda le garçon à mon père.

-Je voulais simplement savoir comment tu allais depuis l’attaque. Je dois aussi m’excuser de t’avoir laissé en arrière mais j’ai sauté sur l’occasion de pouvoir enfin détruire Armageddon.

-Vous êtes encore là-dessus ? Grogna Aymeric, de mauvais poil. Vous voyez bien que je suis là, donc tout va bien, inutile de vous inquiéter…Mais c’est sympa de vous en soucier quand même après coup…

Mon père rit légèrement leva les yeux vers la faille béante dans le ciel qui ne s’était jamais refermée depuis notre arrivée.

-J’ai aussi des nouvelles des deux lézards ; enchaina le garçon. Apophis est parti de son côté et Gariatron est en mode déprime mais aucun des deux n’est prêt à s’allier aux humains et aux autres démons.

-C’est embêtant ça ; soupira mon père. Peut-être va-t-il falloir que je sois plus convainquant la prochaine fois…

-Occupez-vous de votre fille au lieu de faire la gestion ; répliqua sèchement l’ancien ami d’Angéla. Je me charge déjà de ça avec June, alors profitez de vos retrouvailles.

-Est-ce vraiment prudent de passer du bon temps avec elle ? Ne faudrait-il pas se concentrer sur l’élimination des menaces qui planent sur elle pour être serein une bonne fois pour toute ?

-Je peux vous assurer que vous regretterez ces mots le jour où elle ne sera plus là !

Mon père haussa légèrement les sourcils, surpris de voir Aymeric s’énerver de la sorte et, le garçon, voyant qu’il était allé trop loin, revint sur ses mots et se laissa tomber dans l’herbe.

-Désolé, ce n’est pas ce que je voulais dire…

-Oh, mais je te comprends, Aymeric et je suis d’accord avec toi. J’ai passé tellement peu de temps avec Laura ces dernières années et j’ai été tellement irresponsable que je me demande encore comment elle peut me considérer comme son père.

Mon cœur se serra en entendant cela. Qu’est-ce qu’il racontait ? Evidemment que je le considérais comme mon père ! Si je m’étais allié à lui, c’était aussi pour le voir revenir ! Irresponsable ou pas, il restait mon père ! C’est ce que je voulais lui crier mais aucun son ne sortait de ma bouche et je restai là, cachée au milieu des feuillages, regardant cette scène de loin, comme une simple spectatrice…

-Mais je ne voyais pas d’autre solution. Je pensais qu’en focalisant l’attention d’Armageddon sur moi, il la laisserait tranquille pendant ce temps et qu’elle pourrait profiter de la vie avec ses amis…

-Et bien, maintenant que vous ne pouvez plus, c’est le moment de lui prouver que vous méritez encore ce titre, non ? Resserrez vos liens avant qu’il ne soit trop tard…Ne faites pas comme moi…

Aymeric se recroquevilla sur lui-même en prononçant ces mots et mon père lui lança un regard doux, exactement comme ceux avec lesquels il me couvrait par le passé lorsque je me sentais mal.

-Il n’est jamais trop tard, Aymeric. Pas dans ton cas du moins ; déclara mon père d’une voix tendre.

-Je sais bien…June me l’a dit aussi…Mais voilà. On ne parle pas de moi mais de vous. Que voulez-vous, Shadow ? Quel est votre souhait ? Vous avez accepté l’aide de Gariatron pour revoir votre fille ? Alors pourquoi avez-vous passé l’année dernière à l’éviter ?

Celui qui se faisait encore appeler par son pseudonyme mit les mains dans ses poches et recommença à fixer ce ciel sans étoile ni lune.

-Être l’homme que je n’ai jamais pu être avec Laura et Arthur…Détruire ce monde qui nous avait tout pris pour créer un paradis, uniquement pour eux, pour qu’ils puissent vivre heureux, loin des dangers comme Sayer ou Armageddon…C’était ce que je voulais…Mais maintenant, je veux juste faire mon devoir de père et protéger mes enfants…

-Vous ne pensez pas être un peu excessif tout de même ? Ricana le garçon. Un jour, il faudra que Laura se débrouille sans vous. Profitez simplement du temps que vous avez ensemble. Ce n’est que lorsque vous serez séparés que vous comprendrez que vous êtes passés à côté de quelque chose.

-Je le sais bien, Aymeric…Je le sais bien ; s’amusa mon père. Toi aussi tu devrais…

-Non, c’est incurable ; Rétorqua-t-il sèchement. Ce que je fais actuellement est bien plus utile…

-Aymeric…Murmura soudain une voix à côté de moi.

Une fois de plus, je sursautai et lâchai un cri de surprise avant de basculer en arrière et de m’écraser lamentablement sur le sol, attirant aussitôt l’attention d’Aymeric et de mon père.

Je me relevai en gémissant et en me frottant le dos puis, sortie de nulle part, June apparut à mes côtés et m’aida à me relever, l’air désolée.

-Oups…je ne voulais pas te faire peur Laura…

-Pas me faire peur alors que tu me suis en étant invisible ? Ce n’est pas très logique…Marmonnai-je en enlevant les feuilles mortes collant à mon uniforme.

-June ? Laura ? Depuis quand nous espionnez-vous ? Me demanda mon père, l’air mécontent.

-Pas longtemps, je te jure papa ! Je faisais juste un tour et…

-Tu es une bien piètre menteuse ; ricana le garçon.

Je le foudroyai du regard tandis que je devais affronter mon père et je déglutis, exactement comme une enfant prise en train de faire une bêtise. Etrangement, me retrouver à nouveau face à mon père me faisait perdre tous mes moyens…Heureusement, June réussit à retourner la situation en notre faveur en une seule phrase.

-Laura ne vous voyait plus et a pensé qu’il se passait quelque chose de grave. Je n’ai fait que la suivre et on vous a vu en train de parler, rien de plus.

Aucun des deux hommes ne semblait réellement convaincu mais ils n’insistèrent pas et Aymeric finit par regarder sa montre affichant bientôt six-heures du matin.

-Bon, de toute façon, il est bientôt l’heure de se lever ; soupira mon père. Et nous avons à faire aujourd’hui.

-Nous ? Répétai-je, surprise. Tu ne m’exclus plus de tes plans maintenant ?

-Crois-moi, ce n’est pas l’envie qui me manque mais je sais que c’est inutile d’essayer à présent que tu connais la vérité.

-Et qu’avons-nous à faire ? Demanda June.

Aymeric fronça les sourcils et se tourna vers mon père, la mine grave.

-Convaincre Gariatron. De gré ou de force, il se joindra aux autres démons, j’en fais une affaire personnelle. Moi, Shadow…Non, en tant que Christopher Garden, je jure que, d’ici ce soir, les démons seront à nouveaux réunis.






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le bon temps…

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[Fic]L'achèvement du Destin posté le [03/03/2018] à 16:20

Aymeric : Et si…


Prologue



Spoiler :



https://www.youtube.com/watch?v=f77SKdyn-1Y&t=8s


De l’eau…De l’eau à perte de vue. Une mer bleue…Non, un océan cristallin s’étendait à l’infini, allant et venant, inlassablement, sur ce sable d’un blanc immaculé. Un vent frais soufflait sur la plage toujours ardente en cette fin de journée et au loin, un soleil de feu embrasait lentement l’eau de saphir dans un mélange de couleurs à couper le souffle.

Il n’y avait plus un bruit humain. Les voitures étaient déjà toutes parties et seuls résonnaient encore les cris des mouettes ainsi que le roulement de l’eau.

Tous les touristes étaient déjà partis également. Il ne restait plus que nous deux sur cette plage abandonnée, entourés de coquillages et de petits crustacées sortant de leurs abris diurnes, moi assis sur ma chaise et plage et elle, contemplant la beauté de la nature depuis son fauteuil roulant.

Lentement, je levai ma main vers le ciel, comme pour attraper ce soleil de braise et me répétait dans ma tête cette phrase en boucle :

« Et si tu étais encore là… »

Soudain, celle qui m’accompagnait se tourna vers moi, me regardant avec ses yeux verts comme l’émeraude et me sourit puis j’entendis au loin la voix d’Angéla m’appeler.

J’hésitai un instant.

« Et bien, Aymeric, tu ne vas pas les rejoindre ? Me demanda-t-elle d’une voix rauque.

-Mais…Et toi…

-Tu n’es quand même pas venu ici pour rester auprès de moi toute la journée, non ? Insista-t-elle en fronçant les sourcils. »

Je continuai à hésiter et elle reprit d’une voix plus douce :

« Je peux encore me débrouiller seule tu sais. Et puis, l’hôtel n’est pas loin. Je t’attendrai là-bas. Tâchez d’être à l’heure pour le diner. »

A contrecœur, je la laissai là, seule au milieu de la plage, et allait rejoindre mon amie de toujours qui m’accueillit en gonflant les joues, frustrée d’avoir attendu si longtemps.

Je donnerais tout pour revenir à ces jours-là…




Chapitre 1 : Une amie



Spoiler :



https://www.youtube.com/watch?v=5KMzDVf2Bx4


Encore ce long couloir d’hôpital…Je n’aimais vraiment pas l’atmosphère qui régnait ici. Je la trouvais…Oppressante, pesante, froide, désagréable, hostile, agressive. J’avais l’impression que cet endroit pouvait happer soudainement ses occupants et ne jamais les relâcher, les emprisonnant pour toujours en son sein. Pour dire la vérité…Je détestais ce lieu.

Lorsqu’enfin j’arrivais devant cette porte ou était inscrit le nom de « Lucia Muller », je m’arrêtai et, après avoir pris une grande inspiration, frappai deux coups secs.

« C’est moi, j’entre. »

Lorsque je pénétrai à l’intérieur de la chambre, je vis la silhouette affaiblie et amaigrie de ma mère, assise sur son lit et regardant par la fenêtre les fumées s’échappant des cheminées des immeubles gris de Paris d’un œil vide.

Lorsqu’elle m’entendit rentrer, elle tourna la tête vers moi et tenta de me sourire mais voir ses joues creuses et ses cernes me serra plus le cœur que ne le réchauffa. Néanmoins, je ne laissai rien paraitre et lui souris en retour, m’installant sur cette chaise où j’avais passé tant de temps en si peu de mois puis nous entamâmes les banalités et les actualités du jour.

Comme à chaque fois, je commençai par lui raconter mes journées. Elle aimait vraiment écouter mes anecdotes sur les cours, sur mes amis et plus particulièrement sur Angéla qu’elle connaissait depuis que nous étions enfants. Elle avait toujours apprécié la jeune fille pour son caractère joyeux et enthousiaste qui contrastait avec ma personnalité renfermée et peu émotive.

« Il faudra que tu lui dises de venir me rendre visite un de ces jours, j’aimerais beaucoup la revoir. Elle mettrait un peu de gaité dans mes journées ; déclara ma mère.

-Parce que tu n’es pas contente de me voir ? M’offusquai-je. Moi aussi je peux être amusant !

-Ce n’est pas ce que j’ai dit ; rit-elle légèrement. Mais vous faisiez tant de bêtises avant, je ris rien qu’en pensant à la fois où elle t’a forcé à te déguiser en monstre de duel. Tu avais fait toi-même ton costume en carton et…

-Arrête avec ça, Maman ! L’interrompis-je, commençant à rougir en repensant à cet épisode ridicule. »

Puis nous éclatâmes de rire ensemble. Ma mère n’avait pas changé depuis tout ce temps. Même dans les moments les plus durs, elle se forçait à sourire, encore et toujours, parce que c’était sa philosophie.

Je restai avec elle jusqu’à tard le soir avant d’être obligé de repartir à cause des cours le lendemain. Je lui promis donc de repasser la voir dès que possible et nous nous séparâmes.

Lorsque je me retrouvai dans les couloirs sombre de l’hôpital, je fus à nouveau saisi par ce sentiment de malaise. Je n’aimais pas venir dans cet endroit mais j’aimais encore moins en repartir. Je craignais à chaque fois que, en mettant le pied à l’extérieur de ce bâtiment, les portes ne se referment à jamais et ne me laissent plus revoir ma mère…

Pendant que j’étais perdu dans mes pensées, je fus bousculé par une personne et je tombai à la renverse, face contre terre.

« Oh, je suis vraiment désolée…je ne voulais pas…Rien de cassé ? »

Me frottant le nez, je levai la tête et je vis une grande fille portant un pyjama de l’hôpital me tendre la main pour m’aider à me relever.

« Non, tout va bien…lui répondis-je en enlevant la poussière qui s’était accrochée à mon manteau. »

La fille semblait avoir mon âge. Son visage était rond, ses cheveux, blonds comme l’or, étaient coiffés de telle sorte à ne laisser qu’une longue mèche pendre du côté droit et recouvrant partiellement ses yeux…Verts comme l’émeraude…Exactement comme ceux de ma mère…

Je dus rester quelques secondes figé sur place car celle-ci claqua des doigts devant moi pour me faire revenir à la réalité.

« Eh, tu es sûr que ça va ? Tu as l’air secoué ; s’inquiéta-t-elle.

-Euh…oui, tout va bien ! Mais je dois y aller ! »

Sans perdre une seconde, gêné, je m’enfuis de cet endroit, laissant derrière moi cette fille mystérieuse.

Je marchai vite dans les rues, l’heure tournant rapidement et n’ayant toujours pas diner ni fait mes devoirs. Heureusement, j’habitai dans un quartier relativement sûr et il n’y avait aucun risque à se promener en ville le soir, même pour un collégien comme moi.

Lorsqu’enfin j’introduisis la clé dans la serrure de mon appartement, je poussai la porte et restai une seconde sur le pas, n’arrivant pas à me faire à l’idée que les lumières puissent être éteintes à mon arrivée.

« Je suis rentré ; lançai-je machinalement. »

Personne ne me répondit, évidemment.

Depuis que ma mère était tombée malade, cinq ans auparavant, la maison me semblait bien vide et, chaque soir, je continuai à espérer voir un quelconque signe de vie dans cet appartement froid et sans vie.

Lâchant un soupir de lassitude, j’allumai la lumière et, après avoir posé mes chaussures dans un casier à côté de deux places vides, je me fis un diner léger, suivi d’une douche chaude avant de me mettre à ma table de travail, alternant les devoirs et les discussions sans queue ni tête avec Angéla, Ambre et Maya sur le groupe que nous avions créé deux ans plus tôt et qui se nommait « Allons en Agartha ».


https://www.youtube.com/watch?v=Ov1U1JLi8SU


Le lendemain, je retrouvai Angéla et ses amies à la pause de midi comme toujours et j’eus droit à son lot quotidien de plainte sur les lentilles de la cantine ainsi que sur les professeurs s’acharnant sur elle.

« Sérieusement, vous trouvez ça normal vous que je me sois pris encore un zéro parce que j’ai répondu honnêtement à la question ? »

Devant mon air dubitatif, Maya qui se retenait d’éclater de rire et Ambre qui se prenait la tête dans les bras, l’air désespérée, la blonde me montra sa copie en me prenant à témoin.

Lorsque je vis ce qui était inscrit sur la feuille, je fronçai les sourcils, me demandant si je devais en rire en pleurer. Il y avait un triangle rectangle dont l’hypoténuse valait X et la question demandait de « trouver x » …

Lentement, je levai les yeux de cette copie et lançai à Angéla un regard compatissant.

« Dis-moi…Angéla…Tu as vraiment marqué « il est ici » en entourant le x ? Lui demandai-je, n’en croyant pas mes yeux. »

Maya, n’en pouvant plus de se retenir, éclata de rire tandis qu’Ambre avait l’air de vouloir disparaitre à cet instant.

« Donc tu es d’accord avec moi ? C’était la bonne réponse ! J’aurais dû avoir les points !

-Tec…Techniquement…La réponse est juste ; tenta de dire Maya entre deux éclats de rire.

-Voila ! Enfin quelqu’un qui me supporte ! On va voir ce prof de maths alcoolique et lui dire deux mots ! Aymeric, tu viens avec nous ! »

Avant même que je n’aie eu le temps de répondre, Angéla se leva brusquement de table et fila hors de la cantine, laissant son plateau sur la table, suivie de Maya qui activa la caméra de son téléphone et qui nous un clin d’œil avant de disparaitre à son tour.

A la table, il ne resta donc plus qu’Ambre qui finissait tranquillement son repas, et moi, qui avais toujours la copie d’Angéla dans les mains.

« Je devrais peut-être aller lui rendre…Non ? Proposai-je.

-Oh, non, notre prof a marqué sa réponse dans son cahier de blagues avec son nom à côté. Il s’en souviendra je pense ; me répondit la brune en sirotant son jus d’orange personnel. »

La jeune fille s’arrêta soudainement et me lança un regard qui ne me dit rien de bon.


https://www.youtube.com/watch?v=AleCFI1hHkA


« Plus sérieusement, Aymeric, quand est-ce que tu l’invites à sortir ?

-Hein ? De quoi tu parles encore ? »

Ambre fronça les sourcils et posa son verre sur la table puis rapprocha son visage du mien si près que je fus obligé de reculer avec ma chaise.

« Ne crois pas que je n’ai pas remarqué les petits regards que tu lui lances. On se connait depuis le primaire et on est bientôt en troisième, alors, qu’est-ce que tu attends ? Angéla ne fera pas le premier pas, elle est bien trop immature pour ça.

-Je… »

Je détournai le regard, conscient qu’Ambre disait la vérité mais depuis quelques temps, je n’avais plus la tête à cela. Par le passé, je rêvais d’inviter Angéla à sortir un jour mais ce sentiment avait fini par s’atténuer depuis que l’état de ma mère s’était dégradé et ma seule priorité était de faire tout mon possible pour qu’elle aille mieux.

La jeune fille, voyant mon malaise devant cette question, se radoucit et se remit à siroter son jus en soupirant.

« C’est à cause de ta mère…n’est-ce pas ?

-En partie…Oui…

-Et…Tu n’as toujours rien dit à Angéla j’imagine ? Me demanda-t-elle d’une voix faible.

-Non. Je ne veux pas qu’elle s’inquiète. Tu sais comment elle est quand elle est inquiète…

-Tu devrais quand même lui dire un jour. Elle va finir par t’en vouloir si elle sait que tu l’as laissée sur le côté ; me prévint Ambre d’une voix douce.

-Je le sais bien mais ça ne durera pas. Je pense que d’ici quelques semaines, tout sera rentré dans l’ordre ! Et à ce moment-là, je compte sur toi pour m’aider !

-Nous verrons cela à ce moment-là ; s’amusa la brune. »

La cloche sonna la fin de la pause midi et, donnant la copie d’Angéla à son amie, nous partîmes chacun de notre côté. Lorsque je retournai en classe, je ne manquai pas de me faire chambrer par mes deux amis, Antoine et Charles, deux grands gaillards pas bien malins mais qui me prenaient pour leur modèle uniquement parce que j’avais toujours trainé avec des filles et pas eux. Mais je les laissai dire, au moins ils me tenaient compagnie en classe.

L’après-midi passa, comme chaque jour, lentement, entre les cours ennuyeux et l’angoisse à l’idée de pouvoir recevoir un message de l’hôpital à tout moment. Je n’avais même pas la bonne humeur des filles pour me changer les idées et j’étais condamné à rester sur l’îlot de mes pensées.

Le soir, Maya ne manqua pas d’envoyer sur le groupe la vidéo d’Angéla gagnant une heure de colle après avoir tenté de gagner les points sur sa question et la blonde passa la soirée à nous envahir de messages pour protester contre cette injustice.

Une journée typique pour moi somme toute.


https://www.youtube.com/watch?v=y5KS4i8kzjU


Lorsque je retournai voir ma mère en fin de semaine, je lui ramenai quelques affaires dont elle avait besoin dans sa chambre et je lui racontai mes journées, comme toujours. L’histoire la fit bien rire, comme à chaque fois que je lui parlais d’elle et je la laissai sur ces bonnes nouvelles.

Mais, alors que j’allais partir, je vis que la porte de la chambre d’en face était ouverte et, qu’à l’intérieur se trouvait la fille qui avait failli me rentrer dedans la dernière fois. Même si elle était assise sur le lit avec les vêtements de l’hôpital, elle semblait être en parfaite santé et était en grande discussion avec un homme qui devait être son père.

Elle ne me vit pas cette fois-ci et je passai mon chemin, pressé de rentrer.

Cependant, lorsque je revins la semaine suivante, je la vis encore, cette fois-ci dans le salon commun où ma mère regardait la télévision.

Lorsqu’elle m’aperçut, la jeune fille me sourit simplement, m’ayant reconnu, mais notre échange tacite n’alla pas plus loin. Après tout, je devais veiller sur ma mère.

Les semaines passèrent. Je continuais à venir à l’hôpital chaque semaine, toujours le même jour, toujours à la même heure et, même si certains patients arrivaient et d’autres repartaient, la fille aux yeux d’émeraudes, elle, restait là, toujours seule, dans ce salon à lire des livres, perdue dans ses pensées mais ne montrant jamais aucun signe de maladie.

Quant à moi, je passai également beaucoup de temps dans ce salon avec ma mère, mais jamais, je n’adressai la parole à cette fille. Nous nous contentions de nous regarder de loin, nous lançant un sourire en arrivant, et un regard en partant mais nous ne nous disions rien.

Les journées avec Angéla, Ambre et Maya, elles, restaient les mêmes. A midi, nous avions toujours ce rendez-vous quotidien à la cantine où la blonde du groupe animait le déjeuner en nous racontant ses « malheurs » et parfois, nous finissions avec un duel lorsque nous avions le temps.

Je n’étais pas spécialement fort à ce jeu mais déjà, ni Ambre, ni Maya ne savaient jouer et cela semblait faire plaisir à Angéla, alors je me prêtais au jeu avec mon deck de démarrage V pour victoire. La jeune fille n’arrêtait pas de me dire de m’acheter un vrai deck mais je l’appréciais moi. Après tout, nous étions allés l’acheter ensembles et j’étais persuadé que je pouvais en tirer quelque chose.


https://www.youtube.com/watch?v=Td1D1jjvrdE


Cela dura pendant six bonnes semaines, le temps que les vacances arrivent puis, lorsque je fus débarrassé de la contrainte scolaire, je me précipitai tous les jours à l’hôpital.

L’état de ma mère était stable selon les médecins et il n’y avait aucune raison de me faire du souci, mais je voulais m’assurer que tout allait bien, alors je me fichais de passer mes vacances dans cette chambre plus blanche que la montagne en hiver ou dans ce salon où les informations passaient en boucle malgré le harcèlement d’Angéla pour que je participe à ses activités telles que trouver le big foot ou explorer le bois de Vincennes.

Un jour, alors que le soleil et la chaleur étaient revenus et que nous nous baladions dans le parc, je vis une fois de plus cette fille, seule, à l’ombre d’un arbre, lisant inlassablement ce livre à la couverture ne laissant aucun indice sur sa nature.

Je ne savais pas pourquoi, mais cette fille m’intriguait vraiment. Elle n’était pas comme les autres résidents de l’hôpital. Elle n’était pas en fauteuil roulant, sa peau était claire, ses yeux respiraient la vie et personne ne semblait se faire du souci pour elle, pas même les infirmières qui passaient sans lui prêter une quelconque attention.

Le lendemain, ma mère voulut à nouveau prendre l’air et nous nous installâmes près du petit ruisseau artificiel du jardin de l’hôpital. Je calais son fauteuil sous un abri en bois pour la protéger du soleil et, la voyant s’endormir rapidement, je m’installai sur le banc à côté de l’eau et mis mes écouteurs pour passer le temps.

Mais, alors que j’étais perdu dans mes pensées, j’entendis un bruit de pas à côté de moi et, décalant légèrement le regard sur la droite, je vis à nouveau cette fille blonde, toujours avec son livre à la main, portant un large chapeau ivoire et une fine laine au-dessus de son pyjama d’hôpital.

Je la saluai, comme à chaque fois et elle s’installa sur ce banc à côté de moi, commençant à lire en silence.

Nous restâmes ainsi l’un à côté de l’autre pendant plusieurs heures, elle lisant inlassablement son livre et moi écoutant ma musique. De temps à autre, je la voyais me lancer de petits regards furtifs mais, dès que je tournai la tête, je me heurtais à la couverture de son livre mystérieux.

Finalement, ayant fait le tour de mon répertoire, je retirai mes écouteurs. Ce jardin était vraiment calme bien qu’en plein centre-ville.

La brise fraiche du soir, le clapotis de l’eau, les rayons ardents du soleil, l’ombrage des branchages, le bruissement des feuilles et ce froissement régulier des pages du livre de ma voisine…Tout cela avait vraiment quelque chose d’apaisant et de reposant. J’aurais pu rester là des années sans même m’en apercevoir.

Soudain, le vent se mit à souffler légèrement plus fort et l’une des pages du livre de la jeune fille s’envola. Elle poussa un petit cri d’étonnement mais je réussis à attraper le morceau de papier au vol et je lui rendis.


https://www.youtube.com/watch?v=mxIzlCdg76o


« Merci ; déclara-t-elle avec un large sourire.

-Mais de rien. »

Je m’arrêtai un instant en voyant que, contrairement à ce que je pensais, il ne s’agissait pas d’un roman mais d’une sorte d’encyclopédie où étaient dessinés toutes sortes de symboles auxquels je ne comprenais rien.

La jeune fille pencha légèrement la tête sur le côté, étonnée que je ne lâche pas ce bout de papier.

« Il y a un problème ? Me demanda-t-elle, l’air un peu désemparée.

-Oh, non, aucun ! Répondis-je précipitamment. Je me demandais juste ce que tu lisais ! »

La fille aux yeux d’émeraude regarda un instant son livre puis me montra la première page sur laquelle étaient inscrits les mots : « Les dieux Egyptiens sont parmi nous ! » et j’eus un petit hoquet de surprise, ne m’attendant absolument pas à voir cela.

Ma réaction amusa la mystérieuse fille qui ne put s’empêcher de pouffer avant de reprendre son ouvrage et de le poser sur ses jambes.

« C’est l’ouvrage de mon oncle qui est sorti l’année dernière ; me dit-elle d’une voix claire et calme. Il me l’a donné quand je suis arrivée ici.

-Ton oncle est un écrivain connu ? M’étonnai-je. »

Ma remarque refit pouffer la jeune fille qui mit sa main devant sa bouche pour cacher son amusement mais ses yeux remplis d’ironie la trahissaient.

« Pas vraiment. Enfin, il est connu dans le milieu comme il le dit lui-même…

-Mais tu aimes la mythologie ? Tu n’as pas l’air d’avancer énormément ; fis-je remarquer en voyant le marque page au tout début de l’ouvrage.

-Pas spécialement. Mais ma cousine m’a suppliée de le lire pour qu’il ait au moins un retour, alors je me force…Et puis, cela m’occupe on va dire. »

Je voulus continuer cette discussion plus longtemps mais au-même moment, ma mère fut réveillée par la cloche annonçant l’heure du diner.

« Oh, désolé…Je dois y aller, c’est l’heure ; m’excusai-je.

-Je vais y aller aussi de toute façon. Il commence à faire froid ici. »

Délicatement, la jeune fille remit son pull sur ses épaules et nous accompagna, ma mère et moi jusqu’à sa chambre où son repas était servi. Elle fut prise en charge par les infirmières venues également lui administrer ses médicaments et je me retrouvai seul dans le couloir avec cette fille étrange dont la chambre était juste en face.

« Bien, à une prochaine fois peut-être ; me lança-t-elle en me faisant un signe de la main tout en rentrant dans sa propre chambre. »

Lorsque je fus à nouveau seul, je ris de ce qu’il venait de se passer. On ne pouvait pas dire que j’étais vraiment habitué au calme et à la tranquillité entre Angéla et les boulets qui me servaient d’amis en classe. Passer du temps avec cette fille cette après-midi m’avait vraiment apaisé, moi qui n’arrivais jamais à trouver la paix lorsque je venais à l’hôpital, sans cesse pensant au pire.

Je repris mon téléphone et découvrit une centaine de messages de la part d’Angéla sur le groupe qui se battait avec Maya pour qu’on fasse ses devoirs à sa place et je souris. Malgré tout, j’aimais l’ambiance farfelue qu’Angéla nous imposait à tous les trois et je finis par accepter de lui donner les miens en rentrant chez moi.


https://www.youtube.com/watch?v=WEASss7MSQk


Les jours qui suivirent, je n’eus pas le temps de retourner à l’hôpital à cause de la rentrée approchant à grand pas et les examens d’avril. Mais encore une fois, c’était une période que je réussissais à supporter plutôt bien grâce aux réponses d’Angéla aux contrôles.

« Non mais, vous avez vu le sujet de français encore ? S’énerva la blonde comme à chaque repas. Qu’est-ce que l’inconscience ? Vous avez répondu quoi encore vous ?

-Et bien, j’ai cité Freud puisqu’on avait le texte à côté…Répondit Maya, qui faisait de son mieux pour imaginer une autre réponse.

-Ah, moi j’ai rajouté un passage sur Sartre et le philosophe Alain. Calvere nous avait demandé de les lire si on voulait donc je ne me suis pas privée ; rajouta Ambre, fière d’elle.

-C’est vrai qu’on ne peut pas vraiment inventer sur un sujet pareil…Déclarai-je, embêté pour la jeune fille. Qu’est-ce que tu as raconté toi ?

-Bah…Déjà j’avais pas lu les livres…

-Non ? Vraiment ? Nous soupirâmes tous les trois comme une seule personne.

-Donc j’ai dit que l’inconscience, c’est de s’inscrire à un tournoi avec Scorpion noir… »

Maya entra dans un fou rire tel à ce moment précis qu’elle fut obligée de sortir de table pour se calmer, Ambre fit de même, ayant visiblement trop honte de connaitre Angéla et moi, je me contentai de regarder la jeune d’un air dubitatif.

« Quoi ? C’est mieux que copie blanche, non ? S’offusqua-t-elle.

-Je ne peux pas nier que c’est vrai, oui ; soupirai-je.

-En parlant de ça, il serait tant que tu changes ton deck pourri toi !

-Hors de question. Et je te rappelle que le tien n’est pas meilleur, tu as simplement mis tous les elfes que tu avais chez toi.

-C’est faux ! Rétorqua Angéla en gonflant les joues. J’ai fait des changements depuis le temps !

-C’est vrai que Monster Reborn a disparu mais qu’Elfe Mystique est toujours là… »

Nous continuâmes à nous lancer des piques jusqu’à ce que Maya et Ambre revinssent nous chercher pour terminer la journée sur d’autres examens, dont Angéla ne manqua pas de se plaindre le soir, comme la physique ou elle avait été obligée de répondre « oui » à la question « la balle atteindra-t-elle sa cible ? » ou la géographie où elle n’avait pas été capable de placer la Belgique et l’avais mise à la place du Luxembourg.


Enfin, lorsque la fin de la semaine arriva, je me précipitai à l’hôpital pour raconter à ma mère cette semaine plus que mouvementée. Evidemment, elle fit les gros yeux en voyant les sujets de cette année, particulièrement celui de philosophie.

« Vraiment…Ils vous font étudier ça en quatrième maintenant…Ils sont fous…

-Oui mais attends, tu ne connais pas la réponse d’Angéla en Français ! »

Lorsque je lui racontais, elle éclata de rire jusqu’à en avoir les larmes aux yeux et ne s’arrêta que lorsqu’elle fut à bout de souffle. S’il y avait bien une chose qui mettait ma mère de bonne humeur, c’était quand je lui racontais les mésaventures de la fille qu’elle appréciait depuis toujours, c’est pourquoi, je remerciais toujours Angéla intérieurement quand ma mère oubliait ses tracas grâce à elle.

Je restai une heure de plus pour discuter avec elle de la fin de l’année, parler de ses futures sorties d’hôpital et planifier nos prochaines vacances ensembles puis je m’éclipsais, la laissant comme toujours avec les infirmières.

Lorsque je sortis de la chambre, quelqu’un sortit également de la chambre d’en face. Une jeune fille portant le même uniforme que nous, et ressemblant vaguement à la personne occupant la chambre de par la couleur de ses cheveux et de ses yeux.


https://www.youtube.com/watch?v=nWx0Iw5lw3E


« Si tu as besoin de quoique ce soit, n’hésite pas à m’appeler ! Lança-t-elle à la fille mystérieuse. Je compte sur toi cousine ! »

Ne m’ayant pas vu, la visiteuse me bouscula légèrement en reculant et s’excusa avant de partir précipitamment, sans même fermer la porte derrière elle.

La jeune fille à l’intérieur me vit alors et me salua avec un large sourire que je lui rendis. Cependant, contrairement aux autres fois, elle ne se remit pas immédiatement à livre son livre et continua à me fixer pendant plusieurs secondes avec ce sourire bienveillant figé sur sa figure et je finis par comprendre qu’elle m’invitait à rentrer.

Prudemment, je franchis la porte mais ne m’avançai pas trop à l’intérieur, de peur de déranger.

« Cela faisait longtemps que je ne t’avais pas vu ; déclara la jeune fille avec sa voix douce et enchanteresse.

-Oui, j’ai eu pas mal d’examens ces derniers temps, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour moi ; m’excusai-je en me frottant la nuque, comme si je me sentais obligé de rendre des comptes à cette personne. »

Ses yeux s’illuminèrent lorsque je prononçai le mot « examens » et un sourire passa sur sa figure, qu’elle tenta une fois de plus de camoufler en mettant son livre devant son visage.

« Vraiment ? Des examens ? Ça devait être amusant.

-Du point de vue de certains, oui, c’est très amusant, mais pas pour d’autres ; ris-je de bon cœur. »

La jeune fille pencha légèrement la tête sur le côté comme elle le faisait quand elle était intriguée par quelque chose et je remarquai alors que, à côté de son éternel livre, était posé une affiche pour un grand tournoi pour lequel Angéla avait raté les qualifications.

« Tu fais des tournois ? La questionnai-je, surpris.

-Oh, non. Je n’en fais pas. Ma cousine est juste venue me prévenir qu’elle allait passer à la télévision bientôt et a déposé ce prospectus pour que je ne la rate pas ; s’amusa la fille aux yeux d’émeraudes.

-Ah, celle qui t’a demandé de lire ce livre aussi ?

-Oui, on parle bien de la même personne ; enchaina-t-elle en regardant l’ouvrage posé sur sa table. »

L’horloge sonna sept heures du soir et des infirmières vinrent frapper à la porte pour annoncer le diner dans la cantine de l’hôpital où allaient manger les patients capables de se déplacer par eux-mêmes.

« Je crois que nous continuerons cette discussion un peu plus tard…Euh…

-Aymeric. Aymeric Muller ; déclarai-je en lui tendant la main amicalement.

-Enchantée, Aymeric. Mon nom est July. July Wheeler ; me répondit-elle en répondant à mon geste.

-July…Wheeler, hein ? C’est un joli nom… »

Sans ajouter un mot, la dénommée July descendit de son lit se rendit au réfectoire avec l’aide des infirmières.


https://www.youtube.com/watch?v=Y_bQW5hVkMI


A partir de ce jour-là, à chaque fois que je venais voir ma mère à l’hôpital et avant de partir, je faisais un saut dans la chambre d’en face pour saluer la jeune fille qui semblait parfois m’attendre, regardant simplement par la fenêtre, le livre de son oncle posé sur sa table de chevet.

Elle n’était pas bien bavarde mais s’intéressait à tout ce que je disais, même la moindre banalité sur le feu rouge en panne de la rue d’en face ou même si ma plomberie défectueuse. Elle semblait prendre plaisir à simplement écouter mes histoires et à y réagir en riant aux éclats tout en tentant de cacher sa bonne humeur à chaque fois.

Au début, je ne lui parlai que des faits banals comme les cours qui, étrangement, la captivaient, ou du dernier article que j’avais vu sur internet et elle me répondait de la même façon, me parlant rapidement de sa cousine ou de ce qui passait aux actualités.

Rapidement, July apprit l’existence d’Angéla en entendant ma mère éclater de rire régulièrement dans sa chambre lorsque je venais lui rendre visite et je finis par lui raconter à elle aussi les anecdotes, récentes ou anciennes, que j’avais sur la jeune fille qui passait son temps à faire des bêtises et à se plaindre ensuite.

« Et là, Angéla a entouré le X sur sa copie quand on lui a demandé de le trouver !

-Sérieusement ? Je t’envie vraiment d’avoir une telle amie ; pouffa July.

-Oh, crois-moi, c’est fatigant sur le long terme. J’ai l’impression de faire garderie parfois…Soupirai-je.

-Tu me la présenteras un jour ? Je lui présenterai ma cousine aussi, je suis certaine qu’elles s’entendraient bien.

-Qui sait. Peut-être qu’un jour, je lui dirai de venir, oui. »

C’était amusant. Nous ne savions rien l’un sur l’autre. Rien sur nos gouts musicaux, rien sur nos styles d’émissions, rien sur nos loisirs, rien sur nos passés respectifs, presque rien sur nos vies privées, et pourtant, je m’entendais bien mieux avec July qu’avec les deux idiots qui me servaient d’amis en cours. C’était une sensation étrange que je n’avais jamais ressentie auparavant, comme si nous n’avions pas besoin de mots pour communiquer.

L’été arriva, de même que la fin des cours. L’état de santé de ma mère ne s’était toujours pas amélioré et les médecins préconisaient une durée encore indéterminée à l’hôpital. Ainsi, tandis qu’Angéla partit pour le sud avec sa famille et qu’Ambre prit également des vacances bien méritées, il ne resta plus que Maya et moi à Paris, dans un mois de juillet étouffant de chaleur.

Mais cela ne me dérangeait pas et je passai même le plus clair de mon temps à l’hôpital, à l’ombre d’un chêne ou d’un marronnier, en compagnie de July, soit lisant son livre au bord de la rivière, soit écoutant mes histoires du quotidien avec intérêt.

Un jour, vers la mi-juillet, alors que je venais lui rendre visite comme souvent, je la trouvai assise à notre endroit de rendez-vous, sous le grand marronnier du parc près du cours d’eau mais, contrairement aux autres jours, elle ne portait pas son pyjama d’hôpital mais une fine robe blanche de satin, ainsi que de légères sandales et son imposant chapeau ivoire. Elle regardait au loin, comme perdue dans ses pensées et tenait entre ses doigts un crayon de papier tapotant à rythme régulier la feuille d’un grand bloc note.


https://www.youtube.com/watch?v=kVUekqhpt9M


Je m’arrêtai un instant, surpris par ce tableau singulier. C’était comme si une peinture impressionniste venait de prendre vie devant mes yeux : ces couleurs vives de l’été contrastant avec la candeur de la jeune fille, le vent faisant onduler lentement ses cheveux d’or et ses yeux brillant comme deux joyaux…

Soudain, July tourna la tête dans ma direction et me sourit, comme à chaque fois.

« Tiens, Aymeric. Je ne t’ai pas entendu arriver ; déclara-t-elle lentement.

-Tu avais l’air perdue dans tes pensées aussi. Qu’est-ce que tu fais avec ça ? Tu écris ? »

July hésita un instant en regardant son bloc-notes avant de me le tendre. Une fois de plus, je fus vraiment surpris de voir les occupations de la jeune fille. Sur ces pages à l’allure banale étaient faits des dessins. Mais il ne s’agissait pas de simples dessins faits au hasard mais d’une véritable histoire, un manga encore inachevé mais déjà bien plus beau que tout ce que j’aurais pu faire, même avec quatre bras.

Je me mis alors à regarder les autres pages, bouche bée et subjugué par la qualité du dessin, la qualité du trait et la finesse des détails constants de case en case. Chaque vignette aurait pu, à elle seule, être un tableau à part entière.

« C…C’est toi qui as dessiné ça, July ? Bégayai-je, encore abasourdi. C’est…magnifique…

-Je n’ai pas grand-chose à faire ici…Alors je m’occupe comme je peux…Me répondit-elle en détournant le regard. Tu aimes ?

-Evidemment que j’aime ! Tu veux devenir dessinatrice plus tard ? Tu en aurais largement les moyens !

-Je…J’aimerais bien…Rougit-elle. Mais je suis nulle pour raconter des histoires…

-Allons, cela ne peut être que bon avec des dessins pareils ; la rassurai-je. »

Ne m’étant concentré jusque-là que sur les graphismes, je me mis à lire quelques lignes de dialogue et immédiatement, tout mon enthousiasme retomba d’un seul coup…

« C’est une maladie difficile que tu as là Michael ; déclarait un médecin sur la première vignette en parlant seul dans le vide. «

« Parce qu’il existe des maladies faciles ? Répondait une bulle sortant du vide. »

« Oui ; se contentait de répondre l’homme, sans expression. »

Toutes les autres lignes de dialogues étaient du même style et ressemblant à une conversation qu’on aurait pu avoir sur le groupe avec les filles. Je compris néanmoins qu’il s’agissait de l’histoire d’un lama invisible cherchant à rajeunir…ou quelque chose du genre…

Je restai encore une fois bouche bée devant son travail, mais pas pour les mêmes raisons cette fois-ci et le visage de la jeune fille s’empourpra davantage devant mon expression dubitative.

« C…C’est si mauvais que ça ? Bafouilla-t-elle.

-Comment dire…Je pense qu’il y a une bonne marge de progression…Déclarai-je en tentant de paraitre le moins critique possible.

-C’est aussi ce que ma cousine m’a dit la dernière fois…Mais ça fait trois ans qu’elle me le répète…

-Et elle ne te donne jamais de conseils, elle ? M’étonnai-je.

-Si, des tonnes…Mais je n’arrive pas à les appliquer. Ils sont à la fin… »

Intrigué, je passais directement à la dernière page du bloc-notes et, effectivement, de nombreuses inscriptions étaient marquées là, d’une écriture assez fine et élégante, tout le contraire d’Angéla dont l’écriture ressemblait à des pattes de mouche pour camoufler ses mauvaises réponses en espérant que le correcteur mette les points en supposant une bonne réponse.

Je me mis à lire les conseils qui étaient en réalité plus une réécriture de l’histoire que de vrais conseils, mais une réécriture plutôt bien tournée, simple mais compréhensible malgré les gribouillis servant d’illustrations.

« Ce ne sont que des petites histoires qui me passent par la tête mais J’ai…J’en ai aussi une autre plus aboutie ! S’exclama-t-elle en sortant un second bloc-notes de son sac. »

L’air un peu plus assurée, elle me le tendit et je me remis à lire. Les dessins étaient toujours somptueux et je ne manquais pas de lui faire remarquer et l’histoire, quant à elle, était légèrement meilleure mais toujours annotée de remarques de la main de sa cousine en bas de page.

Cette fois-ci, les événements semblaient un peu plus fantastiques et avec plus d’actions, comme dans un shônen.

« Je voulais mettre en image les écrits de mon oncle ; déclara-t-elle. Enfin…j’ai aussi essayé de faire une histoire autour…Mais ma cousine m’a dit que je pouvais encore faire mieux…

-Vraiment ? Et de quoi parle-t-elle ? Lui demandai-je, vraiment intéressé.

-Du combat d’une paysanne malade, accompagnée de son dragon contre un souverain maléfique ; me répondit-elle, l’air gênée de son idée…Tu trouves que c’est mauvais ?

-Non, j’aime beaucoup l’idée ; enchainai-je en lui souriant. Je peux t’aider à le mettre en forme si tu veux.

-Tu saurais écrire des histoires pour moi ? S’étonna July, ses yeux émeraudes pétillants d’une fougue nouvelle.

-Je…Je ne suis pas très bon mais à force de raconter les anecdotes d’Angéla à tout le monde…J’imagine que je dois pouvoir me débrouiller. Et puis, ta cousine pourra nous aider. Qu’en dis-tu ? »

July acquiesça avec un sourire rayonnant de bonheur. Je ne connaissais rien de cette fille. Je ne savais même pas pourquoi elle était hospitalisée et pourtant, à cet instant j’avais envie de l’aider à écrire son histoire plus que tout autre chose. Je voulais…voir son manga un jour terminé.






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[Fic]L'achèvement du Destin posté le [11/03/2018] à 01:07

Aymeric : Une sœur


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Ainsi commença mon nouveau quotidien pendant ces vacances d’été. Le matin, je partais tôt pour l’hôpital en emportant avec moi un bloc-notes ainsi qu’un stylo dans mon sac, à côté des affaires dont ma mère avait parfois besoin puis je me rendais dans la chambre de July afin de travailler ses écrits.

Au début, je voulais alterner entre les deux chambres puisqu’elles étaient voisines mais ma mère, remarquant rapidement mon petit manège, finit par m’ordonner d’arrêter de vérifier son état de santé toutes les heures et c’est pourquoi, après une semaine à faire des allers-retours, j’acceptai à contrecœur de ne me focaliser que sur le travail de July.

Les débuts furent plutôt simples. Elle se contentait de me dicter ses idées puis de montrer les dessins qu’elle avait déjà faits et mon rôle était simplement de valider ou d’infirmer. Car, avant de retravailler les dialogues sur leur forme, il fallait s’occuper du fond qui, lui aussi, laissait parfois à désirer…

« Et, que penses-tu de Gontran, le cheval de feu immortel qui a échangé sa place son cavalier pour échapper à ses poursuivants et…

-Trop compliqué ; l’arrêtai-je avant qu’elle ne développe plus. »

La jeune fille qui avait déjà fait des dessins de son personnage baissa la tête, l’air déçue.

« Encore un qui va finir à la poubelle…Soupira-t-elle en déchirant la feuille.

-Mais pourquoi vouloir créer plein de personnages ? M’étonnai-je en voyant le nombre de boulettes de papier au pied de son lit.

-Je ne sais pas vraiment…J’ai simplement envie de donner vie à ce que je fais mais je ne sais pas comment y parvenir…

-Mais à quel résultat veux-tu arriver exactement ?

-Je ne sais pas non plus ; m’avoua-t-elle. J’aime simplement dessiner et je voudrais être capable de faire plus que de simples dessins vides de sens en créant une histoire autour…

-Mais tu dois bien avoir un but pour écrire, non ? Un message particulier à faire passer au travers de tes histoires ? Une ambiance spéciale que tu aimerais reproduire ? Pourquoi aimes-tu tant dessiner ?

-Je…Je veux juste être capable…de laisser quelque chose dernière moi…C’est mon souhait le plus cher ; Lâcha-t-elle d’une voix presque inaudible. »

Un court silence s’abattit entre nous et la jeune fille serra le poing sur sa poitrine tandis que, dans son regard d’émeraude brilla une détermination intense, exactement comme celle d’Angéla lorsqu’elle était décidée à faire quelque chose et je sus à ce moment-là que July ne renoncerait devant rien pour réaliser son rêve. Mais cette détermination était masquée par un voile de tristesse couvrant ses pupilles.

Avec un sourire, je me mis à tapoter sur mon bloc-notes du bout de mon crayon pour la faire sortir de ses pensées.

« Créer une histoire mémorable…hein ? Repris-je alors. C’est un but en soi. On peut donc partir là-dessus si c’est ce dont tu as envie.

-Tu…Tu le penses vraiment ? S’exclama-t-elle, ne s’attendant pas à une telle réponse de ma part.

-Evidemment. Il faut voir les choses en grand pour réaliser de grandes choses comme dirait Angéla !

-Ton amie dit vraiment des choses comme ça ? S’étonna July.

-Oui…Mais à contretemps en général…Comme lorsqu’elle a tenté de monter sur le toit de chez elle… »

Mon anecdote fit glousser mon amie qui retrouva aussitôt sa bonne humeur et son enthousiasme.

Avec ce nouvel objectif en tête, nous passâmes en revue tous livres que nous connaissions, de même que les films à succès afin de déceler tous les clichés et autres techniques sur-utilisées pour ne pas les réutiliser.

Pendant ce temps-là, je me rendis compte que July avait l’air d’apprécier particulièrement les histoires d’aventures, des explorations de terres inconnues, voire de mondes inconnus. A vrai dire, elle ne connaissait presque que des films et des romans traitant du sujet, allant de la simple expédition pour gravir le mont blanc à la colonisation de mars.

Lorsque je lui fis remarquer, elle haussa légèrement les sourcils, comme découvrant cela elle-même.

« Tiens, c’est vrai que toutes ces histoires ont ça en commun ; s’étonna-t-elle.

-Tu aimerais voyager toi aussi ?

-Pas vraiment. Je ne pense pas que je supporterais ces climats exotiques. Mais les imaginer me suffit amplement. C’est à ça que servent les histoires, n’est-ce pas ? Elles permettent de transmettre aux autres ce qu’ils ne peuvent pas vivre.

-C’est une bien jolie façon de le dire ; m’amusai-je en repensant aux dialogues de ses romans.

-Et toi, Aymeric, si tu pouvais voyager n’importe où, où irais-tu ? »

Je croisai les bras sur mon torse pour réfléchir quelques instants et la première image qui me vint en mémoire fut celle de cet hôtel au bord de la plage, en été en compagnie d’Angéla, ambre, June et de ma mère qui habitait encore avec moi et je murmurai :

« Dans le temps…

-Dans…le temps ? Répéta July, légèrement surprise de ma réponse.

-Euh…Oui…Enfin, tu vois…C’est…

-Mais je te comprends ; enchaina-t-elle avec un sourire. C’est certainement le plus beau voyage qui puisse exister. Je t’accompagnerai bien si tu y arrives un jour. »

Un déclic se fit dans ma tête lorsqu’elle dit cela et je me mis à griffonner frénétiquement sur mon bloc-notes des mots et des idées en vrac. La jeune fille ne comprit pas immédiatement ce qui me prenait mais son visage s’éclaira lorsque je lui tendis mes pattes de mouche.

« Une histoire…de voyage dans le temps ? Me dit-elle, sidérée. Mais…Je n’ai pas le niveau pour une telle histoire…

-Quelle importance ! Tu l’acquerras au fur et à mesure ! Mais une histoire de voyage dans le temps, si elle est bien tournée, sera mémorable, tu en penses quoi ? »

La jeune fille réfléchit quelques instants pendant lesquels mon cœur battit la chamade avant de commencer à dessiner quelques croquis sur son propre bloc-notes.

Du papier blanc et vierge surgirent alors deux visages, celui d’une jeune fille et celui d’un garçon devant un portail temporel et se tenant par la main. Le garçon portait un uniforme de collégien tandis que la fille semblait à peine sortie de son lit, encore en pyjama et tous deux se regardaient dans les yeux.

« Time Gate ; déclara-t-elle en me montrant son travail avec une pointe d’hésitation dans la voix. L’histoire d’un frère et d’une sœur découvrant leur ville à différentes époques…Qu’est-ce que tu en penses ?

-Oh, j’aime beaucoup l’idée ! M’exclamai-je, réellement emballé. »

Nous passâmes le reste de l’après-midi à réfléchir à cette histoire, cherchant comment faire pour garder une cohérence tout au long de l’histoire tout en construisant au fur et à mesure nos personnages.

Lorsque le soir tomba, nous avions à peine terminé de réfléchir sur le nom des deux personnages ainsi que sur les lieux et les époques qu’ils allaient traverser mais je m’étais tellement amusé que je n’avais pas vu le temps passer.

July avait parfois des idées aussi farfelues que celle d’Angéla, voire même plus et mes compétences médiocres de scénaristes n’aidaient que peu.

« Je vais demander à ma cousine ce qu’elle en pense ; finit par dire July en voyant que le soleil commençait à décliner. Je pense que d’ici la fin de la semaine, elle pourra nous donner son avis. »

-Dis-lui d’être un peu plus tendre que la dernière fois dans ce cas. J’ai vraiment eu l’impression d’être face à un prof de français mécontent en lisant ses commentaires sur l’histoire du lama…

-Peut-être n’avait-elle pas tort ; rigola la jeune fille. Faire combattre le cheval de feu et le lama invisible pendant moins d’une page était finalement un peu rapide en y réfléchissant.

-Mais on s’en fichait de ce combat ! Protestai-je. Il était là pour le remplissage et parce qu’il fallait tuer ce lama pour faire avancer l’histoire !

-C’est bien ça qu’elle nous reprochait ; déclara July, l’œil brillant.

-Et bien je suis certain que cette fois, elle ne trouvera rien à redire ! Affirmai-je, confiant.

-Nous verrons cela… »

Je laissai mon amie prendre son diner et passai dire au revoir à ma mère comme toujours et, alors que je passai le portail de l’hôpital, une voix féminine bien connue m’interpella.


https://www.youtube.com/watch?v=PPyNlaCVme0


« Eh bien, je vois qu’on s’amuse bien sans moi, j’en serais presque jalouse. »

Je me retournai en sursautant et je vis, adossée à l’un des poteaux de la rue, les bras croisés sur sa poitrine et attendant visiblement là depuis longtemps, Maya qui me dévisageait avec son éternel air moqueur et son œil vif et pétillant de malice.

« Tu pourrais répondre au moins quand je te spamme de messages ; grogna-t-elle.

-Désolé, j’ai été pris par un travail cette après-midi ; m’excusai-je en voyant effectivement une centaine de sms non lus.

-Enfin, tu fais ce que tu veux, ça ne me regarde pas ; continua-t-elle en haussant les épaules. Je suis juste venue t’apporter ce que tu m’as demandé. »

De son sac, Maya sortit plusieurs pages agrafées les unes aux autres, une dizaine en tout et mon visage s’illumina en les voyant.

« Oh, vraiment, tu as trouvé ? Merci beaucoup Ma… »

Je voulus prendre le paquet qu’elle me tendait mais à la dernière seconde, mon amie le retira et le garda hors de ma portée, le regard affichant soudain que je n’allais pas l’avoir si facilement.

« Et, tu croyais que tu allais l’avoir gratuitement après m’avoir obligée à courir dans tout Paris rien que pour te retrouver ? Déclara-t-elle d’une voix malicieuse.

-Très bien, combien tu veux encore ? Soupirai-je en sortant déjà mon portefeuille.

-Le prix d’un verre m’ira très bien ! »


https://www.youtube.com/watch?v=Wp0xitgAc4A


N’ayant pas d’autre choix et commençant à avoir faim moi-même, je n’insistai pas plus et j’allai nous trouver un restaurant bon marché pas trop loin de l’école. Sans surprise, et sans aucune gêne, Maya ne se priva pas et prit les plats les plus chers de la carte avant de me faire glisser les feuilles sur la table.

Lorsque j’attrapai le paquet, la jeune fille croisa les jambes et s’accouda avant de me lancer un regard sceptique.

« Quand même, Aymeric, ce n’est pas tous les jours qu’on me demande de trouver un éditeur de Manga. Tu écris une histoire ou un truc du genre ?

-Oui, on peut dire ça. Enfin, je ne fais qu’aider une amie…

-Toi ? Tu aides en rédaction ? Pouffa-t-elle en s’étouffant à moitié avec sa grenadine. Autant demander directement à Angéla, la catastrophe sera plus propre !

-Eh, je ne suis pas si mauvais que ça ! Protestai-je.

-Mais oui, j’y crois. Rappelle-moi ta moyenne en français cette année ? Rétorqua Maya, l’œil brillant.

-Ce…Ce n’est pas un argument ! Je peux très bien écrire une histoire si je le veux ! C’est juste que les sujets de français sur les abeilles ou les melons ne m’intéressent pas !

-Alors fais-toi éditer rapidement que je lise ton chef d’œuvre ; railla la jeune fille. Je t’ai donné toutes les cartes en main. Le reste ne dépend que de toi. D’autant plus que mes parents sont en manque de livres prometteurs ces derniers temps donc c’est le moment ou jamais.

Nos plats arrivèrent quelques instants plus tard et nous ne reparlâmes plus de ces histoires d’édition de la soirée, nous concentrant sur la rentrée prochaine d’Ambre et Angéla, ainsi que sur la rentrée des classes tout court puis nous nous séparâmes vers dix heures.


https://www.youtube.com/watch?v=rIwl2cDwStw


De retour chez moi, je me mis à bouquiner attentivement les recommandations des parents de Maya pour publier un manga. Je ne l’avais pas encore dit à July mais je voulais lui faire la surprise une fois que notre projet serait suffisamment avancé.

Heureusement que les parents de Maya tenaient une petite maison d’édition car, à en juger par toutes les conditions à remplir en temps normal, je me serais découragé en un rien de temps mais grâce au soutien de la jeune fille, j’avais un avantage considérable par rapport aux autres écrivains.

Les jours qui suivirent, nous avançâmes considérablement dans l’écriture de « time gate ». Nous avions fixé un cadre, donné des noms aux personnages, mentionné leurs objectifs et trouvé approximativement quelles époques ils allaient visiter.

July, de son côté, avait déjà terminé quelques planches représentant les décors ainsi que les personnages secondaires et les lieux importants de l’histoire.

C’est ainsi que, lorsque je revins le dimanche, je trouvai comme à chaque fois July assise sur son lit en train de lire le livre de mythologie de son oncle, un bout de papier posé sur sa table de chevet.


https://www.youtube.com/watch?v=C8CU46C7gnU


« Tiens, Aymeric, tu viens de rater ma cousine à quelques minutes d’intervalle ; déclara-t-elle en fermant son livre.

-Tant pis, je la rencontrerai bien un jour j’imagine. A-t-elle donné ses conseils alors ?

-Tu peux voir par toi-même. »

July me tendit le morceau de papier sur lequel étaient inscrites des tas d’annotations à côté des idées que nous avions travaillées avec la jeune fille…Et j’avais une fois de plus l’impression de lire la correction d’un professeur de français…

« Pourquoi restent-ils en ville ? Pourquoi partent-ils seulement tous les deux ? Pourquoi ce portail se trouve-t-il chez eux ? Leurs actions ont-elles un impact sur le présent ? Quel est leur passé ? Pourquoi choisissent-ils ces époques en particulier ? »

Je m’arrêtai là, soudain pris de vertige devant la montagne de travail considérable qu’il nous restait à faire avant d’avoir terminé. Même si ces remarques ne semblaient pas très sympathiques, la cousine de July avait raison. Il y avait énormément de points sur lesquels nous n’avions pas réfléchis et qui étaient des non-sens s’ils n’étaient pas expliqués…

« Désolée, ma cousine est un peu directe parfois mais elle cherchait vraiment à aider ; s’amusa la jeune fille en voyant mon visage perdu.

-Mais elle a raison, il faut que nous continuions à travailler cette histoire si nous voulons qu’elle soit parfaite ! Après tout, nous voulons créer quelque chose de mémorable, n’est-ce pas ? Alors il faut nous surpasser et prendre en compte tous ses conseils ! »

July acquiesça avec un sourire et nous nous remîmes au travail. Lentement, nous réussîmes à combler la plupart des failles de l’histoire, parfois par des stratagèmes un peu tirés par les cheveux mais amusants et s’accordant bien avec le ton de l’histoire.

C’est ainsi que démarra une longue conversation assez étrange avec la cousine de July. J’écrivais nos idées sur un papier, le week-end, elle venait déposer son avis, puis je corrigeais et elle continuait à donner son avis, et, par l’intermédiaire de lettres, je fis connaissance avec cette mystérieuse personne.

C’était amusant…J’avais parfois l’impression que nos discussions tournaient en véritable chat de groupe, mais sur papier…

« Pourquoi restent-ils en ville ? Me demandait-elle. »

« Parce qu’ils ont peur de s’éloigner de la machine ; je lui répondais. »

« Et ils n’ont qu’un temps limité dans chaque époque ; ajoutait July. »

« Dans ce cas, pourquoi ne prennent-ils pas le portail avec eux ? Reprenait la fameuse cousine. »

« Parce que c’est un portail énorme ! J’écrivais en gros et en majuscules. »

« Je n’ai jamais eu cette information ; rétorquait mon interlocutrice. »

Cela faisait beaucoup rire July, surtout quand elle faisait office de porte-paroles et me rapportait que parfois, sa cousine s’arrachait parfois les cheveux devant mes réponses et faisait les cents pas dans sa chambre en cherchant ce qui n’allait pas dans notre histoire, s’investissant tout autant que moi dans sa création.

De mon côté, je me renseignai toujours un peu plus auprès de Maya pour discuter d’une éventuelle publication chez ses parents et la fin des vacances passa encore plus rapidement que je ne l’aurais imaginé, me retrouvant en troisième avant même de m’en rendre compte.

Mais l’entrée en dernière année de collège ne changea en rien mes habitudes. Le midi, je continuai à déjeuner avec Angéla et les autres riant des mésaventures de la blonde, me faisant sermonner par la première de la classe de n’avoir toujours pas invité Angéla à sortir et supportant les tacles gratuits de Maya sur ma lenteur en écriture tandis que, le week-end je passai à l’hôpital rendre visite à ma mère ainsi qu’à July pour continuer notre histoire.

Etrangement, je considérais également la cousine de July presque comme une amie également. J’avais beau ne connaitre ni son nom, ni son visage, nos échanges à travers les pages du bloc-notes de la jeune fille était amplement suffisant pour moi. J’avais vraiment l’impression de lui parler réellement lorsque mon amie me décrivait ses réactions.

Les jours passèrent tranquillement, poursuivant cette routine agréable et amusante, faite de toujours plus de nouveautés sans pour autant sortir de cette routine qui s’était installée dans ma vie.


https://www.youtube.com/watch?v=VE51Xz9XD1I


Cependant, un jour, alors que l’hiver s’était déjà installé sur Paris et que la neige commençait à recouvrir les rues de la capitale, July me fit une proposition qui bouscula ces habitudes.

Nous étions en fin de journée. Le soleil s’était déjà couché sur la ville et la jeune fille dessinait en silence sur son bloc-notes les dernières scènes que nous avions écrites et qui avaient été corrigées par sa cousine pendant que je tentai d’imaginer la suite de notre histoire.

« Dis, Aymeric, est-ce que je pourrais te poser une question ? Me demanda-t-elle sans lever le nez de son bloc-notes.

-Tu viens de le faire mais dis toujours ?

-Tu aimes le duel de monstres, n’est-ce pas ?

-Oui, enfin, j’aime surtout y jouer avec Angéla. Pourquoi cette question ? Tu voudrais que je t’apprenne ?

-Oh, non, ce n’est pas ça…C’est juste que…j’ai une autorisation de sortie prochainement… »

Je m’arrêtai dans l’écriture de mon scénario en entendant ces mots. Depuis presque un an que je connaissais la jeune fille, c’était la première fois qu’elle évoquait une sortie hors de l’hôpital. Lorsqu’elle vit que je la regardais avec surprise, la fille aux yeux d’émeraude détourna aussitôt le regard vers l’extérieur, se mettant à contempler les fins flocons de neige tombant sur la ville endormie.

« Mais c’est génial July ! M’exclamai-je. Est-ce que cela signifie que tu seras bientôt rétablie ?

-Je…Je ne sais pas vraiment. C’est exceptionnel après tout. Je suis simplement invitée à aller voir ma cousine disputer un grand tournoi dans la région et il se trouve que j’ai une place de trop… »

Elle me sortit de sa poche un petit billet et je penchai la tête sur le côté, légèrement déconcerté.

« Tu voudrais y aller avec moi ? M’étonnai-je. C’est une sortie de famille plutôt s’il s’agit de ta cousine. »

Mon amie ne put s’empêcher de réprimer un petit rire moqueur en m’entendant dire cela et tenta de dissimuler son sourire derrière sa main comme elle le faisait souvent.

« Justement. C’est bien parce que ma cousine a refusé que mon oncle vienne que j’ai une place en plus.

-Vraiment ? Pourquoi ne veut-elle pas que son père y assiste ? Elle a peur de perdre devant lui ou quelque chose comme ça ?

– « Papa est dépassé et il me fait honte à me crier depuis les gradins d’invoquer Guerrier Panthère… » A-t-elle dit ; déclara July en tentant de prendre une voix lasse.

-Et bien…Dans ce cas, oui, je serai ravi de t’accompagner ; lui répondis-je, dissimulant difficilement ma propre joie. Et puis, je pourrai peut-être apprendre deux ou trois trucs pour battre enfin Angéla ! »

Sur ces mots, July me donna le billet. La date indiquée était une semaine plus tard, un samedi à partir de huit heures à Bercy.




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le bon temps…

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[Fic]L'achèvement du Destin posté le [19/03/2018] à 23:20

https://www.youtube.com/watch?v=N4G58rCW8YI


Le temps était magnifique ce samedi-là. La veille, il avait neigé toute la nuit si bien que les rues de Paris étaient recouvertes de cette poudre blanche et immaculée. Les trottoirs ne portaient encore aucune trace de pas, comme si un immense tapis avait été déposé et que personne n’avait osé le salir, et la route témoignait du passage du peu de voitures qui avaient osé s’aventurer là durant la nuit.

Dans le ciel bleu comme l’azur, un soleil de glace réchauffait faiblement la terre de ses rayons et pas un seul nuage ne venait perturber son éclat.

J’attendais devant la grille de l’hôpital l’arrivée de mon amie, me réchauffant comme je pouvais. Sous mon manteau, je cachais les papiers que m’avait fournis Maya pour les lui donner dans la soirée. Je voulais vraiment conclure cette journée en lui faisant cette surprise.

Soudain, j’entendis une porte s’ouvrir derrière moi et le bruit caractéristique de chaussures dans la neige parvint jusqu’à mes oreilles.

Je me retournai et je ne pus m’empêcher de sourire bêtement en voyant July avancer lentement vers moi, non pas vêtue de son simple pyjama d’hôpital mais habillée chaudement d’un long manteau blanc lui donnant une allure fantomatique au milieu de ce désert de neige. Elle avait également mis un pantalon noir et des bottes assorties, et autour de son cou était enroulée une écharpe rayée blanche et bleue volant légèrement derrière elle au gré du vent.

Ses yeux quant à eux, brillaient comme deux joyaux, reflétant la magnificence de la neige tels des miroirs cristallins.

Je restai quelques instants déconnecté de la réalité devant ce tableau si singulier et la jeune fille fut obligée de me ramener à la réalité en me donnant un léger coup de coude.

« Tiens, tu t’es transformé en statue de glace, Aymeric ? Me demanda July une fois arrivée à ma hauteur d’un air inquiet.

-Peut-être parce qu’une certaine personne m’a laissé geler dans le froid ; rétorquai-je sans me laisser déconcerter.

-Tu pourrais avoir un peu de compassion, je suis malade si tu l’avais oublié ; répliqua-t-elle en gonflant les joues.

-Mais j’ai de la compassion, la preuve, avec Angéla je serais déjà parti ; lui lançai-je en prenant un air faussement innocent. »

July rit légèrement en entendant cela et nous commençâmes notre promenade dans les rues de la capitale recouverte de neige. La ville était vraiment calme ce samedi. Les gens n’osaient pas s’aventurer dehors par ce temps et seuls quelques enfants s’amusaient à se lancer des boules de neige ou à construire des bonshommes sous l’œil attentif de leurs parents.

Comme les transports en commun ne fonctionnaient pas, nous fûmes obligés de nous rendre au stade à pieds mais cela ne semblait pas déranger July qui s’émerveillait à chaque coin de rue. Je pouvais la comprendre. Paris sous la neige était vraiment un spectacle à voir au moins une fois dans sa vie.


https://www.youtube.com/watch?v=BXbtlgG91FI


Finalement, après plus d’une heure de marche et une dizaine de chutes évitées, nous arrivâmes enfin devant le stade qui, lui aussi, était recouvert d’une fine couche de poudre blanche scintillante.

Lorsque nous entrâmes à l’intérieur, une vague de chaud m’envahit le corps et je me mis à transpirer sous les couches de vêtements que je portais, ce qui fit rire à nouveau July qui visiblement, ne portait qu’un tee-shirt sous son manteau, ce que je lui fis remarquer une fois que nous fûmes à nos places.

« Tu n’as pas froid ? M’étonnai-je.

-Pas vraiment, non. Il faisait même très bon je trouve malgré toute cette neige.

-Tu es bizarre quand même, il fait presque moins dix dehors…

-Il faut croire que mon corps n’est pas en si mauvais état que ça finalement ; me lança-t-elle avec un sourire rayonnant.

-Tiens, July, tu es venue finalement ? Déclara une grande femme brune s’approchant de nous et possédant exactement la même forme d’yeux que mon amie. Ton oncle n’est pas avec toi ?

-Ah, maman, tu tombes bien ; lui répondit-t-elle enthousiaste. Je te présente Aymeric, il a pris la place d’oncle Joey parce que June ne voulait pas le voir. »

La femme me regarda avec surprise et je m’inclinai poliment, légèrement gêné en rencontrant enfin la famille de mon amie pour la première fois…En ayant évincé son oncle par la même occasion…Cependant, alors que je pensais qu’elle allait se montrer froide avec moi, la mère de July me lança un large sourire.

« Eh bien, ravie de te rencontrer, Aymeric ; enchaina-t-elle d’une voix douce. Je m’appelle Serenity Wheeler, je suis la mère de July.

-C…C’est un plaisir de vous rencontrer aussi, madame ; bégayai-je.

-Alors comme ça, c’est toi la fameuse personne dont elle nous parle si souvent ? J’attendais l’occasion pour pouvoir te remercier en personne. Je n’ai énormément de temps pour venir la voir alors un peu de compagnie est toujours la bienvenue. J’espère simplement qu’elle ne prend pas trop ton temps…

-Maman ! Gémit July. On a l’impression que je suis lourde en t’entendant parler !

-Désolée ma chérie, ce n’est évidemment pas ce que je voulais dire. Et puis, en terme de personne lourde, je suis déjà assez servie avec ton oncle…Soupira la mère de July.

-Je vous assure que cela ne me dérange pas. Quand je passe voir ma mère, j’en profite pour passer du temps avec July aussi.

-Et bien, merci de t’occuper de ma fille comme tu le fais et je souhaite un bon rétablissement à ta mère. Je sais que s’occuper d’un proche comme ça peut être très prenant… »

Peu de temps après, les lumières s’éteignirent et les duels débutèrent. Il y avait énormément de participants et j’avais du mal à suivre la cadence, moi qui n’avait joué que contre Angéla dans ma vie et les duels que je voyais étaient d’un tout autre niveau.

La cousine de July, June Valentine, était d’ailleurs vraiment très douée. De là où nous étions, je n’arrivais pas à voir son visage mais son deck Harpie faisait des ravages parmi ses adversaires. Elle invoquait ses monstres avec une telle facilité que j’en étais presque jaloux…

Cependant, dans ses mouvements, il y avait une certaine grâce et une élégance qu’Angéla ne possédaient pas. C’était comme si elle ne faisait qu’un avec son deck, comme si, avant d’être duelliste, elle était actrice. Ses monstres dansaient littéralement sur le terrain et emportaient leurs ennemis dans des tourbillons de plumes dignes des plus grands films. J’étais vraiment subjugué, à tel point que j’en oubliai totalement de filmer ou de prendre des photos.

Les duels durèrent plus de trois heures, et, lentement, je voyais la cousine de July monter dans le classement jusqu’à atteindre la finale.

« C’est terminé, Dragon fantomatique, familier de Harpie, réduis ses points de vie à néant ! Feather Storm ! »

Lorsque le présentateur annonça la victoire de June, une ovation générale s’éleva dans la salle et je me levai en même temps que July et sa mère pour applaudir la duelliste qui s’inclina devant nous avec modestie avant de serrer la main de son adversaire et de disparaitre dans les coulisses.

Rapidement, le stade se vida de ses spectateurs mais July insista pour aller voir June dans les coulisses avec sa mère. Ne voulant pas m’incruster dans leur famille plus que je ne le faisais déjà, je restai juste à l’extérieur de la loge pour attendre mon amie et c’est là que je vis un homme faire les cents pas devant la porte en ronchonnant.

« C’est toujours comme ça de toute façon, elle trouve que je suis mauvais mais qu’est-ce que j’y peux moi ? Ce n’est pas de la chance, c’est du talent…marmonnai-t-il.

-Excusez-moi, il y a un problème ? Lui demandai-je, intrigué.

-Un problème ? Un peu oui ! Ma fille vient de me mettre à la porte parce que je lui ai reproché de ne pas avoir invoqué guerrier panthère ! S’exclama l’homme, écumant de rage. »

Lorsque j’entendis cela, je me sentis mal immédiatement. Il ne m’était pas difficile de deviner que cet homme n’était autre que le père de June, celui-là même à qui j’avais pris la place dans le stade…


https://www.youtube.com/watch?v=Tr6Cnv0pYDA


Ainsi, je n’insistai pas davantage et je prévins July par sms que j’allais l’attendre dehors dans un café. Celle-ci me rejoignit environs une demi-heure plus tard et s’installa avec moi à la terrasse.

« Ta cousine est quand même une sacrée duelliste ; déclarai-je alors que nous attendions la boisson de mon amie.

-Tu as vu ça ? Même si je ne joue pas, j’aime vraiment la regarder ! Les mouvements de ses monstres sur le terrain m’inspirent vraiment. C’est elle qui m’a donné envie de commencer à dessiner pour pouvoir reproduire ce qu’elle fait ! Et un jour, j’aimerais bien être capable de faire une description aussi belle que le spectacle qu’elle me donne !

-Je trouve que tes descriptions se sont beaucoup améliorées depuis le début ! Je suis certain que dans peu de temps, tu en seras capable !

-J’espère que j’en serais capable rapidement alors… »

July détourna le regard et plongea ses yeux émeraude dans la neige immaculée qui avait recommencé à tomber lentement dehors et je vis la main de la jeune fille se crisper légèrement dans le vide, comme si elle essayait de saisir une chose invisible pour moi…

« June a de la chance…de pouvoir faire autant de choses qui lui plaisent d’un claquement de doigt…Soupira July. Je l’envie vraiment.

-Toi aussi tu peux faire plein de choses facilement ! Rétorquai-je. Tu sais dessiner, tu inventes de supers histoires, tu apprends à écrire très vite. Tu as beaucoup de talents, je peux te l’assurer ! »

July marqua un temps d’arrêt, comme si elle réfléchissait à quelque chose avant de me répondre en me souriant légèrement.

« A quoi bon avoir des talents si je ne peux même pas les exporter plus loin que la porte de ma chambre…Murmura mon amie en prenant son ouvrage incomplet dans ses mains.

-N’as-tu pas dit que tu voulais écrire quelque chose de mémorable qui restera dans les mémoires de gens ? La repris-je en fronçant les sourcils.

-Je veux simplement être capable d’accomplir quelque chose que j’aime…Après tout, la vie est comme un livre. L’important, ce n’est pas qu’il soit long mais qu’il soit bien écrit…Et June sait déjà écrire parfaitement…

-Ecrivons ensemble un livre meilleur que le sien dans ce cas, July ; déclarai-je en sortant les papiers donnés par les parents de Maya. »

Lorsque mon amie les vit, elle écarquilla les yeux et les prit dans ses mains en tremblant.

« Il parait que j’ai raté ton anniversaire…Alors je…voilà…Bon anniversaire très en retard.

-Je…Je ne sais pas quoi dire…Aymeric…Je ne pensais pas…Bégaya la jeune fille, soudain rouge comme une pivoine.

-Alors ne dis rien. Ce n’est pas grand-chose de toute façon. Je n’ai fait que demander à une amie. Mais puisque tu voulais publier tes écrits, j’ai pensé que cela te ferait plaisir. »

Le visage de mon amie se couvrit alors de larmes de joie et elle éclata en sanglot en serrant le bout de papier contre sa poitrine. Sur le moment, je m’affolai, pensant que je l’avais heurtée mais au fond de moi, j’étais vraiment heureux d’avoir contribué à la réalisation du rêve de July.

Pendant le reste de l’après-midi, nous restâmes dans ce café, attendant que la tempête de neige passe et parlant de la suite du roman. Elle avait amené avec elle quelques chapitres écrits la veille et, en les lisant, je me rendis compte que bientôt, elle n’aurait plus besoin de moi pour écrire car elle m’avait déjà dépassé.

Nous ressortîmes du café une fois le soir tombé. Le temps s’était vraiment rafraichi mais July, elle, ne semblait toujours pas affectée par la température malgré son accoutrement léger. Nous marchâmes lentement dans les rues de Paris, profitant des derniers rayons du jour et des premières lumières artificielles éclairant faiblement les pavés recouverts de neige.

Lorsqu’enfin nous arrivâmes devant les grilles de l’hôpital, la nuit était entièrement tombée et la grille déjà fermée depuis longtemps. Il n’y avait pas une seule lumière dans le parc à l’exception de celle émanant de la fontaine près du cours d’eau gelé.

Nous nous arrêtâmes à quelques mètres de l’entrée et July se retourna vers moi en me souriant.

« Merci, Aymeric, pour cette journée. Je n’aurais pas pu rêver mieux pour ma première sortie depuis longtemps ; déclara-t-elle d’une voix douce.

-C’est moi qui te remercie, après tout, c’est grâce à toi si j’ai pu assister à ces duels ; lui répondis-je en détournant le regard.

-Remercie ma cousine dans ce cas, si elle n’avait pas mis son père à l’écart, je n’aurais pas eu ce billet ; s’amusa-t-elle. En tout cas, j’ai vraiment apprécié passer ces moments en dehors de l’hôpital. J’espère que nous pourrons le refaire à l’avenir…

-Tu ne vas pas rester éternellement ici ! Évidemment que nous le referons et la prochaine fois, je te présenterai Angéla, tu verras, vous vous entendrez bien toutes les deux !

-J’ai hâte que ce jour arrive, Aymeric ; pouffa la fille aux yeux d’émeraude. Sur ce, je te souhaite bonne nuit et promis, demain je contacte les parents de ton amie pour me faire éditer.

-N’oublie pas de me dire comment se passera l’entretien, je veux tout savoir !

-Je n’y manquerai pas. »

Sur ces mots, July se retourna et commença à s’avancer vers la grille mais, alors qu’elle allait rentrer, mon amie s’arrêta soudainement et se raidit. Son visage pâlit, ses yeux perdirent leur éclat et elle serra son cœur de sa main avant de perdre l’équilibre.

Mon propre cœur rata un battement lorsque je vis cela et un défilé de souvenirs que j’avais enfouis au plus profond de ma mémoire passa dans mon esprit.

Je ne voulais pas revivre ça…Pas une seconde fois…

Sans même réfléchir, je jetai mon sac et je me précipitai et la rattrapai avant qu’elle ne touche le sol.

« July ! Qu’est-ce qu’il se passe ?! Réponds-moi, July ! Hurlai-je, tentant de lui faire reprendre connaissance »

Je voulus prendre son pouls et je me rendis compte à ce moment-là que sa peau était glacée et qu’elle tremblait de tous ses membres tandis que des gouttes de sueur perlaient de son front pâle et brulant.

« JULY ! »




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le bon temps…

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[Fic]L'achèvement du Destin posté le [22/04/2018] à 19:54

après 1 mois d'arc yuki, me revoila :3


Aymeric : Une histoire inachevée



Spoiler :



https://www.youtube.com/watch?v=4TTzGc6rCa0


Je m’en souvenais. Même plus de trois ans après, ces souvenirs continuaient à hanter mon esprit. Ces spectres du passé, tels des fantômes, me tourmentaient et, alors que je pensais les avoir éloignés, étaient revenus, plus puissants que jamais.

Je n’étais même pas encore entré au collège lorsque c’était arrivé. Nous nous rendions à l’école comme chaque jour en voiture avec ma mère qui, depuis la mort de mon père dans un accident, se tuait à la tâche afin que je puisse vivre, et tout s’était passé si rapidement.

Un camion, un feu rouge en panne et un violent choc…Puis plus rien. Ma mère s’était jetée sur moi pour me protéger et avait essuyé le plus gros de l’accident…

Sur le moment, j’étais pétrifié, incapable de réagir, ne réalisant même pas ce qu’il venait de se passer et c’est pourquoi, la réalité me tomba dessus telle une enclume.

Physiquement, ma mère ne gardait aucune séquelle de cet accident…mais elle avait été gravement atteinte au cerveau. Sa mémoire avait été endommagée et il lui arrivait d’être prise d’accès de folie lorsqu’elle revoyait un élément de son passé oublié, et cela n’allait pas en s’arrangeant. Selon les médecins, ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle ne finisse par en oublier jusqu’à son nom. C’est pourquoi l’hôpital refusait de la laisser sortir.

Et moi, en fils indigne et irresponsable que j’étais, j’avais été incapable de le comprendre avant de le voir de mes propres yeux. Je pensais que les médecins se trompaient, qu’ils exagéraient la situation et avais insisté pour que ma mère retourne à la maison…Puis la réalité m’avait rattrapé le jour où Ambre était venue nous voir et avait évoqué mon père…Et aujourd’hui, je venais de refaire exactement la même erreur avec July…


Une fois de plus, j’attendais dans ce long couloir sombre uniquement éclairé par la veilleuse rouge de la salle d’opération, seul, la tête baissée, le cœur battant la chamade et priant qu’un miracle se produise.

Pourquoi avais-je accepté de l’accompagner à ce tournoi au lieu de l’en dissuader ? Je savais qu’elle était malade et qu’elle n’était pas là par hasard…mais j’avais été incapable de me l’avouer, ne voyant que ce qui se présentait devant mes yeux.

Je frappai le banc de mon poing, frustré d’être aussi aveugle et aussi impuissant dans ces situations. Je voulais être capable de faire quelque chose, n’importe quoi…Mais j’étais là, assis sur un banc, dans le noir, à attendre que d’autres réparent mes erreurs.

Finalement, après une attente qui me parut être une éternité, la lumière de la veilleuse vira au vert et les portes automatiques s’ouvrirent.

Aussitôt, je me levai et me précipitai vers le médecin qui en sortait.

-Docteur, est-ce que tout va bien ? Elle va s’en sortir n’est-ce pas ? Dis-je précipitamment.

-Oui, mademoiselle Wheeler va bien. Nous avons prévenu ses parents, ils sont en route.

Je poussai un soupir de soulagement mais le médecin n’avait pas terminé sa phrase et reprit, son visage s’assombrissant aussitôt.

-Cependant, ce qu’il s’est passé ce soir montre bien que nous allons devoir procéder à l’opération ; continua-t-il d’une voix grave. C’était totalement irresponsable de sortir par ce temps jeune homme, vous auriez dû le savoir.

-Une…Opération ? Répétai-je, craintif.

Je n’eus pas le temps d’en demander davantage car les portes de l’hôpital s’ouvrirent et laissèrent entrer la mère de July que j’avais rencontrée quelques heures auparavant, ainsi que sa cousine, June et son oncle.

Ne pouvant supporter d’affronter leur regard, je me fis le plus discret possible et sortis en douce par une porte arrière puis me mis à courir dans les rues enneigées de Paris, me maudissant moi-même.

July n’avait pas besoin de moi. Elle avait sa famille pour veiller sur elle. Je ne lui apportais que des ennuis. Elle était bien mieux sans moi.

C’est ainsi que je coupai les ponts avec celle que j’avais blessée…et avec l’école.


https://www.youtube.com/watch?v=qSvpN72u9F8


Pendant deux semaines, je ne donnai plus aucune nouvelle, ni à July, ni à Angéla, ni à mes camarades de classe. Seule ma mère pensait que j’étais trop surchargé pour venir la voir, alors que je m’étais enfermé chez moi, refusant de voir quiconque, de peur de blesser à nouveau ceux que j’aimais.

Angéla tenta de nombreux appels et m’envoya plus d’une centaine de messages mais je ne répondis à aucun d’entre eux, pas plus qu’à ceux de Maya ou Ambre. Je ne les lisais même pas. J’étais enfermé dans mon cocon de solitude, survivant à peine, seul, dans mon appartement bien trop grand pour une seule personne, attendant vainement que July me recontacte.


https://www.youtube.com/watch?v=VE51Xz9XD1I


Mais un jour, alors que j’étais obligé de sortir de chez moi pour faire des courses, je vis que quelqu’un m’attendait devant la porte de mon immeuble, les bras croisés sur sa poitrine, grelottant et pestant contre le froid, portant uniquement un manteau beige et une courte écharpe.

Je m’arrêtai un instant, interdit et lorsqu’elle me vit, la jeune fille fronça les sourcils et s’approcha de moi d’un air menaçant.

« Te voilà enfin toi, tu m’as l’air d’aller très bien pour quelqu’un qui sèche depuis deux semaines ; râla Angéla à quelques centimètres de moi.

-Je…euh…Mais…bégayai-je, incapable de prononcer un mot.

-Et puis, tu t’es regardé ? C’est quoi cette tenue ? Tu es pire que moi au réveil, c’est pour dire !

-Et bien…

-Allez, on rentre et je vais te remettre les idées en place moi ! »

Je n’eus pas mon mot à dire et Angéla me traina de force dans les escaliers jusqu’à mon appartement. Là, elle enleva ses bottes comme elle avait l’habitude de le faire par le passé et fonça directement à la cuisine, un sac rempli de course à la main et se mit derrière les fourneaux.

Cependant, je n’avais pas la force ni la motivation de l’en empêcher et la laissait donc faire à sa guise.

-Je t’ai aussi rapporté les devoirs et les cours de la semaine, tu peux les prendre dans mon sac ; déclara la jeune fille tout en faisant cuire des frites.

-Toi ? Tu as pris les cours ? M’étonnai-je d’une voix faible.

-Non, c’est Ambre qui me les a photocopiés donc j’en ai profité pour en faire une autre copie ; me répondit-elle joyeusement.

-Je me disais aussi ; soupirai-je en prenant les notes bien trop bien écrite pour qu’elles fussent prises par Angéla.

Un quart d’heure plus tard, la blonde m’installa de force à table et prit son déjeuner avec moi, me racontant ce que j’avais raté pendant ces deux semaines comme si tout était normal, allant des contrôles infaisables, aux simples anecdotes stupides sur les profs en passant par ses embrouilles avec les surveillants puis elle repartit tôt dans l’après-midi pour revenir le lendemain, puis le surlendemain, et tous les jours de la semaine.

Au début, je ne montrai aucune motivation lorsque je la voyais sonner et la laissai même parfois plusieurs minutes sur le pallier, espérant qu’elle parte, mais plus les jours avançaient, et plus je retrouvais gout à voir mon amie quotidiennement.

Pendant que je me morfondais en repensant à July, j’en avais presque oublié à quel point j’aimais passer du temps avec Angéla, à écouter ses histoires, à rire d’un rien avec elle et à la reprendre lorsqu’elle inventait des expressions étranges.

C’était grâce à elle que j’avais supporté la maladie de ma mère par le passé et c’était une fois de plus grâce à elle que je remontais doucement la pente. Je ne pouvais dire comment exactement, mais sa bonne humeur et son innocence m’affectaient et elle arrivait à me les transmettre simplement en étant auprès de moi.

-Et là, Calvere m’a encore demandé d’acheter les livres avant d’imprimer des résumer sur internet ! Sérieusement, comment il fait pour deviner à chaque fois ? S’exclama la jeune fille en me montrant son zéro pointé.

-Peut-être parce que tu butes à chaque fois que tu dois lire un nom ; soupirai-je.

-Je n’y peux rien, ils n’ont qu’à avoir des noms plus simples ces personnages aussi !

-Je ne vois pas en quoi « Hulot » ou « Phèdre » sont des noms compliqués…


C’est ainsi que, une semaine plus tard, soit un mois après l’incident de July, je remis enfin les pieds à l’école.

Evidemment, Maya et Ambre me tombèrent dessus mais j’étais heureux de voir que, malgré mon absence prolongée, elles n’avaient pas changé d’attitude envers moi.

Je repris ma rapidement ma vie tranquille de lycéen, partageant mes journées avec les trois filles, mais craignant de remettre les pieds à l’hôpital. July devait certainement m’en vouloir de ne pas avoir été conscient de son état et je n’osais pas m’excuser, de peur de remettre de l’huile sur le feu. Et, même si je tentai de prendre de ses nouvelles par l’intermédiaire de ma mère, elle me répondait que sa chambre était de plus en plus souvent fermée sans en savoir davantage et j’en conclus qu’elle ne voulait tout simplement plus entendre parler de moi, ce que je pouvais comprendre…


https://www.youtube.com/watch?v=g5B_WBUsPwk


« Dis, Aymeric, et si on faisait quelque chose pour le début du printemps ? Déclara un jour Angéla à la cantine.

-Pourquoi pas, mais je n’ai pas vraiment d’idée…

-Si vous alliez au parc d’attraction ? Suggéra Ambre en baillant. Il parait qu’au printemps, il n’y a personne à Disneyland.

-Je ne suis pas fan de…

-Va pour Disneyland ! S’exclama la blonde. Ça tombe bien en plus, j’ai deux places que mon père m’a données pour me récompenser de mes bonnes notes ce trimestre !

-Comme si on allait te croire ; railla Maya en lui lançant un sourire moqueur. En tout cas, amusez-vous bien les tourtereaux, moi je déteste ça les manèges, ça me donne envie de vomir.

-Je passe aussi ; ajouta la première de la classe. Il faut que je travaille pour les examens.

-Ça ne fait pas un peu rencard juste à deux ? Fis-je remarquer, méfiant.

-Si, pourquoi ? Ça ne te plait pas ? Fit semblant de s’étonner Maya.

-Non, juste pour confirmer…Terminai-je d’une petite voix en rougissant.

-Donc c’est décidé, dimanche prochain, on va à Disneyland, il parait qu’il fera beau en plus ! S’exclama la jeune fille avec enthousiasme.

Sur cette demande de rendez-vous très peu romantique, nous rangeâmes nos plateaux et nous nous apprêtions à remonter en classe lorsque Maya m’attrapa par la manche et me sépara du reste du groupe.


https://www.youtube.com/watch?v=00Bki1-MnEY


-Attends un peu toi, j’ai un truc à te dire ; déclara-t-elle avec un sérieux inhabituel.

-Tu ne pouvais pas le dire pendant que nous étions à table ? Grognai-je, aimant assez peu être secoué de la sorte.

Mon amie secoua la tête et sortit de son sac une petite enveloppe sur laquelle était marqué mon nom. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine lorsque je reconnus l’écriture de celle qui l’avait donnée à Maya et une goutte de sueur perla de mon front.

-Co…Comment…

-Mes parents sont allés voir ton amies pour ton histoire de bouquin là et elle leur a donné ça ; me répondit-elle en haussant les épaules. »

Tremblant, je sortis le contenu de l’enveloppe et à l’intérieur était simplement plié en quatre un bout de papier sur lequel il était marqué : « Samedi, j’aurai presque terminé. J’aurai besoin d’une relecture. »

Je regardai Maya avec des yeux ronds et celle-ci se contenta de pencher la tête sur le côté.

-Ne me regarde pas comme ça, je n’y suis pour rien moi, je ne fais que transmettre les infos.

Lorsque je remis la lettre dans l’enveloppe en soupirant, la râleuse du groupe fronça les sourcils et reprit la parole.

-Je sais que ce ne sont pas mes affaires, mais il s’est passé quelque chose avec cette fille ? Demanda-t-elle prudemment.

-Non…Rien de particulier…

-Tu mens très mal tu sais.

Je grimaçai.

-Je ne veux pas me mêler de ça mais tu devrais lui accorder ça même si vous êtes fâchés. Il parait qu’elle a une opération bientôt, donc je suis certain que ça lui ferait plaisir. Après, c’est ta vie, pas la mienne, tu fais ce que tu veux, je ne fais que donner des conseils moi.

Maya me laissa en plan au milieu de la cours et partie rejoindre les autres à l’étage, me laissant perdu dans mes pensées.

Ce n’est qu’en fin de semaine que je me décidai finalement à faire le pas et je retournai voir July pour la première fois depuis son accident.

Comment allait-elle réagir après tout ce temps ? Allait-elle m’en vouloir de l’avoir mise dans cet état puis de l’avoir abandonnée ? Ou alors allait-elle faire semblant de ne pas en tenir compte ? Peut-être même qu’elle allait arborer ce sourire figé dont elle seule avait le secret pour que je me sente coupable…

Toutes ces questions me tourmentaient pendant que je remontais ce long couloir que je connaissais si bien désormais. Puis, lorsque j’arrivai devant la porte de la chambre de mon amie, je pris une grande inspiration et entrai après avoir frappé.

July était là, assise dans son lit, regardant le ciel gris de Paris à travers la fenêtre de sa petite chambre bien triste.

Lorsqu’elle m’entendit, la jeune fille tourna la tête vers moi et je baissai les yeux, honteux, incapable de soutenir son regard.


https://www.youtube.com/watch?v=DnZTguZ5H34


-Salut ; me lança-t-elle d’un ton neutre.

Je ne répondis pas immédiatement et July baissa le regard à son tour.

-Ca faisait longtemps, n’est-ce pas ?

-Oui…Déclarai-je d’une voix faible.

-Tu sais…Je viens de réintégrer ma chambre il y a quelques jours…Désolée pour ce que tu as vu l’autre fois et de ne pas avoir donné de nouvelle…J’aurais dû t’en parler plus tôt…Mais c’était assez gênant ; continua-t-elle en se forçant à rire.

-Non…J’aurais dû comprendre que tu n’étais pas en forme pour sortir ainsi…Lui répondis-je dans un murmure.

-Mais tu n’es pas venu pour parler de ça. Regarde, j’ai presque fini mon livre mais j’ai besoin de ton aide sur un point ! Ma cousine a dit qu’elle ne pouvait pas m’aider parce que c’est en dehors de son domaine de compétence !

July me tendit alors plusieurs planches et je ne pus qu’une fois de plus admirer son talent et le tout le travail qu’elle fournissait pour écrire ce livre. Un mois plus tôt, nous en étions à peine au prologue et voilà qu’à présent je me retrouvai transporter une vingtaine de chapitres plus tard.

Je soupirai et, m’amusant de voir qu’elle non plus n’avait pas changé, je voulus m’asseoir à ma chaise habituelle quand July se leva de son lit d’un air déterminé.

-Allons plutôt à l’extérieur, j’ai besoin de prendre l’air ; déclara-t-elle, souriante.

-Mais tu…

-Tout va bien, c’est bientôt le printemps après tout.

Me laissant convaincre, nous sortîmes de sa chambre exiguë et nous nous installâmes dans le jardin, sous cet arbre où nous nous étions rencontrés la première fois.

Le temps était encore frais, le ciel gris, les branches nues, et l’herbe rare mais déjà quelques bourgeons commençaient apparaitre sous la fine couche de neige restante.

Là, seuls dans le parc immense de l’hôpital, je me mis à lire l’histoire de mon amie à voix haute, sous son œil attentif.

C’était l’histoire d’un frère et d’une sœur, trouvant un portail temporel dans leur cave et l’utilisant pour voyager dans le temps et découvrir l’histoire de leur ville. Ils commençaient par la Gaulle, alors que leur maison n’était qu’une vaste forêt et sympathisaient avec deux villageois. Puis ils se dirigeaient vers le moyen âge, lorsqu’il n’y avait qu’une chaumière de paysan et des champs aux alentours, puis la renaissance, l’empire et les temps modernes.

Cependant, la santé de la sœur était fragile et plus elle voyageait dans le temps et plus son espérance de vie diminuait. Mais cela, le frère ne s’en rendit compte que trop tard, aveuglé par le sourire espiègle de sa sœur alors qu’ils traversaient les époques.

Finalement, voyant sa sœur mourante, celle-ci fait une dernière requête et demande à son frère de l’emmener dans une dernière époque qu’elle ne connaissait pas…Et July n’était pas allée plus loin.

Je mis plusieurs minutes à digérer l’histoire, impressionné par l’évolution du style, aussi bien graphique que littéraire de la jeune fille. Il n’y avait plus aucune faille. J’étais passé du rire à l’émotion en l’espace de deux cases, de l’amusement à la peine, de l’amitié à la haine et ce, alors que le livre ne comportait même pas vingt chapitres.

July avait appliqué nos conseils à la lettre et se retrouvait avec ce qui, pour moi, était un chef d’œuvre inachevé.


https://www.youtube.com/watch?v=c1g2cbhuesQ


« C’est là que June m’a dit qu’elle ne pouvait pas m’aider ; déclara mon amie tristement.

-C’est vrai que c’est délicat ; lui répondis-je en croisant les bras. Tu n’as pas la moindre idée toi ?

-Si…En réalité…Je voulais la faire revenir à son point de départ…

-Son…Point de départ ? Répétai-je, étonné.

-Oui. Je voulais qu’elle revoie sa vie juste avant de découvrir la machine pour qu’elle ne regrette pas d’être partie…

-Je trouve cette idée vraiment formidable ; lançai-je joyeusement. A ce rythme, d’ici la semaine prochaine, tu seras publiée !

En entendant cela, le regard de la jeune fille se voila et elle leva pour marcher un peu avant de s’arrêter près du cours d’eau et reprit la parole sans se retourner.

-Tu sais, Aymeric, je vais me faire opérer. Demain.

J’écarquillai les yeux et tentai de dire quelque chose mais aucun son ne sortit de ma bouche.

-J’ai cru comprendre d’après ton amie que tu avais quelque chose d’important toi aussi.

-Je…Je peux tout annuler si…

La jeune fille me coupa la parole en secouant la tête et en se retournant vers moi avec un sourire rayonnant de bonheur.

-J’espère sincèrement que tu vas pouvoir écrire une nouvelle page dans ta vie toi aussi, Aymeric. Pendant ce temps-là, moi aussi, j’écrirai une nouvelle page. Après tout, nous sommes écrivains tous les deux, n’est-ce pas ? Nos vies sont des livres, nous nous devons de bien les écrire.

Le vent se leva soudainement et le ruban qui retenait habituellement ses cheveux s’envola au loin, laissant tomber sa longue mèche sur son œil droit pendant qu’elle continuait à me sourire, imperturbablement.

Au loin, quelques faibles rayons de soleil couchant perçaient à travers l’épaisse couche de nuage et embrasaient le ciel de Paris ainsi que la neige encore immaculée tandis que les sirènes de l’ambulance amenant de nouveaux résidants retentissaient, tout proche de nous.

Le tout donnait à ce tableau une allure surnaturelle et inquiétante, comme si le monde lui-même prenait feu pour que dimanche n’arrive jamais.

Et pourtant, dans ce monde de feu et de glace, se tenait July, comme un rayon de soleil dans l’obscurité, ses yeux émeraudes me dévisageant avec espièglerie et ses cheveux se balançant lentement tels des brins de blés.

« Une fois que je serai sortie, on retournera voir June pour ses qualifications ? Reprit-elle d’une voix claire et joyeuse.

-Ses…Qualifications ? Répétai-je.

-Oui. Dans un mois. June participera au championnat de France. Je veux absolument être présente…Mais je ne sais pas si l’hôpital me laissera sortir…

-J’irai ; affirmai-je avec conviction. J’irai la voir et je te filmerai tout si tu ne peux pas.

July ferma les yeux un instant et plaça lentement ses mains sur son cœur en souriant.

-D’ici là, passe du temps avec ton amie. Je sais qu’elle compte beaucoup pour toi. Et ne t’en fais pas pour moi. Je te donnerai des nouvelles, c’est promis. En échange, tu me promets de lire mon livre lorsqu’il sera terminé, Aymeric ?

-Evidemment que je le lirai ! M’exclamai-je, presque indigné qu’elle puisse penser le contraire.

-Dans ce cas, tout va bien. Si je reste dans la mémoire d’au moins une personne…Je ne pouvais pas espérer mieux.

Nous restâmes dans le jardin de l’hôpital jusqu’à la tombée de la nuit puis vint l’heure de nous séparer. Au moment des aux revoir, la jeune fille déposa un léger baiser sur ma joue

-J’espère vraiment que tout se passera bien avec ton amie, demain. Et évite de lui parler de moi, je ne veux pas qu’elle soit jalouse pour rien ; déclara July en riant.

-J’éviterai, oui. Elle serait capable du pire si elle comprenait mal ; m’amusai-je à mon tour. J’espère vraiment que tout ira bien pour toi aussi. Les opérations de nos jours sont sûres, tu n’as rien à craindre.

-Oh, mais je ne m’inquiète pas, je sais très bien que tout se passera comme prévu. Sur ce, à plus tard, Aymeric.

July tourna les talons et retourna dans sa chambre, me laissant seul au milieu du parc de l’hôpital. Cependant, à présent que je lui avais parlé, je me sentais l’esprit libéré pour ma sortie du lendemain avec Angéla.

Tout allait bien se passer, autant pour moi que July. Il n’y avait aucune raison de s’inquiéter. Ce dimanche allait être un jour parfait ; me disais-je, essayant de me convaincre moi-même…

Lorsque je rentrai chez moi, je jetai mon manteau sur un fauteuil et me préparai pour le lendemain avec minutie. Je voulais être parfait pour ce premier rendez-vous avec Angéla.

Celle-ci m’appela plusieurs fois dans la soirée pour définir nos activités et je finis par me rendre compte que j’angoissai pour rien.

Ce n’était qu’une sortie avec Angéla comme nous avions l’habitude de le faire. Il n’y avait aucune raison d’être plus nerveux que d’habitude.


Ainsi, le lendemain, je me levai de bonne heure, bien décidé à faire confiance à July et laisser mes soucis de côté. Après une bonne douche et un petit déjeuner consistant, j’enfilai mon manteau et c’est alors que je trouvai à l’intérieur de l’une des poches un petit bout de papier.

Intrigué, et ne me souvenant pas de l’avoir mis là, je le sortis et le dépliai.

Et tout mon monde déjà fragile s’écroula.


https://www.youtube.com/watch?v=z9_RD-iRQW0


Sur cette feuille d’un blanc immaculé était écrit un mot. Un seul et unique mot mais qui fut suffisant pour me briser, comme si tout mon esprit avait été aspiré par ces cinq lettres fatales : Adieu.

Oubliant tout le reste, je sortis de chez moi comme une furie et me précipitai vers l’hôpital. Mais le temps d’y arriver, il était déjà trop tard.

La porte de celle qui était autrefois mon amie était fermée. A l’intérieur, je pouvais entendre une femme pleurer et les murmures d’un homme contenant son chagrin.

Je tombai à genoux sur le sol et éclatai en sanglots. La réalité m’avait encore rattrapé et je n’avais rien pu faire. Une fois de plus…Une fois de plus, j’avais été incapable de voir ce qui se trouvait juste devant mes yeux.

July…July avait peur…Elle attendait que je la rassure, que je l’accompagne jusqu’aux derniers moments…Et moi, tout ce que j’avais fait, c’était de ne penser qu’à moi et à mon rendez-vous avec Angéla.

Je me mis à frapper le sol et à crier dans le vide, incapable de me contenir davantage.

Je me détestai. Je voulais disparaitre de ce monde. Angéla, July, ma mère, tous s’inquiétaient pour moi et consacraient tout leur temps pour moi sans se préoccuper d’elles-mêmes. Et tout ça pour quoi ? Pour un aveugle incapable de comprendre les sentiments des autres ?!

Alors que je me maudissais, je sentis un tissu chaud se poser tendrement sur mes épaules. Je tournai la tête et rencontrai le visage souriant et inquiet de ma mère qui s’agenouilla et prit ma main dans un geste de tendresse infini.

-Elle ne voulait pas que tu vois cela ; déclara-t-elle avec douceur. Elle ne voulait pas que tu gâches ta vie pour elle. Elle voulait que tu sois heureux sans elle. C’est ce qu’elle m’a dit hier soir.

-Mais…J’aurais dû…J’aurais dû être présent…J’aurais dû…

Ma mère m’interrompit en me prenant dans ses bras comme elle l’avait toujours fait par le passé lorsque je me sentais mal et je me laissai aller aux sanglots et à la tristesse, n’essayant même plus de contenir les torrents de larmes qui s’échappaient de mes yeux rougis.


https://www.youtube.com/watch?v=uqsNNnVjyyA


Les jours qui suivirent passèrent comme une nébuleuse sombre dans mon esprit. Je ne me souvenais de rien d’autre que de m’être pris la tête avec Angéla et les filles. La blonde n’était pas en colère contre moi. Bien loin de là. Elle voulait simplement comprendre ce qu’il m’était arrivé et s’inquiétait pour moi…Mais j’avais promis à July de ne pas parler d’elle…Alors je ne lui dis rien. Je ne voulais pas non plus qu’elle me prenne en pitié et l’inquiéter davantage. Elle n’aurait sûrement pas supporté de connaitre la vérité, elle qui vivait dans son monde, loin de la réalité.

C’est ainsi que nous coupâmes les ponts, Angéla, Maya, Ambre et moi. Les deux amies de celle avec qui j’avais failli sortir furent évidemment au courant mais je leur avais interdit de lui révéler la vérité. Je préférai largement qu’elle me déteste plutôt qu’elle me prenne en pitié.

Cependant, Angéla ne renonça pas immédiatement et continua à vouloir en savoir plus, si bien que j’en vins à trouver ce qui m’attirait autrefois chez elle, plus agaçant que tout.

Elle était incapable de comprendre, incapable de me laisser souffler, incapable de discerner les émotions…Elle était exactement ce que je détestai chez moi. Et c’est ainsi que je m’étais convaincu moi-même qu’Angéla était la source de mes problèmes, lui faisant porter tous les maux qui pesaient sur moi à ce moment.


https://www.youtube.com/watch?v=rIwl2cDwStw


Les années passèrent mais July continuait à hanter mon esprit. Je tentai plusieurs fois de contacter sa cousine pour m’excuser mais June Valentine n’existait nulle part et je finis par abandonner, me résignant à l’idée que j’étais condamné à voir le spectre de July planer sur moi pour l’éternité. Ce n’était qu’un nom d’emprunt

De son côté, la santé de ma mère se dégradait lentement et sa mémoire lui faisait de plus en plus défaut. Plus les jours avançaient et plus son état se dégradait et arriva un stade où même ma venue à l’hôpital provoquait des crises chez elle. Sa maladie était si avancée qu’elle fut plongée en coma artificiel sur décisions des médecins et de la famille.

C’est ainsi que je perdis ma dernière attache à mon passé. Cependant, même si je détestais Angéla à présent, j’avais décidé d’ouvrir mon propre club de duel, afin de la vaincre sur son propre terrain, avec ces mêmes cartes qu’elle avait toujours dénigrées.

Puis un jour, alors qu’Angéla m’avait encore une fois ridiculisé en public, des terroristes envahirent l’école et nous prirent en otage. Il s’agissait de guignols masqués et portant des capes mais utilisant néanmoins le duel de monstre comme une arme. Nous ne faisions pas le poids et nous fûmes balayés en un rien de temps, contraints de nous replier dans les gymnases.

Cependant, alors qu’Angéla et ses amies venaient encore jouer les sauveuses, je décidai de trouver également un passage pour nous enfuir, refusant de lui laisser toute la gloire et c’est là que je le rencontrai : Shadow.

-Dis-moi, Jeune homme, penses-tu toi aussi que le destin est une chose injuste ? M’avait-il dit alors que j’étais pétrifié devant ce terroriste.

-Le…Destin ?

Il ne m’avait rien dit de plus et m’avait simplement donné une carte : Dystopie, avant de disparaitre dans les ombres. Sur le moment, je n’avais pas compris ce que cela signifiait mais plus tard, il était réapparu à moi et m’avait proposé un marché alors qu’Angéla m’avait écrasé quelques jours plus tôt : il me suffisait de me joindre à lui et ensemble, en utilisant le pouvoir d’un certain Gariatron, nous allions pouvoir aider ma mère.


https://www.youtube.com/watch?v=h197QB5r_Cc


-Sans savoir dans quoi je m’engageai, j’ai accepté et c’est comme ça que nous nous sommes finalement rencontrés, June.

Ma nouvelle partenaire de route, qui m’écoutait en silence depuis le début de mon récit, se leva alors et commença à fixer le ciel, les bras croisés dans son dos, puis prit enfin la parole d’une voix où se mêlaient nostalgie et tristesse.

-Je vois. Le destin nous réserve bien des surprises…Murmura-t-elle. Je me suis toujours demandé qui était ce mystérieux garçon dont elle me parlait en permanence. Je suis contente de voir qu’il s’agissait de toi.

Je baissai les yeux et serrai le poing, frustré d’entendre cela maintenant mais la jeune fille posa sur moi ses yeux remplis de tendresse et de compassion.

-Tu sais, Aymeric, cela faisait longtemps que je voulais remercier l’ami de July qui acceptait de passer tant de temps avec elle. J’aurais voulu être aussi présente que tu ne l’étais à cette époque.

-Mais elle ne parlait que de toi et…

June m’interrompit en secouant la tête et l’espace d’un instant, j’eus l’illusion de voir en elle mon amie disparue à jamais.

-Il y a une raison pour laquelle je ne parle jamais de mes anciens amis avec Angéla et les autres. Et cette raison est simple : je n’en avais pas. Je passai tout mon temps à m’entrainer pour devenir la meilleure, pour surpasser tout le monde et les gens ont commencé à me fuir pour ça. Parce que je les blessais sans m’en rendre compte en essayant de faire mieux qu’eux. Mais avec July, c’était différent. J’imagine que tu as pu le remarquer toi aussi.

-Différent ? Evidemment que July était unique, elle…

-Elle n’essayait jamais de faire mieux que les autres et s’acceptait comme elle était. Après tout, elle a été toujours été obligée de reconnaitre ses faiblesses depuis sa naissance. Et pourtant, lorsqu’elle t’a rencontré, j’ai senti qu’elle avait changé, qu’elle voulait se surpasser, faire mieux que moi et même me surpasser. Mais sur le moment, je n’ai pas réussi à le comprendre et j’ai continué à vivre ma vie, ne la voyant pas comme une rivale mais comme ma cousine toujours alitée et pour qui je m’inquiétais.

June prit une grande inspiration et se tourna vers moi en me souriant, du même sourire rayonnant que July, comme si à travers sa cousine, mon amie vivait encore parmi nous.

-Merci, Aymeric, d’avoir pu jouer le rôle que j’ai été incapable de jouer et donner un sens à la vie de July ! S’exclama la blonde en arborant un visage rayonnant de bonheur au milieu des ruines du monde des esprits.

-Je…Je n’ai rien fait…vraiment…C’est plutôt moi qui devrais te remercier de nous avoir aidé pour le livre…Bégayai-je en rougissant, gêné.

-Vous étiez de sacrés boulets quand même ; s’amusa June. Michael le lama invisible et Gontran le cheval de feu…Quand j’y repense, j’ai tellement ri quand j’ai lu ça !

-Eh, ce n’est pas sympa de se moquer d’elle ! Elle débutait ! Rétorquai-je, défendant les écrits que j’avais moi-même critiqué en les lisant.

-Il faut avouer que c’était tout de même assez ridicule…Mais la progression n’en est que plus belle, j’ai hâte que Time Gate soit publié, je n’ai toujours pas lu la fin !

Je m’étranglai en entendant cela.

-Co…Comment ça publié ? Bafouillai-je, interdit.

-Ah, Maya ne te l’a jamais dit ? Ma tante Serenity a fait une demande pour la publication du livre il y a un an. Je pense que d’ici quelques mois, il sera en librairie.

Mon cœur s’accéléra tandis qu’un sourire stupide commença à se dessiner sur ma figure. Je n’en croyais pas mes oreilles. Finalement, après toutes ces années, le rêve de July allait devenir réalité…J’étais persuadé que son livre allait être un succès et qu’elle allait rester dans les mémoires comme elle le désirait tant…

-Autre chose sinon ; reprit June en se raclant la gorge. July m’a demandé de transmettre ça à son ami quelques heures avant son opération. Du coup, j’imagine que cela te revient.

Ma partenaire de combat fouilla dans son sac et en sortit une petite enveloppe jaunie par le temps sur laquelle était marquée mon nom d’une écriture que je reconnus immédiatement : ronde, fine, élégante et écrite d’un stylo noir de Mangaka.

Tremblant, j’ouvris le cachet qui scellait l’enveloppe et en sortis une longue lettre. Dès les premiers mots, je sentis les larmes me monter aux yeux en imaginant mon amie les rédigeant, deux années auparavant.

« Cher Aymeric Muller. »





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[Fic]L'achèvement du Destin posté le [23/04/2018] à 12:38

Epilogue, Lettre à Aymeric



Spoiler :



https://www.youtube.com/watch?v=_WvgfULw4A8


Cher Aymeric Muller,


Je sais que c’est étrange de t’écrire une lettre alors que pourrais te l’envoyer par message mais je voulais la rédiger à la main.

Si tu la reçois, c’est que June te l’a transmise et que l’opération s’est déroulée comme je l’imaginais. Dans le cas contraire, s’il te plait, brûle la et fais semblant de ne jamais l’avoir lue.

Il y a de nombreuses choses qui sont bien plus faciles à dire par écrit que de vive voix, des choses que je n’ai jamais osé te raconter, des choses que je gardais pour moi, des choses dont je ne voulais pas que tu sois au courant.

La première fois que je t’ai vu, c’était lorsque ta mère est arrivée à l’hôpital et a emménagé dans la chambre en face de la mienne. Je venais de rentrer moi aussi.

D’abord, j’avais pensé à une nuisance en vous voyant tous les deux. A vrai dire, je n’ai jamais vraiment aimé les contacts humains en dehors de ceux que j’entretenais avec ma famille. On me prenait toujours en pitié à l’école, ou bien on se moquait de moi, si bien que j’en étais venue à demander moi-même de rester à l’hôpital afin d’être tranquille et d’échapper à ce monde qui n’était pas fait pour moi.

Cependant, plus je te voyais aller et venir chaque semaine et plus j’ai été intriguée par toi. Tu ne semblais pas être comme les autres visiteurs que je croisais et qui venaient à l’hôpital par obligation et non par inquiétude.

A chaque fois que tu étais présent, je t’entendais depuis mon lit, et tu riais et racontais tes journées à ta mère, faisant totalement abstraction de l’endroit où elle se trouvait, comme si tu étais chez toi ici aussi.

Est-ce que c’est réellement ce que tu pensais ? J’en doute fort, mais c’était l’impression que tu donnais et je me suis enfermée dans cette idée.

C’est t’entendre parler et rire avec ta mère qui m’a poussée à sortir à nouveau de ma chambre et à renouer des liens avec ma cousine. C’est ainsi que, voulant lui faire plaisir, je me forçai à lire le livre de mon oncle.

Il était affreusement mauvais. Rempli de contradictions et de théories farfelues en plus d’être mal écrit. Et pourtant, je prenais du plaisir en le lisant en pensant simplement que, comme ta mère, June serait heureuse si je lui donnais un retour, positif ou négatif.

Tu sais, depuis toujours, j’ai subi de multiples opérations, même étant enfant. Mon corps était faible, j’avais des difficultés à respirer, mes sens étaient sous-développés et même mes émotions l’étaient d’après certains médecins.

Cependant, je possédais un don. Un unique don que je m’efforçais de perfectionner depuis toujours. Je savais dessiner.

Mais ce n’est que lorsque j’ai entendu mes parents pleurer après des examens que j’ai compris que mon temps était compté. Il fallait que je laisse quelque chose derrière moi, n’importe quoi. Alors je me suis acharnée. J’ai dessiné, encore et encore. De toute façon, je ne pouvais rien faire d’autre.

Puis, une fois que j’ai estimé avoir atteint mes limites de temps, j’ai commencé à écrire des scénarios. Malheureusement, j’étais loin d’être douée dans ce domaine et June s’est moquée plusieurs fois de Gérard le corbeau électrique ou encore de Michael, le lama invisible…Mais, même si elle faisait de son mieux pour m’aider, j’avais l’impression d’être incapable de faire des progrès.

Et c’est là que je t’ai entendu. Lorsque je t’écoutais raconter tes journées, j’avais l’impression de les vivre avec toi.

Cependant, j’avais peur. Moi qui étais condamnée à disparaitre, je ne voulais pas m’immiscer dans ta vie alors qu’elle semblait déjà bien remplie. Et puis, tu aimais cette Angéla, cela s’entendait. Tu tremblais à chaque fois que tu prononçais son nom.

Mais c’est aussi pourquoi, je me contentai de te regarder de loin. Comme le dit Victor Hugo, on passe la moitié de sa vie à attendre ceux qu’on aimera après tout.

Néanmoins, nos chemins ont fini par se croiser. Tu n’étais pas celui que je m’imaginais. Tu étais bien plus calme avec moi qu’en racontant tes journées. Tu semblais également plus timide et moins bavard. Et pourtant, tu étais aussi bon écrivain et aussi gentil que je le pensais. Grace à toi, j’ai pu finalement entrevoir la réalisation de mon rêve.


https://www.youtube.com/watch?v=RX9xzezlSec


Ecrire ces chapitres avec toi était amusant. Je suis heureuse d’avoir réussi à réaliser ce rêve que de me rapprocher d’une écrivaine. Le vent chaud sous le chêne en été était agréable. Le froid de la neige en hiver me rappelait que je vivais. Les couleurs des feuilles à l’automne m’inspiraient. Les senteurs du printemps me redonnaient espoir en un renouveau.

La vie est un livre. Ce qui compte, ce n’est pas qu’elle soit longue mais qu’elle soit bien écrite. Peu importe à quel moment il se termine tant que la fin est belle.

Je ne sais pas ce qu’il en est réellement pour toi, mais pour moi, tous ces moments passés ensemble ont fait couler plus d’encre sur les pages blanches de ma vie que ces quatorze dernières années. Ma vie doit te paraitre bien vide en lisant cela, n’est-ce pas ?

Qu’est-ce que tu en penses ?

Est-ce que j’en ai fait assez pour que le nom de cette fille clouée au lit depuis sa naissance reste dans la mémoire de quelqu’un ?

Est-ce que toi, tu te souviendras de moi ?

Mon histoire est-elle inscrite dans l’histoire de ta vie ?

Ne regarde pas en arrière. Ce qui est passé est terminé. Il est inutile de vouloir tout effacer. Nous l’avons écrit et même si ce n’était pas ce qu’on voulait dire ou faire, il est toujours possible de se rattraper. Time Gate en est la preuve écrite, non ?

Je suis vraiment heureuse de t’avoir rencontré, Aymeric Muller.

Désolée d’avoir gâché ton rendez-vous avec Angéla.

Désolée de n’avoir jamais pu te montrer le dernier chapitre de notre roman.

Désolée de ne rien t’avoir dit.

Désolée de n’être qu’une simple page dans les milliers qui composent ton histoire.

Pour ce que tu vas endurer par ma faute…Désolée.

Merci, et, Adieu.


July Wheeler.


« Sérieusement…Qui aurait cru que tu serais capable d’écrire cela…toi qui ne jurais que par Michael le lama invisible il y a deux ans…Murmurai-je en souriant tout en pleurant en même temps. Et cite les auteurs jusqu’au bout au moins…Parce que même si on attend la moitié de sa vie ceux qu’on aimera…on passe également l’autre moitié à quitter ceux qu’on aime…idiote… »


Ps : June m’a dit qu’elle t’appréciait beaucoup malgré vos échanges étranges et qu’elle avait vraiment envie de te rencontrer.


Alors que je lisais cela à haute voix, la jeune fille s’empourpra. Elle tenta de m’arracher la lettre des mains mais je l’évitai facilement et elle serra les dents, rouge de honte.

-Ne…ne l’écoute pas ! C’est elle qui s’imaginait des choses ! Bredouilla-t-elle, cachant sa gêne. Je n’ai jamais dit une telle chose !

-Mais pourquoi tu t’énerves ? Je ne fais que lire sa phrase ; lui répondis-je en feignant l’innocence.

Ma partenaire de combat commença à me courir après pour tenter de m’arracher cette lettre mais il n’y avait rien à faire. A présent que je l’avais, je la conservais.

Au loin, seules les ruines du monde des esprits nous faisaient face et pourtant, au milieu de tout ce chaos, je pus distinguer une plume blanche et immaculée à côté d’une branche de laurier, posées simplement à même le sol entre deux éclats de pierre et je souris.

« Evidemment que tu resteras gravé dans la mémoire de tous ceux qui t’ont connue, July. »

Un nouvel arc allait s’écrire dans l’histoire de ma vie. Mais dans cet arc, tu ne seras plus la.






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[Fic]L'achèvement du Destin posté le [08/05/2018] à 13:05

Chapitre 27 : L’effondrement



Spoiler :



https://www.youtube.com/watch?v=8zj0eWxRYU4

Nauséabond. Voilà le premier mot qui me venait à l’esprit alors que nous traversions les couloirs de la citadelle de Daku. Alors que le sanctuaire de Raito ressemblait à un ancien temple grec dans toute sa splendeur, lumineux, accueillant, rempli de vie, ce château-là me faisait penser à une vieille ruine du moyen-âge.

Les murs étaient noirs de saleté et recouvert d’une couche de poussière si épaisse que nos chaussures s’enfonçaient dans le sol comme dans de la neige. Partout, des fissures et trous saillaient de la structure de la forteresse et étaient souvent les seules sources de lumière à l’intérieur de ce sombre bâtiment.

Au plafond, il y avait bien quelques lustres crasseux mais aucun ne fonctionnaient et à en juger par les toiles d’araignées, cela ne datait pas de la veille.

Cependant, tous ces détails me seraient passés inaperçus si une horrible odeur de soufre n’agressait pas constamment mes narines à tel point que j’étais obligée d’utiliser la cape de mon uniforme comme masque.

Hiroki couvrait mes arrières, restant à l’affut du moindre signe suspect tandis que Nagisa me guidait à distance en me soufflant les instructions dans mon oreillette.

-Maintenant, prends à droite et dans vingt mètres, tu te retrouveras devant une porte en bois. Ne l’ouvre pas immédiatement car elle est gardée et mène directement à la salle du trône.

-Pourtant c’est là que nous devons nous rendre Nagisa ; murmurai-je, sceptique.

-Oui, mais d’après les caméras, il reste beaucoup trop de gardes pour que vous les affrontiez. Essayez de contourner par le nord et vous devriez pouvoir entrer par une porte dérobée.

-Compris.

Suivant les instructions de notre présidente de club, je fis signe à Hiroki de me suivre mais celui-ci se figea sur place en fronçant les sourcils.

-Attends, Miyako. Ne bouge pas. Je crois que quelqu’un joue avec nous.

-Qu’est-ce qui te fait dire ça ? M’étonnai-je.

-Tu ne trouves pas ça étrange que nous n’ayons croisé personne depuis notre arrivée ? Je veux dire, Darksky et Saya sèment le désordre à l’extérieur, certes…Mais je ne sais pas. Si tu étais présidente, est-ce que tu enverrais tous les gardes de l’Elysée réprimer deux pauvre fauteurs de troubles ?

Je croisai les bras sur ma poitrine, comprenant les doutes de mon ami.

-Evidemment que non ; marmonnai-je. Tu as raison, quelque chose cloche ici…

-Pourtant je ne détecte réellement aucune présence en dehors de la salle du trône ; s’inquiéta Nagisa.

-Est-ce que tu peux nous dire combien ils sont exactement ?

-Quatre. L’un d’entre eux ne bouge pas et les trois autres…ont des mouvements bizarres…

-Bizarre ? C’est-à-dire ? Se méfia Hiroki.

-Je ne sais pas. Mais je ne pense pas que nous pouvons nous fier à de simples mouvements.

-De toute façon, nous verrons bien cela une fois sur place. Louche ou non, nous ne pouvons pas faire grand-chose tant que nous n’en savons pas plus. Continuons à suivre le plan pour le moment ; déclarai-je en reprenant mon chemin.

Hiroki prit ma suite à contrecœur et nous nous enfonçâmes un peu plus dans ce lugubre château. Cependant, lorsque nous arrivâmes devant la supposée porte décrite par Nagisa, celle-ci n’était plus qu’un amas de brindilles carbonisées éparpillées un peu partout sur le sol.

Par réflexe, je me collai contre le mur tandis que, depuis la salle du trône, des bruits d’épées s’entrechoquant me parvenaient jusqu’aux oreilles.

-Tu avais raison on dirait, nous ne sommes pas les premiers ; chuchotai-je le plus doucement possible.

-Tu penses qu’il s’agit de Serena ? Me questionna mon partenaire en s’efforçant de garder son calme.

-Impossible. N’oublie pas que, quand nous sommes rentrés, nous avons vu l’armée sortir pour arrêter les deux idiots, ce qu’ils n’auraient pas fait si Serena se trouvait déjà à l’intérieur. De plus, on parle de celle qui détient le pouvoir d’Armageddon. Si c’était vraiment elle, les combats seraient terminés depuis longtemps.

Hiroki serra les dents, frustré de ne pas pouvoir percer l’identité de ce mystérieux ennemi. Mais une chose était sûre : quelqu’un avait été plus rapide que nous.

Soudain, mon oreillette se mit à grésiller et la voix de Sunohara me parvint.

-Miyako, j’ai trouvé la source du pouvoir du Pandémonium. Elle vient d’apparaitre sur mon écran à côté de la salle du trône, comme si quelqu’un l’avait découverte et…

-J’ai compris ; le coupai-je. Je vous rappelle plus tard.

-Attends, j’ai aussi…

Je ne le laissai pas terminer sa phrase et coupai la conversation ici. Peu importe qui se cachait derrière ces murs, j’avais été prise de vitesse par un paramètre inconnu dans mon équation, la rendant entièrement fausse.

Me préparant au combat, j’activai mes pouvoirs et matérialisai mon épée ainsi que les protections de mon armure avant de me tourner vers Hiroki. Je n’avais pas eu besoin de prononcer un mot qu’il avait déjà compris la situation et était lui aussi sur ses gardes.

-Plus le temps de jouer les stratèges, il va falloir improviser.

-Moi ? Stratège ? Tu m’as confondu avec un autre je crois ; ricana le grand frère de Dan.

-C’est vrai que tu ne brilles pas par ton intelligence, désolée d’avoir pensé cela.

Sans prolonger davantage cette conversation, nous fîmes irruption à l’intérieur de la salle du trône mais rien ne m’avait préparée à ce que je vis.


https://www.youtube.com/watch?v=lzqoDTDKFzA&t=


La pièce était dévastée. Au sol, les corps de nombreux soldats, des crânes invoqués, gisaient, démembrés. Au mur, il y avait également de nombreuses traces de sangs et marques laissée par des griffes ou des lames.

Cependant, mon attention fut focalisée par ce qu’il se passait au niveau du trône. Là, un robot gigantesque tenait à bout de bras le corps mutilé d’un grand dragon noir que je reconnus comme étant Daku, le roi du pandémonium. Juste devant lui brillait une minuscule sphère sombre lévitant à quelques centimètres du sol, entourée d’une aura qui me mettait grandement mal à l’aise et me repoussait, comme si elle imbibée d’une énergie quasiment infinie…et incontrôlable…

-Hiroki, on doit…

-Eh, gros tas de ferraille, c’est par ici que ça se passe ! Hurla soudain mon partenaire en projetant un caillou sur la carcasse de métal.

Je lâchai un immense soupir lorsque, lâchant le monstre de duel vaincu, le mécha se retourna et braqua l’un de ses canons luisants dans notre direction. Vu de face, j’avais vraiment l’impression d’avoir à faire à un de ces robots d’Anime, avec les mêmes décorations et peintures ridicules, accompagnées d’une allure stupidement humanoïde.

Je me mis cependant sur mes gardes, ne sachant pas à qui j’avais à faire et encore moins quelle était la puissance de cette chose. Mais dans tous les cas, ce robot n’était pas un esprit de duel.

-Allons bon, qu’avons-nous là ? Résonna une voix déformée par un haut-parleur provenant de la machine. Encore deux esprits de duel insupportables ?

-Mon nom est Hiroki, Yami Hiroki ! Hurla mon ami en se désignant. Je ne sais pas ce que tu es mais je vais t’exploser, tas de ferraille !


https://www.youtube.com/watch?v=pjLekG0YJZM


Sans autre sommation, Hiroki se jeta sur la machine de guerre. L’homme à l’intérieur de la machine tenta de se saisir de lui mais, utilisant ses fils comme l’aurait fait Spiderman, le grand frère de Dan s’accrocha à son bras et réussi à se loger dessus avant transpercer le métal à l’aide de l’un des couteaux qu’il cachait dans sa poche.

Je laissai mon ami se débrouiller seul puisqu’il avait l’air de s’amuser et me précipitai pour aider le roi du sanctuaire. Le dragon était bien amoché. Ses ailes étaient déchiquetées, ses cornes brisées, et tout son corps saignait abondamment.

-Les humains…Articula-t-il avec difficulté. Je savais…que je n’aurais pas dû faire confiance à Raito…

-Ne vous forcez pas. Nous allons vous ramener à la forteresse sain et sauf, seigneur Daku ; l’interrompis-je.

-Me…ramener ? Occupez-vous plutôt…Du pouvoir du pandémonium…

-Mais…

Le dragon noir ferma les yeux et je vis ses muscles se raidir. Je serrai les dents. Cela ne me plaisait pas de le laisser dans cet état mais je m’étais fait un serment. Celui de rétablir les paix dans le monde des esprits. Je ne pouvais pas me permettre de risquer cette paix pour sauver le roi du pandémonium.

J’étais celle qui dirigeait les opérations et par conséquent, celle qui devait accepter de faire des sacrifices.

A contrecœur, j’acquiesçais et me précipitai vers la source du pouvoir du pandémonium. Mais, alors que je n’étais plus qu’à quelques mètres de la sphère sombre, j’entendis un cri de douleur derrière moi et, en tournant la tête, je vis Hiroki, encastré dans le mur, le visage déformé par la douleur et le canon du robot braqué à quelques centimètres de lui.

Sans hésiter, je projetai de toutes mes forces mon épée qui transperça la carcasse métallique de part en part.

Le mécha oublia l’espace de quelques instants l’existence d’Hiroki et se tourna vers moi. Une goutte de sueur perla de mon front.

J’étais désarmée. Cette chose faisait au moins quinze mètre de haut et une dizaine de canons plus gros imposants les uns que les autres me visaient.

-Vous commencez à m’agacer les gamins ; gronda l’homme à l’intérieur de la machine.

-Pourrait-on savoir à qui nous avons à faire au moins ? Rétorquai-je, gardant mon sang froid et tentant de gagner du temps.

-Mon nom est Fuji Makoto mais cela vous sera inutile dans l’au-delà. Adieu…

Le plus gros des canons tira un coup de feu et je me protégeai de mon bouclier, sachant pertinemment que cela ne serait pas assez. Cependant, alors que le rayon de lumière s’approchait de moi tel une météorite, un torrent de feu s’interposa entre nous et l’arrêta net. Pire, je vis le laser faire demi-tour et être renvoyé à l’intérieur du canon qui explosa aussitôt.

J’écarquillai les yeux lorsque, sortant du tourbillon de flammes, apparut Nagisa, le bras levé devant elle, les cheveux encore rougeoyants.

-Je t’avais dit d’attendre, Miyako, me lança la jeune fille d’une voix enjouée.

-Désolée, on était pressés ; rétorquai-je, m’amusant de ce sauvetage impromptu.

Nous fûmes interrompues par le rugissement du tas de ferraille qui émergea du rideau de poussière, amoché mais toujours fonctionnel et plus enragé que jamais.

-Je vous ai sous-estimé, mais sachez que…

Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase car, surgissant à son tour des décombre, Hiroki projeta des fils afin de tirer la carcasse de métal vers l’arrière.

-Ne m’oublie pas, vieux débris, je suis toujours debout moi aussi !

La machine se libéra sans difficulté de son maigre ficelage mais mon ami profita de cette seconde de répit pour venir nous rejoindre. Il était vraiment dans un sale état mais le connaissant, il était largement en état de se battre. Ce dernier me rendit également mon épée au passage.

-Plus coriace que je ne l’aurais cru celui-là ; grommela-t-il en essayant un filet de sang perlant de son front.

-Débarrassons-nous en vite, Serena ne devrait pas tarder à arriver ; grimaçai-je.

-C’est ce que je voulais vous dire, elle a déjà pénétré l’enceinte du pandémonium…Déclara Nagisa d’une petite voix.

-Dans ce cas, raison de plus pour abattre ce truc en vitesse. Hiroki, immobilise-le, même une seconde. Pendant ce temps, je m’occupe de ses canons et Nagisa, tu nous couvres.

-Compris ; affirmèrent mes deux compagnons d’une seule voix.

Appliquant notre plan à la lettre, Hiroki laissa à peine le temps au robot de se lever qu’il noua ses deux bras ensemble avec un millier de fils. L’homme dans le robot grogna mais fut incapable de défaire ses liens. Quant à moi, je me précipitai vers lui, l’épée brandie devant moi dans une main et mon bouclier dans l’autre.

La machine de guerre tenta bien de me tirer dessus mais Nagisa, dévia tous les rayons en tirant à distance des rafales de feu.

Une fois à portée de ma lame, je lâchai mon bouclier et pris mon arme à deux mains, prête à trancher cette carcasse de métal en deux.

Toutefois, cela n’arriva jamais car, alors que j’étais en plein saut, incapable d’esquiver, je vis un rayon de lumière noire fuser dans ma direction. J’eus tout juste le temps de parer avec mon épée mais je ne pus éviter l’attaque qui m’envoya valser à plusieurs mètres.

Je me réceptionnai sur mes jambes de justesse et mon cœur s’accéléra en comprenant que nous avions étés trop lents.


https://www.youtube.com/watch?v=_u362U8rCV0


Tous les regards, y compris celui du robot, se tournèrent dans la direction d’où venait le rayon. La, marchant lentement à travers la poussière et les débris, s’approchaient deux personnes vêtues de longues capes recouvrant intégralement leur corps. Leurs regards luisaient dans l’obscurité et deux auras sombres les entouraient, comme des flammes noires.

-Qui va…

Un rayon de lumière noire, le même qui avait failli me toucher, transperça la carlingue de l’appareil de part en part et coupa la parole à Fuji Makoto. De l’électricité se mit à parcourir la machine qui tomba lentement à la renverse, se désactivant peu à peu, avant de s’effondrer sur le sol dans un fracas infernal.

Les deux individus s’arrêtèrent à quelques pas d’Hiroki et Nagisa qui reculèrent, prudemment puis leurs visages passèrent enfin sous la lumière, révélant les traits de notre ancienne alliée, Serena, ainsi que ceux d’un garçon ressemblant comme deux gouttes d’eau à Laura…

Je resserrai ma prise sur ma lame lorsque je croisai le regard glacial de la jeune fille. Je déglutis. Elle n’avait plus rien à voir avec la lycéenne frêle et un peu rebelle qui accompagnait sans cesse Hélios auparavant. Ses yeux étaient vides d’émotion autre que la colère et la haine tandis que son visage entier semblait avoir vieilli de cinq ans d’un coup tout en étant bien plus pâle qu’à la normale.

Sous sa cape, je pouvais entrevoir les lueurs d’une armure semblable à celle d’Asuna tandis que dans sa main, elle tenait une longue lance à deux tranchants.

Le clone masculin de Laura était du même acabit à l’exception de ses yeux, totalement dénués de vie, à tel point que j’en frissonnai.

-Vous trois…Je ne sais pas ce que vous faites ici, mais déguerpissez sur le champ ; nous somma le garçon d’une voix grave.

-Désolé mon beau, mais on ne me donne pas d’ordre à moi ; rétorqua fièrement Hiroki malgré ses blessures.

Cette réponse sembla agacer fortement le garçon qui tira aussitôt un nouveau rayon de lumière noire. Nagisa, réagissant au quart de tour, s’interposa et encaissa l’attaque qui la transperça elle aussi de part en part, au niveau du cœur, sous nos regards consternés et choqués.

Notre amie cracha une gerbe de sang avant de s’écrouler dans les bras d’Hiroki.

-Na…Gisa…Bégayai-je, interdite, retenant un cri de terreur et de haine.

-A ton tour.

Une fois de plus, notre ennemi releva la main et de la lumière sombre s’échappa de ses doigts. Sans réfléchir, je lançai mon bouclier entre mon ami et l’attaque fatale. Tel un miroir d’or, mon arme défensive absorba le plus gros de l’attaque et protégea Hiroki mais l’assomma également à cause du contrecoup.

Enfin, le garçon se tourna vers moi mais malgré sa puissance, je ne reculai pas et lui fis face fièrement, telle le modèle de sang-froid et de courage que je m’étais juré d’incarner.

-Nous connaissons vos objectifs ; lançai-je d’une voix calme.

Le garçon pencha légèrement la tête sur le côté, intrigué, mais ce fut Serena qui me répondit.

-Ne t’emmêle pas, Miyako, ce combat ne te regarde pas ; me dit-elle d’une voix glaciale.

-En tant que future présidente, je ne peux pas tourner le dos à un conflit, même si je ne suis pas directement impliquée ; rétorquai-je avec un sourire.

-Une héroïne…Hein ? Reprit le garçon d’une voix lasse.

-Oh non, je ne suis pas une héroïne, loin de là. Je ne suis qu’une simple étudiante essayant juste de tenir sa promesse à un vieil ami. Et pas de chance pour vous…Vous venez de vous mettre en travers de cette promesse en vous attaquant à Nagisa et Hiroki.

Je fronçai les sourcils et activai mes pouvoirs en prononçant cette phrase. Rapidement, je fus entourée d’une aura dorée suffisante pour illuminer entièrement la salle du trône.

Voyant cela, Serena s’avança d’un pas et je fis de même. Puis, d’un geste ample, je retirai ma cape qui s’envola derrière moi, me laissant totalement libre de mes mouvements.

-Dis-moi, Miyako ; déclara notre ancienne alliée en me faisant face fièrement. Pourquoi t’obstiner à protéger un monde comme le nôtre ? Tu ne pourras effacer toute la pourriture qui y règne, ne te berce pas d’illusion.

-Je le sais ; lui répondis-je sans émotion. Cependant, ce n’est pas en la laissant se propager que les choses avanceront. Tu le sais tout aussi bien que moi.

-Nous sommes au moins d’accord sur ce point. Mais tu te trompes sur la méthode à utiliser.

-C’est-à-dire ? L’interrogeai-je, sceptique.

-Je ne pense pas que ce monde puisse être sauvé. Pas dans son état actuel. Satellite n’est qu’un exemple parmi tant d’autre. C’est pourquoi, j’ai besoin de la puissance du monde des esprits. Je l’utiliserai pour nettoyer ce monde puis je tiendrai ma promesse envers Hélios et je mettrai fin à cette guerre stupide.

-Alors toi aussi…tu es prête à sacrifier un monde entier pour le tien ? Murmurai-je, tentant tant bien que mal de me contrôler.

-Malheureusement…Oui…Mon acte d’injustice… Sera le dernier et j’en porterai le fardeau.

En entendant cela, je ne pus m’empêcher de rire nerveusement et Serena fronça les sourcils.

-Je vois…C’est donc ça qui te motive…Ridicule.


https://www.youtube.com/watch?v=yDbJvMhQE20


-Comment ? S’étrangla la jeune fille en écarquillant les yeux.

-Tu es peut être une enfant de satellite…Mais c’est justement pourquoi tu ne peux pas comprendre…que tout le monde n’est pas comme toi ! C’est pourquoi, moi, Hikari Miyako, future présidente, je vais devoir te montrer que ce monde…Mérite encore sa chance !

Dans un accès de rage, j’assénai un violent coup de poing dans le ventre de la jeune fille qui l’envoya valser violemment contre le mur du pandémonium. Serena s’encastra dans la pierre avant de retomber sur ses pieds, titubante.

-Tuer pour obtenir la paix ? Laisse-moi rire ! Voilà de belles paroles d’une future dictature !

Guidée par l’adrénaline, je fis un bond de plusieurs mètres et frappai Serena au visage d’un coup de pied qu’elle ne put éviter. La jeune fille roula plusieurs fois sur le sol pour se redresser finalement. Mais je ne lui laissai aucun répit. Puisant dans les pouvoirs de Luminion, je projetai un rayon de lumière dorée sur elle.

A ce moment-là, son partenaire, qui jusque-là s’était montré discret, entra en action et dévia simplement mon attaque en levant sa main devant lui.

-Quelle puissance ridicule. Je n’ai que faire de vos belles paroles. Je suis simplement ici pour accomplir ma mission.

Le garçon balaya l’espace devant lui de son bras. Cela fut suffisant me faire perdre l’équilibre et, avec une vitesse surhumaine, il vint jusqu’à ma hauteur. Je parai de juste son coup de poing avec ma lame mais je fus tout de même obligée de reculer en grimaçant.

Le serviteur d’Armageddon leva le bras devant lui et s’apprêtait déjà à tirer un de ses rayons qui avait vaincu Nagisa et Hiroki mais Serena l’arrêta.

-C’est assez, Arthur ! Hurla-t-elle, folle de rare. Occupe-toi du Pandémonium, j’en fais une affaire personnelle !

Contre toute attente, le garçon obéit et se contenta de tourner la tête vers la source d’énergie noire mais celle-ci avait disparu, de même que le dénommé Fuji Makoto et son robot…

-On dirait que nous avons manqué de prudence, Serena. Il est temps pour nous de nous repli…

Arthur fut interrompu par une grande colonne de flammes s’élevant du corps sans vie de Nagisa. Nous nous éloignâmes tous tandis que je vis la blessure de la jeune fille se refermer rapidement. Puis, le corps toujours brûlant d’un brasier ardent, la présidente du club s’éleva de quelques centimètres dans les airs, deux ailes flamboyantes battant désormais dans son dos, sous les yeux exorbités de nos adversaires.


https://www.youtube.com/watch?v=CdAhugRbnWw


Un sourire amusé passa sur mes lèvres. Finalement, Nagisa disait vrai…Elle était bien immortelle au combat…Et je ne pouvais pas en dire autant d’Hiroki qui était toujours dans les pommes…

Méfiants, Arthur et Serena restèrent sur leurs gardes pendant que la fille au corps de feu prit place à mes côtés.

Evidemment, j’avais prévu un plan B au cas où nous aurions eu à affronter Serena. Avec l’aide de Nagisa, nous nous étions convenues que, pendant qu’elle jouerait les mortes, je devais jauger la puissance de nos ennemis en vue d’une contre-attaque.

-Et maintenant ? Me demanda la fille phénix d’une voix peu assurée.

-Ca va être compliqué…Ces deux-là possèdent au moins autant de puissance que Laura…Peut-être même plus.

-Dans ce cas, j’y vais, je te laisse la suite, Miyako !

Sans me laisser le temps de répondre, Nagisa se jeta tête baissée vers l’ennemi. Evidemment, Arthur riposta avec l’un de ses rayons de lumière noire mais mon amie, même en le prenant de plein fouet, ne broncha pas et réussit à tirer une rafale de flammes à bout portant sur notre ennemi.

Le garçon fut soufflé par la puissance de l’attaque et s’écrasa contre la porte de la salle du trône.

-Je m’occupe de lui, Miyako ! S’exclama mon amie en repassant à l’attaque.

-Miyako ! S’égosilla Serena en se jetant sur moi avec sa lance.

Je parai difficilement son coup avec ma lame et la jumelle en profita pour me donner un coup de genou dans le ventre puis un coup de poing en pleine figure. Ce fut à mon tour de valser à l’autre bout de la pièce mais je me réceptionnai avec un salto arrière, de nouveau en garde.

Faisant tournoyer sa lance autour d’elle, Serena continua son assaut, me forçant toujours à reculer ou à parer, ne me laissant aucune ouverture pour la contrer.

-Les belles paroles ne servent à rien, Miyako ! Tu auras beau déployer toutes tes forces et y mettre toute ton énergie, rien ne changera, pas même en étant présidente ! S’écria mon ennemie me bloquant totalement mes mouvements en position de parade.

-Ce n’est pas parce que toi, tu as échoué, que j’échouerai aussi ; répliquai-je, oubliant le tact.

-Si tu es si douée, essaie d’abord de vaincre une perdante qui a échoué dans ce cas !

Utilisant l’autre bout de sa lance, Serena retourna son attaque en direction de mon ventre mais je ne me laissai pas faire. Me courbant vers l’arrière, j’évitai de justesse la pointe acérée de son arme et en profitai pour faire une pirouette afin de la frapper au visage avec mes bottes.

Je pivotai facilement sur mes mains pour me remettre debout, arborant un visage mi amusé, mi lassé par ce combat.

-Tu es bien trop impulsive, ma chère Serena. Ce n’est pas ainsi que tu me vaincras ; raillai-je.

-Ça c’est ce que tu crois…Déclara soudain une voix dans mon dos.

-Co…Comment ? Bégayai-je, interdite.

En à peine un clignement d’œil, mon ennemie avait réussi à se déplacer derrière moi et une goutte de sueur perla de mon front en voyant la pointe de sa lance se diriger vers mon ventre. Néanmoins, celle-ci s’arrêta à quelques millimètres, retenue par de minuscules fils, presque invisibles et je ne pus m’empêcher de sourire à nouveau.

-Eh, ne m’oublie pas, je suis toujours là aussi ! S’exclama Hiroki. Miyako, attrape ça !

Mon partenaire me lança mon bouclier que je réceptionnai et utilisai comme une masse pour frapper Serena.

La jeune fille, sonnée, tituba mais se ressaisit rapidement pour se défaire des liens d’Hiroki et nous faire face à nouveau, l’air plus enragée que jamais.

-Vous deux…Je vais vous…


https://www.youtube.com/watch?v=_pv9kOEWIXY


Une secousse l’interrompit et ébranla la structure de l’édifice tenant déjà à peine debout. Aussitôt, nos combats cessèrent et Arthur serra les dents.

-Alors comme ça…Asuna avait raison…Ce Fuji Makoto tente réellement de s’emparer du monde des esprits…Serena, on s’en va, nous avons quelque chose à régler.

D’un claquement de doigts, nos deux ennemis disparurent et au même moment, je vis Saya et Darksky rentrer en trombe dans la salle, l’air affolés et abasourdis.

-Eh, Miyako, ça fait partie de ton plan l’auréole géante dans le ciel ? Lança Saya, inquiète.

-Une…auréole Géante ? Répétai-je, interdite.

-Oui, c’est apparu soudainement et…

Je n’écoutai pas la fin de la phrase de Darksky et me précipitai à l’extérieur. Là, comme ils me l’avaient décrite, une auréole noire scintillait dans le ciel du Pandémonium, côtoyant le trou béant déjà présent.

Mais ce n’était pas ce qui m’inquiétait. Non, le problème était que des milliers de monstres sortaient de cette auréole et envahissaient les rues de la ville, dévastant tout sur leurs passages.

-Mais…que se passe-t-il ici…Murmurai-je, le souffle coupé.

-Miyako ! S’exclama Nagisa en sortant à son tour du palais, essoufflée. Sunohara vient de me prévenir qu’une anomalie a été détectée au niveau du pandémonium et qu’il n’apparait plus sur aucune carte, comme s’il avait été effacé !

-Nous sommes stupides, Nagisa ; la coupai-je, me maudissant moi-même. La menace, ce n’était pas Serena…C’était ce type…

-Comment ? Pourquoi lui ?

-Fuji Makoto…Il s’agit du type qui a attaqué le monde de Drago…Et qui maintenant s’attaque à celui des esprits…

Hiroki, Darksky et Saya sortirent à leur tour et ne purent que constater l’étendue des dégâts. Partout déjà, des colonnes de flammes s’élevaient, des explosions retentissaient et des cris d’esprits de duels apeurés se faisaient entendre jusqu’à nous. Le sol tremblait sous les pas des milliers de créatures qui foulaient les rues de la ville.


https://www.youtube.com/watch?v=SgBqSEyCZBE


-Mi…Miyako…Ne me dis pas que tu comptes affronter cette armée seule j’espère ? Bégaya Darksky.

-Tu vois une autre solution ? Rétorquai-je sèchement.

-Non mais…

-Alors tu as ta réponse. Nagisa, en première ligne, je veux que tu nous ouvres un passage !

-Co…Compris, chef, j’y vais !

La jeune fille déployant ses ailes de feu, plongea au cœur de la bataille sans hésiter. Au début, sa silhouette minuscule disparut parmi la masse de monstres tous plus hideux les uns que les autres mais rapidement, le feu qu’elle portait en elle se propagea et ouvrit une sorte de couloir.

Voyant cela fait, je me tournai vers Hiroki.

-Toi, tu aides les civils, utilise tes fils pour les sortir et amène les dans le couloir pour qu’ils s’enfuient.

-Je…Je vais essayer…

Le garçon disparut à son tour au milieu des ruelles enflammées, ce qui ne laissait plus que Saya, Darksky et moi.

-Vous deux, servez à quelque chose pour une fois et plongez dans cette auréole pour voir où elle mène et si possible, arrêter le flux.

-Attends, tu nous demandes de nous suicider ? S’étrangla Darksky.

J’attrapai mon ami par le col et lui lançai un regard noir qui le fit aussitôt pâlir.

-Tu te suicides ou je te tue, à toi de voir.

-Je crois qu’on va y aller…Lança Saya en attrapant son ami et en le trainant derrière elle sur le dos de son monstre.

Ainsi, les deux derniers membres du club me laissèrent seule devant le palais, regardant ce triste spectacle depuis le toit du pandémonium, en n’ayant qu’une seule idée en tête.

-Serena, je vais te prouver que tu as tort. Un chef doit penser aux civils et aux innocents avant de penser à la victoire. Je refuse de refaire la même erreur qu’avec Dan. Sacrifie ce monde si tu veux, mais pour moi, gagner en ne possédant plus qu’une pièce sur l’échiquier est une défaite.

Je fermai les yeux et, gardant cet objectif en tête, j’activai la fusion parfaite. Rapidement, mon armure recouvrit intégralement mon corps et un casque d’or vêtit ma tête tandis que ma lame de métal disparut pour faire place à une lame sombre et constellée d’étoiles.

-Regarde-moi bien, Dan. Cette fois-ci, je serai une chef digne de l’être. Je protégerai ceux qui ne peuvent pas se protéger seuls.

-Et bien, voilà des paroles dignes d’une commandante ; déclara soudain une voix grave à côté de moi.

Je me retournai en sursaut mais baissai ma garde en voyant qu’il ne s’agissait que de Daku, le roi du pandémonium.

-Fuji Makoto a eu ce qu’il voulait ; continua-t-il en s’essayant à côté de moi, prenant une forme humaine d’un homme aux cheveux longs et noirs et au visage pale. Après le sanctuaire, voilà que le pandémonium tombe…Heureusement, ou malheureusement, les deux sphères ne sont pas en la possession de la même personne…

-Mais cela ne saurait tarder…C’est ce que vous insinuez ? Complétai-je.

Le roi du pandémonium se contenta d’acquiescer d’un signe de tête avant de regarder sa bague à laquelle il manquait son ornement.

-Peut-être Ladd avait-il raison finalement…Le monde des esprits n’a plus de raison d’être avec des souverains comme Raito et moi désormais…

-Attendez…Qu’est-ce que vous voulez dire ? Ladd ne veut-il pas protéger ce monde lui aussi ?

-Le protéger ? Quelle absurdité ; résonna soudain une voix tout autour de nous et je la reconnus immédiatement.


https://www.youtube.com/watch?v=xJEZi1jkssk&t


Je sursautai et levai immédiatement la tête vers l’auréole noire, le cœur battant à tout rompre. Une explosion de lumière illumina les cieux sombres du Pandémonium et je vis des éclairs noirs jaillir de la faille, rapidement suivis d’un éclat intense, brillant aussi fort que le soleil. Le vent se leva et se mit à tourbillonner, formant une immense colonne de nuages d’orage.

Puis une minuscule silhouette apparut. L’un de ses côtés était radieux, pur et respirant l’espoir, tandis que l’autre était sombre, quasiment invisible dans l’obscurité, noyé dans la lumière inquiétant et incarnant la mort. Ses deux minuscules yeux, noir et or, brillaient dans le crépuscule et luisaient à chaque éclair déchirant les cieux.

En-dessous de lui, les combats cessèrent aussitôt et les monstres ayant envahi la ville firent un pas en arrière, prudents. Nagisa se retrouva libérée de ses assaillants, puis, pensant voir une aide providentielle, tenta rejoindre le nouveau venu.

-Reste où tu es, Nagisa ! M’écriai-je, affolée.

La jeune fille, m’entendant paniquer, tourna la tête vers moi avec étonnement mais ce moment de distraction lui fut fatal. L’homme projeta sur mon amie une minuscule sphère d’énergie. A peine son corps fut-il rentré en contact avec la boule qu’il commença à noircir avant de tomber en cendres qui s’éparpillèrent dans le vent, sans que Nagisa ne puisse rien faire pour l’en empêcher.

Pour la première fois depuis le début de cette bataille, je me mis à avoir réellement peur de mourir lorsque l’homme posa son regard sur moi. Mes jambes tremblaient, mon cœur battait la chamade, et mon arme glissait entre mes mains moites.

-La plaisanterie n’a que trop duré. Il est temps de mettre fin à cette mascarade. La destruction du monde des esprits…a désormais commencé.






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[Fic]L'achèvement du Destin posté le [14/05/2018] à 14:18

Chapitre 28 : Darksky, la lumière dans la nuit



Spoiler :



https://www.youtube.com/watch?v=pjLekG0YJZM

« Allez, ramenez-vous stupides soldats du pandémonium, je suis Saya la destructrice des mondes, et il est temps d’annexer votre piètre royaume à ma collection ! »

Tout en prononçant ces mots, mon amie projeta un rayon de lumière sur la garde du palais du Pandémonium, balayant tous les soldats d’un seul coup et je grimaçai.

-Tu sais…Saya…Miyako nous a dit d’attirer l’attention…Pas de réellement attaquer le sanctuaire…

-Je sais, mais c’est amusant de jouer au méchant pour une fois ! Rétorqua la blonde avec un large sourire.

Sur ces mots, La jeune fille se mit à rayonner et prit son envol afin de lancer une attaque à grande échelle. Derrière elle se déployèrent les ailes d’ébène de Chaofeng et ses yeux se mirent à luire d’une lueur dorée dans l’obscurité tandis que les soldats du pandémonium reculèrent, prudemment.

Je m’apprêtai déjà à protester, lui rappelant une fois de plus qu’elle en faisait trop mais mon cœur rata un battement lorsque je levai la tête vers elle.

Je compris avec stupeur que ce n’était pas la blonde à la queue de cheval qui les effrayait…mais quelque chose de bien plus inquiétant…


https://www.youtube.com/watch?v=_pv9kOEWIXY


Derrière Saya, une autre lueur illuminait les ténèbres, bien plus sombre et plus inquiétante que n’importe quelle attaque que nous aurions pu lancer.

Lentement, un cercle noir se forma dans le ciel, cercle qui se mit à grossir à vue d’œil jusqu’à prendre tout l’espace au-dessus de nos têtes.

-Alors, bande de vermisseaux, vous tremblez devant mon…

-Saya, derrière toi !

La jeune fille eut tout juste le temps de se retourner et de se décaler sur le côté pour éviter un éclair qui vint s’abattre directement sur le sol du pandémonium, détruisant un quartier entier de la ville dans un fracas assourdissant.

-Qu’est-ce qu’il se passe encore…Murmura-t-elle, les yeux exorbités.

Des hurlements de terreur parvinrent soudain à mes oreilles et je pris mon envol à mon tour pour constater l’horreur à l’état pur.

Une pluie de monstres était en train de se répandre dans toute la ville, provenant de cette immense auréole noire qui venait de s’ouvrir dans le ciel.

Les maisons brûlaient, les habitants sortaient de chez eux, terrorisés, avant de se faire broyer par des flammes, des crocs, des tentacules ou autres artifices mortels que possédaient les monstres qui leur tombaient dessus…

-J’ai raté un épisode je crois Darksky…Me dit Saya en serrant les dents.

-Je ne sais pas ce qu’il se passe ici…Mais allons prévenir Miyako.

Saya hocha la tête et nous fîmes demi-tour lorsque soudain, une secousse ébranla le pandémonium alors qu’un immense robot entouré d’une aura noire comme la nuit entra dans l’auréole et disparut à l’intérieur sans se faire attaquer.

Nous volâmes aussi vite que nous le pûmes jusqu’au palais et nous courûmes à travers les couloirs pour rejoindre la salle du trône ou Miyako et Hiroki devaient encore se trouver.

-Eh, Miyako, ça fait partie de ton plan l’auréole géante dans le ciel ? Lança Saya, reprenant lentement son souffle.

-Une…auréole Géante ? Répéta la présidente, les yeux ronds.

-Oui, c’est apparu soudainement et…

La rouquine n’écouta même pas le discours jusqu’à la fin et sortit de la salle en trombe, immédiatement suivie de Nagisa qui, d’après la stratégie initiale, n’avait déjà aucune raison d’être ici. Je sentais que, depuis le début, quelque chose clochait avec ce plan et ces événements imprévus me le confirmaient.

-Que se passe-t-il dehors ? Grogna Hiroki.

-Vois par toi-même ; lui répondis-je en rejoignant les autres à l’extérieur.

Lorsque nous remîmes les pieds dehors, la situation avait eu le temps de se dégrader encore plus en à peine quelques secondes passées à l’intérieur.

Désormais, la ville n’était plus que ruines et désolation et les monstres grouillaient de partout, tels des fourmis ayant pris possession des lieux et terrifiant les habitants.

Je tournai la tête vers la chef de l’opération et je déglutis en voyant son regard flamboyant et déterminé.

-Mi…Miyako…Ne me dis pas que tu comptes affronter cette armée seule j’espère ? Bégayai-je, le cœur battant à tout rompre.

-Tu vois une autre solution ? Rétorqua-t-elle sèchement.

-Non mais…

-Alors tu as ta réponse.

Miyako ordonna alors à Nagisa et Hiroki de plonger dans la bataille afin de sauver la ville de la destruction puis se tourna vers nous, fronçant les sourcils et nous dévisageant toujours telle une générale prête à envoyer ses troupes au combat.

-Vous deux, servez à quelque chose pour une fois et plongez dans cette auréole pour voir où elle mène et si possible, arrêter le flux.

-Attends, tu nous demandes de nous suicider ? M’étranglai-je, interdit.

La présidente m’attrapa par le col et me fixa droit dans les yeux. Je palis sur le coup, incapable de soutenir un regard aussi déterminé.

-Tu te suicides ou je te tue, à toi de voir.

-Je crois qu’on va y aller…Lança Saya, plus prudente que moi.

Mon amie m’attrapa et me traina derrière elle, m’obligeant à la suivre et nous plongeâmes dans la gueule du loup, ne sachant même pas où nous allions ressortir, ni même si nous allions ressortir…

La blonde força le passage en tirant un rayon de lumière en continu devant nous, éliminant tous les monstres nous bloquant le passage tandis que je m’occupai des côtés avec les ailes enflammées de Nout, si bien que presque aucun monstre ne survécut à notre passage et nous réussîmes à émerger de l’autre côté sans une égratignure.


https://www.youtube.com/watch?v=8zj0eWxRYU4


Cependant, lorsque nous sortîmes enfin de ce tunnel, nous ne nous retrouvâmes pas face à une armée de monstres encore plus grande mais dans une petite salle, une sorte de Bunker sans fenêtre mais parsemé d’écran donnant sur le monde des esprits.

Dans un coin se trouvait le robot géant, à l’arrêt et, devant un immense ordinateur, un homme était en train d’analyser une minuscule sphère noire. Il portait des habits militaires, ainsi qu’un képi kaki et quelques rares cheveux plus longs que les autres dépassaient de son col. Il nous tournait le dos mais je pouvais facilement deviner par ses mèches grisonnantes qu’il devait avoir la quarantaine passée.

Sans me prévenir, et alors que j’étais en train d’analyser la situation, Saya se leva d’un bond et tira un rayon de lumière sur le robot.

Je retins mon souffle lorsque je vis cela et mon cœur rata un battement. L’homme se retourna, interdit et l’attaque de ma partenaire de combat souleva un épais nuage de poussière qui envahit rapidement le bunker.

-Et voilà, ça c’est fait ! S’exclama la blonde, fière d’elle.

-Mais…Pourquoi tu as fait ça ! M’écriai-je, au bord de la crise de nerfs.

-Bah…Un robot sans pilote est un robot sans défense ; me répondit-elle en haussant les épaules. Et sans son arme, ce type est inoffensif.

Cependant, au même moment, des lumières se mirent à clignoter à travers l’épais voile de fumée et celui-ci se retrouva aspiré par la sphère noire que l’homme tenait à présent dans la main, laissant paraitre que le robot n’avait même pas pris une seule égratignure.

L’homme nous lança un sourire carnassier tandis que la sphère d’énergie brillait d’une lueur inquiétante dans sa main, comme si elle était prête à exploser.

-Encore des enfants ?

-Eh, nous ne sommes peut-être pas des vieux croulants comme vous mais nous ne sommes pas des enfants non plus ! Rouspéta Saya en gonflant les joues.

-Arrête, tu vas l’énerver encore plus…Soupirai-je.

L’homme ricana avant d’appuyer sur un bouton derrière lui qui activa le robot et pointa l’un de ses canons sur nous. Une goutte de sueur perla de mon front mais Saya ne se laissa pas démonter et reprit la parole d’une voix assurée.

-On peut savoir qui vous êtes déjà ? Un militaire qui s’est fait virer de l’armée ou un truc du genre ?

-J’en oublie les bonnes manières, mon nom est Fuji Makoto. Je suis l’ancien assistant du professeur Mio.

-Mio…Répétai-je dans un murmure…

Un déclic se fit dans ma tête et j’écarquillai les yeux en me rendant compte de qui j’avais en face de moi.

-Une minute, Drago nous a déjà parlé de vous ! M’exclamai-je.

-Oh, je vois que je suis connu. Fort bien, cela m’évitera de me perdre en considérations inutiles.

-C’est vous qui êtes à l’origine de cette invasion, n’est-ce pas ? Le questionnai-je, tentant de gagner un peu de temps.

-Evidemment. En tant que futur roi de ce monde, je me dois d’exterminer vermine qui y règne.

-Roi…de ce monde ? Répétai-je, dubitatif.

L’homme me montra alors la sphère qu’il tenait dans ses mains et tout son corps fut entouré de la même aura sombre qui entourait auparavant le robot.

-Voyez-vous, je possède à présent le pouvoir du Pandémonium, il me suffit donc de retrouver celui du sanctuaire et je serai en mesure de reformer ce monde comme il me plait ! Je serai un être tout puissant !

-Il a perdu la tête celui-là ou quoi…Marmonna Saya en pouffant.

-Je te ferai dire que c’est exactement ce que tu criais au Pandémonium…Répliquai-je.

-Oui, et bien moi, mes menaces étaient à prendre au sérieux !


https://www.youtube.com/watch?v=LmPH8BTwPKU


Une fois de plus sans me prévenir, Saya activa ses pouvoirs et attaqua directement à l’intérieur du canon du robot qui explosa sous la force de l’impact, nous libérant de cette menace mais cela ne sembla pas inquiéter Fuji Makoto.

-Très bien, on va voir si vous êtes vraiment capable d’être roi ! Mais pour cela, il va falloir me passer sur le corps ! Je suis Saya, fille de Luminion, membre de l’escouade d’Hélios et…

-Voilà qu’elle se prend pour un membre du conseil 4…baillai-je à nouveau.

-Laisse-moi finir mes tirades au moins Darksky ! Se plaignit mon amie, furieuse.

L’homme profita de notre conflit ridicule pour activer le pouvoir de sa sphère à son tour et une puissante énergie déferla sur nous. Nous tentâmes de résister mais nous ne tînmes pas longtemps et nous fûmes balayés par le souffle de l’attaque.

Nous traversâmes les murs du Bunker comme s’ils étaient faits de carton et nous nous retrouvâmes à l’extérieur. Je compris alors que nous avions eu tort de sous-estimer cette adversaire et j’activai la fusion parfaite afin d’obtenir la protection du maitre des armures. Saya fit de même et fusionna à nouveau avec Chaofeng.

Lorsque l’homme sortit à son tour, nous l’attaquâmes aussitôt mais nos rayons d’énergie furent aspirés par sa sphère des ténèbres, rendant leur efficacité nulle tandis que l’homme continuait à rire.

-Inutile, avec ce pouvoir, je ne crains plus rien désormais.

-C’est ce qu’on va voir ! Hurla Saya.

La blonde se précipita vers lui et tenta une attaque directe mais, comme on pouvait l’attendre d’un militaire, celui-ci l’évita facilement et riposta d’un coup de poing dans le ventre de mon amie qui fut projetée à plusieurs mètres.

-Vous m’excuserez les enfants, mais j’ai une sphère du sanctuaire à aller chercher, je n’ai pas le temps de m’amuser avec vous.

Derrière l’homme, le robot sortit du bunker et Fuji Makoto sauta à l’intérieur. Cependant, au-même moment, un point lumineux brilla dans le ciel et je vis quelque chose se rapprocher de nous à grande vitesse, nous tombant dessus telle une météorite.


https://www.youtube.com/watch?v=kyRK2GI_T7I


J’eus tout juste le temps de sauter en arrière pour éviter l’impact qui créa un immense cratère juste entre Fuji Makoto, Saya et moi et c’est alors que je discernai qu’il ne s’agissait pas d’une météorite mais d’une personne, une jeune fille aux longs cheveux bleus, portant une armure noire comme la nuit parsemée de lignes rouges lumineuses, au-dessus d’une longue robe tout aussi sombre.

Dans sa main, une longue épée ébène luisait faiblement dans la pénombre. Son œil droit brillait d’un vif éclat bleuté tandis qu’une cicatrice encore rouge de sang s’étalait en dessous de son œil gauche visiblement aveugle.

Lentement, la jeune fille se releva et un seul de ses mouvements fut suffisant pour faire souffler une puissante bourrasque qui nous déstabilisa tous, y compris le robot de Fuji Makoto.

Prudemment, je fis un pas en arrière devant ce nouvel adversaire imprévu mais la jeune fille ne semblait pas intéressée par nous et se retourna vers Fuji Makoto. Ce dernier pâlit à vue d’œil lorsque leurs regards se croisèrent.

-T…Toi…Bégaya-t-il, une goutte de sueur perlant le long de son front.

-Je te l’avais dit…Fuji Makoto…que je te retrouverai…et que je te ferai payer…d’avoir tué autant d’innocents…

-Hoshino…Asuna…Je te trouve bien présomptueuse ; rétorqua Fuji en reprenant son calme. Tu oses me blâmer pour ce que j’ai fait alors que toi-même tu n’as pas tremblé en levant la main sur cette Laura ? D’autant plus que tu as échoué là où j’ai réussi puisque celle que tu devais tuer est encore en vie.

Mon sang bouillonna dans mes veines lorsque j’entendis cela. D’un seul coup, toute ma peur et toute ma crainte s’évaporèrent, consumées dans les flammes de ma colère et de ma rage naissantes et je laissai mes émotions prendre le dessus sur ma raison qui me hurlait de ne pas approcher cette personne.

Alors…C’était pour ça que nous n’avions aucune nouvelle d’elle…

Je savais que ce n’était pas normal…Je savais que quelque chose n’allait pas…Je savais que j’aurais dû la protéger…Je savais que je n’aurais pas dû écouter Miyako…

-Tuer…Laura ? Murmurai-je alors, attirant l’attention sur moi.

-Tu es…Commença la jeune fille en fronçant les sourcils.

-Impardonnable…Continuai-je d’une voix presque éteinte, comme dans un état second.

Soudain, mes yeux virèrent au rouge sang et je sentis mes forces décupler tandis que tout mon corps commença à être entouré d’une vive aura violette, aura si puissante qu’elle enflamma aussitôt l’herbe et la végétation à mes pieds.

La plaisanterie avait assez duré. Jusque-là, j’avais fait confiance à Iori et Saya qui m’assuraient qu’elles veillaient sur elle…Mais apparemment, j’avais eu tort. Même elles ne pouvaient pas être omniscientes. Jamais je n’aurais dû baisser ma garde de la sorte pour passer du bon temps.

Je savais que Laura était en danger, qu’Armageddon voulait sa peau pour une raison qui m’échappait mais j’avais fermé les yeux.

Il était temps…D’éliminer toutes ces épées de Damoclès planant au-dessus de la tête de Laura et l’une d’entre elles se trouvait justement devant moi. Il était hors de question de la laisser s’échapper.

-Darksky…Qu’est-ce que…

-Impardonnable ! Hurlai-je à m’en déchirer les cordes vocales.

Tel un phénix, je poussai un rugissement de rage et une violente onde de choc s’échappa de mon corps pour repousser Saya, le robot géant ainsi que cette meurtrière.

Sans lui laisser le temps de réaliser ce qu’il se passait, je me jetai sur la jeune fille aux cheveux bleus et lui assénai un violent coup de poing en visant sa tête, y mettant toute la force que me procurait la colère.

La jeune fille réussit à parer mon coup à la dernière seconde avec son bras mais cela ne l’empêcha pas de faire un vol plané l’envoyant directement s’écraser contre le Bunker.

Néanmoins, cette simple attaque fut loin d’être suffisante et je le savais. Dans une explosion d’énergie, Asuna émergea des débris et revint se placer devant moi, sans une égratignure et l’air dubitative.

-Je vois…Dit-elle d’une voix presque inaudible. Après Angéla…Toi…J’aurais dû m’en douter.

-Je ne te pardonnerais jamais, servante d’Armageddon…

-Je n’ai que faire de ton pardon. Ces choses sont insignifiantes devant le devoir qui m’incombe ; rétorqua-t-elle froidement.

-Je me fiche de savoir quelle est cette tâche. Mais rien sur terre ne peut justifier un meurtre. Et encore moins celui de Laura.

-Angéla m’a déjà dit tout cela et elle est morte aussi à l’heure actuelle. Tout comme son cher Drago.

Ces mots eurent l’effet d’une avalanche sur moi, éteignant aussitôt les flammes de ma colère. Mes doigts se remirent à trembler, mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine et toutes mes forces m’abandonnèrent d’un seul coup.


https://www.youtube.com/watch?v=XMwg4YrZ3Go


Cette fille…Elle avait non seulement vaincu Laura…Mais en plus Drago et Angéla…Il fallait que je les venge…je le savais…C’était mon devoir…Mais je savais aussi que j’en étais incapable. Tous étaient bien plus forts que moi et ils avaient été balayés par cette fille qui se tenait à présent devant moi…

Je voulus repasser à l’attaque mais mes membres refusaient de m’obéir. J’étais paralysé par la peur. Pour la première fois, je me sentais totalement impuissant face à un ennemi…Car cette fille devant moi…Etait notre première réelle ennemi. La première à avoir réussi à vaincre l’un d’entre nous…

De plus, je réalisai une chose…les démons étaient peut-être plus puissants que cette Asuna…Mais ils n’étaient pas humains, et leurs objectifs non plus. Alors que cette fille…elle était comme moi, comme Laura, comme Drago ou comme Angéla et pourtant, elle n’hésitait pas à tuer pour parvenir à ses objectifs. Et parce qu’elle était humaine, je devais l’affronter en sachant que je pouvais moi aussi devenir un meurtrier en cas de victoire…

-Je n’ai pas de temps à perdre avec toi, tu ne m’intéresses pas. Adieu, allié des démons.

La jeune fille leva son épée sur moi. Je voulus m’enfuir, parer, contre-attaquer, faire n’importe quoi, mais rien. Je ne pouvais que regarder cette lame tranchante se rapprocher de mon cœur, incapable d’éviter une mort certaine.

Je fermai les yeux, acceptant mon sort. Si Drago, Angéla et Laura avaient échoué, c’était inutile. Je ne pouvais pas lutter.


https://www.youtube.com/watch?v=GHXro_i-vgc


-Réveille-toi, imbécile !

La voix de Saya me tira de ma torpeur et dans mon dos, une puissante rafale d’énergie me poussa sur le côté, me permettant d’esquiver ce coup mortel. L’épée d’Asuna ne trancha que de l’air et je roulai dans la poussière avant de m’arrêter deux mètres plus loin.

Lorsque je relevai la tête, je vis que Saya avait pris ma place, ses deux mains brillant d’une intense lumière dorée tandis qu’Asuna observait sa nouvelle adversaire, dubitative.

La blonde se tourna alors vers moi et me lança un regard rempli d’éclairs.

-Je peux t’avoir ce qu’il t’arrive, Darksky ? Hurla-t-elle, soudain hors d’elle. Tu n’as pas entendu ce qu’elle vient de dire ?!

-Si…Mais…

-Nous nous sommes donné comme mission de protéger Laura, est-ce que tu aurais oublié ?! Ce n’est pas en restant à terre que tu sauveras qui que ce soit ! Alors relève-toi et viens te battre ! Réussis là où les autres ont échoué comme tu l’as toujours fait ! Tu as sauvé Miyako du désespoir alors que ses amis avaient renoncé. Tu as fait revenir Laura à la raison alors que tout était perdu d’avance. Tu as redonné gout à la vie à Nagisa et plus que tout…Tu m’as sorti de ma solitude ! Alors qu’est-ce qui te fait hésiter aujourd’hui !

-Mais…

-Je sais que je suis loin d’être la mieux placée pour te faire une leçon de morale, que suis immature et je fonce dans le tas sans réfléchir, Darksky, mais il y a une chose que je sais.

Mon amie pointa son doigt vers le ciel et son expression contrariée se changea aussitôt en un large sourire rayonnant d’espoir.

-Je n’ai pas besoin de croire en moi pour remporter ce combat. Notre présidente nous a donné un ordre parce qu’elle croit en nous. Alors moi aussi, je croirai en elle qui croit en nous ! Drago et Angéla seront vengés, et Laura sera sauvée, Darksky.

-Saya…

-Ne crois pas en tes capacités. Tu n’en as pas besoin. Crois simplement en Miyako qui croit en nous et je croirai en toi aussi !

-Croyez ce que vous voulez mais tant que vous n’agissez pas, cela ne servira à rien ! S’écria la fille aux cheveux de saphir avant de s’élancer sur mon amie.

La blonde ne bougea pas d’un millimètre. Alors que la pointe de l’épée sombre s’apprêtait à lui trancher la gorge, le corps entier de Saya se mit à rayonner et une violente bourrasque repoussa Asuna.

Dans le dos de ma partenaire, deux immenses ailes blanches se déployèrent. Un diadème doré apparut sur son front et ses yeux virèrent à l’or tandis que, dans sa main se dessina un sceptre de cristal étincelant. Sa tunique disparut pour faire place à une longue robe ivoire, ouverte sur le devant et laissant ses épaules nues. De longs gants transparents recouvrirent ses bras et ses sandales se changèrent en bottes hautes.

Au niveau de son cou, une marque brillante se dessina et je reconnus immédiatement ce signe constitué de deux ailes…

Dans un tourbillon de plumes immaculées, Saya s’envola en tirant un rayon de lumière dans le ciel, rendant l’espace d’un instant le soleil au monde des esprits.

-Fusion Parfaite, illumine l’univers, Luminion, dieu originel de l’éclat !

-Ridicule…Ce n’est pas une simple fusion parfaite qui me fera reculer ! Rétorqua son adversaire.

A son tour, Asuna fut entourée d’une puissante aura sombre et son œil droit se remit à briller de plus belle en même temps que les rayures de son armure.

Les deux combattantes se jetèrent l’une sur l’autre en poussant des cris de rage. Chacune frappa son adversaire au visage en même temps et restèrent dans cette position quelques instants, sonnées, avant qu’Asuna ne tente d’utiliser leur proximité pour trancher le ventre de Saya.

La blonde, réagissant au quart de tour, para l’attaque avec son sceptre et les deux armes s’entrechoquèrent dans un cliquetis de métal infernal.

Cependant, alors que la situation semblait sans issue pour toutes deux, l’arme de mon amie se mit à rayonner. Asuna eut tout juste le temps de s’écarter pour esquiver le tir d’un rayon de lumière. Lorsque cette attaque percuta le sol, elle le fit brûler instantanément.

Alors qu’elle n’était même pas encore retombée au sol, la servante d’Armageddon fit apparaitre tout autour d’elle des centaines d’épées d’énergie qu’elle projeta directement sur Saya.

Néanmoins, mon amie ne se laissa pas déconcertée. Elle se mit à faire tournoyer son sceptre dans sa main devant elle, repoussant ainsi toutes les lames d’émeraude.

Asuna jura lorsqu’elle retomba au sol et lança un regard assassin à Saya qui avait perdu toute son innocence et sa fragilité pour redevenir la guerrière impitoyable que j’avais connue dans l’armée d’Hélios.

J’étais bluffé par la puissance que possédaient les deux jeunes filles. J’étais persuadé que, à la place de Saya, je n’aurais même pas encaissé la première attaque…

-Et bien alors, qu’est-ce que tu attends, Darksky ! Hurla mon amie. Tu ne crois pas en moi, c’est cela ? Tu penses que j’ai tort de te faire confiance ? Que je suis stupide au point de me reposer sur un faible et un incapable ?!

-Il ne peut pas t’entendre ; déclara soudain Asuna. Après tout, tout le monde n’a pas les épaules pour endosser les espoirs de tout un peuple.

-Qu’est-ce que tu en sais ? Riposta Saya sèchement. Peut-être que tu les possèdes, toi ?

-Je mentirais en disant que oui. Angéla avait raison. Je n’agis pas comme la volonté d’un peuple. Je ne suis pas porteuse de leur espoir…

Notre ennemi marqua une pause dans son discours et ferma les yeux un instant avant de les rouvrir, déployant une violente vague d’énergie tout autour d’elle.

-Je porte en moi leurs pleurs et leurs lamentations ! Je suis l’émissaire de leur désespoir et parce que je ressens la même peine qu’eux, je peux agir en leur nom ! Mais ton ami, lui, ne veut pas protéger les autres parce qu’on lui a demandé, mais uniquement pour sa propre satisfaction, parce qu’il ne supporte pas de voir les autres souffrir, exactement comme cette égoïste d’Angéla ! Vous, alliés d’Hélios, êtes tous les mêmes !

En prononçant ces mots, de nouvelles épées surgirent dans le ciel et encerclèrent totalement Saya, ne lui laissant aucune échappatoire. Cette dernière grimaça et Asuna claqua des doigts avec un sourire mauvais sur son visage.

-Adieu, émissaire de Luminion.

Immédiatement, les milliers de lames fondirent sur la blonde. Sans perdre une seconde, mon amie écarta les bras et fut aussitôt entourée d’un bouclier de lumière. A peine rentrée en contact avec celui-ci, les lames se désagrégèrent et tombèrent en cendres.

Puis, détournant l’énergie utilisée pour la défense, Saya projeta son bouclier sur Asuna qui ne put que placer son épée devant elle pour tenter de repousser cette nouvelle attaque.

-C’est terminé, Asuna. Lumière originelle !

La sphère d’énergie grossit et devint aveuglante, à tel point que je fus obligé de plisser les yeux pour continuer à suivre le combat. Les bras d’Asuna tremblaient alors qu’elle essayait de contenir cette étoile miniature du bout de sa lame, sa respiration était saccadée, ses vêtements commençaient à brûler et du sang s’écoulait de la cicatrice sous son œil gauche.

Saya poussa un cri de rage et projeta son sceptre à travers l’étoile naine. Son ennemie, déjà occupée à repousser le bouclier, ne put l’esquiver et le bâton vint se planter directement dans son ventre.

La servante d’Armageddon cracha une gerbe de sang et eut un instant de faiblesse. Instant de faiblesse qui lui fut fatal. La blonde profita de ce laps de temps pour redoubler d’effort et, bientôt, Asuna fut absorbée par la sphère d’énergie.

La fille aux cheveux de saphir poussa un hurlement de douleur tandis que son armure commençait à fondre et que tout son corps était littéralement en feu.

Devant ce spectacle, j’eus un réel espoir. Nous allions gagner. Nul ne pouvait échapper à la puissance d’un démon originel, surtout pas une simple humaine comme elle.


https://www.youtube.com/watch?v=tNW9lmujZxU


Cependant, Saya resta sur ses gardes. Et pour cause, l’armure d’Asuna se mit à briller de plus belle, d’une lueur rougeoyante, de même que son œil droit. Lentement, la sphère d’énergie se mit à rétrécir…Comme si notre ennemie…Absorbait l’énergie de l’attaque…

J’écarquillai les yeux lorsque je vis le bouclier réduit à une minuscule boule qu’Asuna tenait dans le creux de sa main. La jeune fille était épuisée, sa robe était en lambeau, sa respiration était haletante et un long filet de sang s’écoulait de son ventre…Mais elle était vivante…

Saya recula par réflexe mais ce fut inutile. Utilisant le peu de forces qu’il lui restait, Asuna renvoya la sphère d’énergie sur mon amie qui ne put l’esquiver. Comprenant cela, mon amie rompit immédiatement la fusion parfaite avec Luminion, ce qui lui permit de dissiper l’attaque avant qu’elle ne la tue.

Cependant, ma partenaire était à bout de forces elle aussi et elle tenait à peine debout après avoir lancée une telle attaque, alors qu’Asuna, elle, bien que blessée, était encore en état de se battre.

Saya me lança alors un regard suppliant et je serrai les dents, frustré par ma propre impuissance. Elle avait raison. Je devais croire en elle, qui avait été capable de blesser sérieusement celle qui avait vaincu mes amis. Peu importe si je me sentais faible.

Je n’avais pas besoin d’être convaincu par mes propres capacités tant que Saya l’était…cela m’était amplement suffisant.

-Satoshi avait raison finalement. J’aurais vraiment du rester me reposer mais bon. Savoir que l’émissaire de Luminion est éliminé lui fera plaisir j’en suis sûr.


https://www.youtube.com/watch?v=EGbJ9q2Y-WM=120s


Mes tremblements cessèrent et je finis par me remettre en position de combat, me précipitant entre les deux combattantes. Asuna me lança un regard glacial, presque méprisant mais je ne faiblis pas cette fois-ci.

-Désolé, mais pour que je puisse croire en Saya, il faudrait qu’elle reste en vie. Alors je ne peux pas te laisser la tuer ; raillai-je pour masquer ma peur.

-Essaie juste de m’en empêcher !

Asuna abattit une nouvelle fois son épée sur moi mais cette fois-ci, je ne reculais pas et bloquai sa lame entre mes deux mains sans aucun effort. La jeune fille écarquilla les yeux devant cette situation imprévue et, au même instant, tout mon corps prit feu.

Ma cape noire vira au rouge flamboyant et dans mon dos poussèrent deux grandes ailes de phénix. Au fond de moi, je sentis mes forces décupler, de mêmes que tous mes sens, exactement comme lors du combat contre Terra.

-Fusion Parfaite…Nout…Déesse créatrice de l’espace !

-Créatrice…De l’espace ? Bégaya Asuna, interdite.

Au-dessus de nos têtes, le ciel changea de couleur et passa du noir intense au rouge sang. D’un mouvement du poignet, je brisai la lame de mon adversaire sans aucune difficulté et la repoussai en projetant une rafale de flammes devant moi.

Asuna réussit à s’en protéger en invoquant un bouclier d’énergie mais désormais, toute la prairie s’était transformée en brasier ardent. Le crépitement des flammes fut le seul bruit perceptible pendant le temps que nous nous dévisageâmes, Asuna et moi.

La jeune fille bouillonnait de colère devant cette nouvelle interférence dans ses plans mais moi, je n’avais qu’une idée en tête : la vaincre et éliminer définitivement cette menace qui avait fait bien trop de victimes en l’espace de trois jours.

-Si Nout a créé le ciel d’après la mythologie…Alors elle a créé l’immensité de l’espace dans lequel nous vivons ; déclarai-je lentement. Je n’ai que faire de la survie du monde des esprits. Tout ce qui m’importe, c’est que Laura sorte saine et sauve de ce combat. Cependant…Mes amis comptent aussi sur moi, particulièrement Miyako…Alors, tout comme ils croient en moi pour, je croirai en eux. Nous sauverons nos mondes avec les pouvoirs qui nous sont accordés.

-La belle affaire ; rétorqua Asuna, peu sûre d’elle. Vous aurez beau invoquer autant de divinités que vous le voudrez, elles sont toutes impuissantes face à mes convictions ! Oui, je suis une fille ordinaire, oui je me cache derrière mon peuple afin de me venger, oui je suis tout aussi faible et vulnérable que vous…Mais contrairement à vous, je ne me berce pas d’illusions et je sais que tout le monde ne pourra pas être sauvé !

Deux sphères d’énergie vertes se formèrent dans les mains d’Asuna et lentement, la jeune fille les fusionna en une seule dont la puissance était telle que je sentais la chaleur s’en dégager à plusieurs mètres.

-Il est temps d’en finir ! Périssez par les rouges du destin ! Destiny Armageddon Storm !

Un immense rayon de lumière fusa sur nous, annihilant tout ce qui se trouvait sur son passage mais je ne me laissai pas déstabiliser. Je puisai au fond de moi l’énergie de la fusion parfaite et les flammes qui entouraient mon corps gagnèrent en puissance, jusqu’à en devenir totalement bleues.

-Oh non, nous ne périrons pas. Primordial Flare !

Je ripostai en projetant une salve de flammes plus ardentes que le soleil lui-même. Lorsque nos deux attaques se rencontrèrent, une violente explosion d’énergie secoua la terre et ouvrit un immense cratère sous nos pieds mais aucun de nous deux ne plia.

-Pourquoi…Pourquoi personne ne comprend…Pourquoi vouloir absolument protéger ce monde qui menace de détruire le nôtre ! S’écria Asuna. Etes-vous réellement prêt à mettre en péril la vie de tous vos proches en voulant préserver celles d’inconnus ?! Même Ladd, le prince de ce monde, l’a abandonné ! Alors pourquoi vous acharnez-vous ?!

Je ne répondis rien, incapable de trouver un contre argument. Mais je n’avais pas besoin de répliquer. Cette fille avait tenté de tuer Laura, je n’avais pas besoin de plus pour justifier mes raisons de m’opposer à elle.

-Je vois…Vous ne savez pas vous-mêmes…L’ignorance est décidemment moteur de bien des maux…Soupira la jeune fille.


https://www.youtube.com/watch?v=qF9PC4tL-TI


Mais, alors que nos deux attaques faisaient trembler terre et cieux, un éclair de lumière illumina le ciel. Aussitôt, nous arrêtâmes nos attaques, tout le deux aussi surpris par cet événement et Saya lâcha un cri de stupeur.

Au-dessus de nos têtes, exactement comme au pandémonium, une auréole immense venait d’apparaitre…Et de cette auréole…Surgissaient des milliers de monstres qui nous encerclèrent et nous prirent au piège.

Asuna jura.

-Vous voyez, à force de vouloir protéger tout le monde et par votre faute, Fuji Makoto a réussi à s’échapper ! S’écria-t-elle, folle de rage. Et cette auréole dans le ciel…Signifie qu’il s’est emparé du pouvoir du sanctuaire également…

-Comment ça ? Tu veux dire que…Commença Saya avant de s’arrêter, comprenant la situation.

-Dégagez ; déclara gravement la jeune fille. Vous avez fait assez de dégâts comme ça.

-Mais…

-Je vous ai dit de ficher le camp ! Répéta-t-elle en tirant un rayon de lumière sur nous. Ce combat n’est pas le vôtre ! C’est à moi de vaincre Fuji Makoto, c’est ma responsabilité ! Préoccupez-vous plutôt de ce qu’il va arriver à Laura, je ne suis pas la seule à vouloir sa peau pour le compte d’Armageddon !

En entendant cela, mon sang ne fit qu’un tour et je tournai la tête vers Saya qui comprit aussitôt ce que cet avertissement signifiait.

-Désolés…Murmurai-je en prenant mon envol aux côtés de Saya.

-Il est trop tard pour s’excuser…Rejoignez plutôt la citadelle des dieux avant que Laura ne se fasse tuer.

Alors que je nous nous éloignions d’Asuna, je vis cette dernière relâcher entièrement son pouvoir, repoussant à elle seule une centaine de monstres avant de disparaitre de mon champ de vision.

-Bonne chance…Asuna…






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le bon temps…

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[Fic]L'achèvement du Destin posté le [25/05/2018] à 20:09

Chapitre 29 : Briser le cycle



Spoiler :



https://www.youtube.com/watch?v=pjLekG0YJZM


Je tranchai la tête d’un monstre hideux avant de tirer un puissant rayon gelé à travers son corps défunt pour transpercer la nuée d’horreur qui venait derrière lui. Je profitai de l’instant de répit donné par cette contre-attaque pour déployer les ailes de Trishula et je m’envolais haut dans le ciel.

Là, je fus immédiatement encerclée par une nouvelle vague de monstres ailés mais le souffle sombre de Darkness Shadow repoussa aisément l’attaque.

Ainsi, je concentrai mon énergie au fond de moi et relâchai une onde glacée sur toutes les créatures encore au sol, transformant ces insectes agaçants en fragiles statues de glace en moins d’une seconde.

Cependant, à peine les eussé-je détruits que de nouveaux surgirent de l’auréole dorée trônant dans le ciel, toujours plus nombreux, toujours plus gros, toujours plus hideux.

Je reculai devant ce nouvel assaut et me retrouvai dos à dos avec mon père.

Nous nous échangeâmes un rapide regard complice avant de déchainer nos pouvoirs. Ma nouvelle attaque immobilisa nos ennemis, entravant leurs ailes dans la glace. Mon père, d’un simple mouvement de la main, projeta une lame sombre tout autour de nous. Les monstres explosèrent aussitôt à son contact mais furent rapidement remplacés.

Je grimaçai. Ce défilé n’avait-il donc pas de fin ?

Cette auréole était apparue sans prévenir dans le ciel quelques minutes plus tôt et une armada de monstres nous étaient tombés dessus sans crier gare. En voyant cela, June s’était mise en tête de partir à la recherche d’Angéla pour ne pas la laisser seule et Aymeric l’avait suivie. Quant à nous, nous couvrions leur fuite, attirant les monstres sur nous…

Au début, cela m’avait paru une bonne idée, connaissant la puissance de mon père…Mais c’était comme lutter avec un essaim d’abeilles. Plus nous en tuions, et plus il en revenait et je commençais sérieusement à en avoir assez.

Décidant de ne plus retenir mes coups, j’activai la fusion parfaite. Tout mon corps se couvrit d’une armure bleutée et sur mon front apparut un diadème de glace incrusté d’un joyau d’or, symbole de la puissance de Trishula. Mes cheveux perdirent également leur couleur, passant du châtain foncé au blanc éclatant.

Mon père me lança un sourire amusé en voyant cela.

-Décidément, tu me surprendras toujours Laura ; rit-il légèrement.

-Occupe-toi plutôt de ces horreurs au lieu de me faire des compliments, papa ; rétorquai-je en dégageant d’un coup de pied un monstre s’étant approché un peu trop près de lui.

Mon père ferma les yeux un instant et fut alors entouré d’une sinistre aura noire. Un instant plus tard, une rafale de flammes noires dévasta les rangs de nos ennemis tandis que Darkness Shadow émergea de la masse informe dans un tourbillon de feu.

Je ne pus m’empêcher de sourire à mon tour. Mon père n’avait pas changé finalement. Il aimait toujours autant rendre les choses inutilement impressionnantes.

Cependant, cette simple démonstration de force suffit à le faire grimacer de douleur. Evidemment…Il venait de sortir d’un combat difficile…Et ce n’était pas quelques heures de sommeil qui allaient suffire à le remettre sur pieds.

Apparemment, cette fois-ci, c’était à moi de sauver mon père de ce bourbier.

Sans le prévenir, j’activai le cristal qui se trouvait sur ma poitrine et la température chuta drastiquement, passant sous la barre des zéros degrés. Les gouttelettes d’eau contenue dans l’air gelèrent aussitôt et je les rassemblai tout autour de nous en une véritable tornade de glace.

Quelques monstres tentèrent de passer au travers mais leurs attaques furent absorbées par le tourbillon et se mélangèrent aux éclats de glace.

Utilisant cela à mon avantage, j’écartai brusquement les bras et projetai mes cristaux, ainsi que tout ce qui se trouvait piégé dans la tornade, directement sur nos ennemis. Ceux-ci furent transpercés de toutes parts, comme assaillis d’un milliard de minuscules flèches.

Les monstres au sol ne furent pas en reste. Une fois les horreurs ailées détruites, je redirigeai les éclats restants vers eux. Les pauvres créatures, entassées comme elles étaient, ne purent s’enfuir et furent frappées par cette attaque mortelle.

Mais je n’en restai pas là. Je pris une grande inspiration et, levant la tête vers l’auréole, je crachai une vague de froid intense dans cette direction. Une épaisse couche de glace de plusieurs mètres d’épaisseur se forma alors sous l’immense cercle et je vis de nombreux monstres rebondir sur ce mur invisible, incapables de le traverser.

-Cela devrait les occuper un bon moment ; déclarai-je, à bout de souffle. Trouvons un endroit où nous reposer quelques temps.


https://www.youtube.com/watch?v=rIwl2cDwStw


Mon père n’eut aucune objection et, à bout de forces, il fit disparaitre son dragon. Nous décidâmes de concert de continuer à pieds afin de profiter du camouflage des arbres pour nous couvrir.

Lorsque nous posâmes les pieds au sol, nous constatâmes cependant l’horrible réalité et l’étendue des dégâts. Partout, des carcasses de monstres à moitié congelés s’entassaient les unes sur les autres.

Ne pouvant supporter ce spectacle, je décidai de recouvrir le tout d’un immense tapis de glace sur lequel nous continuâmes notre route.

Mon père était très affaibli et tenait à peine debout. C’est pourquoi, je marchai devant, à l’affut du moindre mouvement, du moindre bruit, de la moindre odeur. Je voulais à tout prix éviter davantage de combats.

Plusieurs fois, j’arrêtai mon père et nous dissimulai derrière un léger brouillard qui masquait notre présence aux monstres trop stupides. Quant aux rares ennemis arrivant à nous déceler derrière ce rideau, je les attaquai par surprise, surgissant du brouillard et les tuant du tranchant de ma lame.

Je tentai d’en interroger quelques-uns pour comprendre l’origine de cette attaque soudaine mais je n’obtins aucune réponse. Ces monstres ne semblaient même pas posséder de réelle conscience. Ils étaient comme tous ces hologrammes, de simples machines à se battre dénuées d’âme.

Nous marchâmes ainsi une bonne heure avant de retrouver enfin les ruines de la cité du sanctuaire. Cette dernière, déjà dans un sale état lorsque nous l’avions quittée, n’était plus qu’un simple amas de pierres et de bois carbonisé désormais.

Dans les restes de ce qui était quelques jours plus tôt de belles rues pavées, déambulaient de nombreux monstres semblables à ceux que nous combattions, à la recherche de survivants. Cependant, ils arrivaient trop tard. Les Qliphorts étaient déjà passés par là avant eux.

Ne cherchant pas à en savoir plus, je tirai un puissant rayon dans toute la ville, ce que j’aurais dû faire depuis longtemps déjà. Ainsi, un linceul blanc s’abattit sur les ruines de la capitale, la figeant dans le temps et dans la glace.

Lentement, une fine neige se mit à tomber tandis que les bruits de pas des monstres s’estompèrent pour faire place à un silence de mort. J’avais vraiment l’impression d’avoir en face de moi l’image de la fin du monde des esprits…Ce dont nous n’étions certainement pas loin en réalité…

Je chassai ces pensées de ma tête. Je devais me concentrer sur notre survie et sur un moyen de rejoindre les autres au plus vite.

Je fis signe à mon père que la voie était libre et ensemble, nous nous engageâmes dans ce dédale de glace. Malheureusement, comme je le craignais, il n’y avait plus aucun bâtiment debout. Même l’auberge dans laquelle logeait Angéla et les autres avait fini par rendre l’âme.

Néanmoins, je n’en étais plus à un stade où j’étais en mesure de faire la fine bouche et je finis par construire moi-même un abri de glace, comme je l’avais fait pour Angéla.

Ce n’était pas des plus discrets, mais je fis de mon mieux pour le camoufler au milieu d’un tas de neige pour qu’il se fonde dans le décor.


https://www.youtube.com/watch?v=VE51Xz9XD1I


Je m’assis dans un coin, près de mon père, et nous restâmes ainsi sans nous dire un mot, pendant de longues minutes. Pendant ce temps de répits, je me mis à réfléchir aux derniers événements.

En l’espace de quelques jours, les Qliphorts avaient détruits le sanctuaire, Asuna avait tenté de me tuer, des Infernoids avaient tenté de me tuer, Gariatron avait abandonné la partie, mon père était revenu et ce déluge de monstres nous était tombé dessus…

Et encore, ce n’était qu’une infime partie. J’avais l’impression que cela faisait une éternité que je n’avais pas revu Darksky et les autres alors que, dans les faits, cela ne faisait que quatre jours.

Je me demandais comment ils allaient…S’ils avaient réussi à échapper à ce chaos ou si, comme moi, ils se battaient sans relâche…

C’était étrange. J’avais l’impression d’être de retour plusieurs années en arrière, à tenter d’échapper à quelque chose qui me dépassait. Cependant, il y avait une différence. J’avais un objectif cette fois-ci. Je voulais sauver mon frère des griffes d’Armageddon et j’étais prête à tout pour cela.

Notre famille avait été déchirée par le passé par ma faute, parce qu’Hélios voulait ma peau. Mais à présent, je comptais bien recoller les morceaux qui restaient.

Mon père était déjà revenu à la raison. Il ne manquait plus qu’Arthur qui pouvait encore être sauvé. Je m’accrochais à cette infime lueur d’espoir qui brillait dans cet océan de ténèbres qu’était le destin dans lequel j’avançais.

Soudain, j’entendis un bruit à l’extérieur et je sursautai. Mon père leva lentement la tête mais je lui fis signe de ne pas bouger et allais vérifier par moi-même. Heureusement, il ne s’agissait pas d’un monstre mais simplement d’un coup de vent ayant fait s’écrouler un pan de mur au loin.

Lorsque je retournai m’asseoir, mon père me sourit légèrement.

-Tu as changé Laura…Tu es devenue une vraie femme désormais…

-Tu trouves ? Je ne vois pas ce qui te fait dire ça papa…Soupirai-je.

-Instinct paternel, tu peux me faire confiance ma fille ; me répondit-il d’un air confiant.

Je ne pus m’empêcher de pouffer en entendant cela et je fus obligée de cacher mes gloussements derrière ma manche mais mon père, s’en apercevant, haussa les sourcils, étonné.

J’inspirai un bon coup pour me calmer et je ramenai mes jambes entre mes bras puis posai mon menton sur mes genoux, sans effacer le sourire qui s’était dessiné sur mon visage.

-Je voulais simplement ne pas peser sur les épaules de Darksky ; finis-je par avouer. Il est toujours du genre à s’inquiéter, alors j’ai tenté de prendre mon indépendance on va dire.

Mon père s’amusa de ma déclaration.

-Tu sais déjà la même chose avec Arthur à l’époque je me rappelle ; rit-il d’un ton léger. Lui qui avait pour habitude de toujours vouloir te protéger en tant que grand frère, tu voulais lui prouver que tu n’avais pas besoin de lui si je me souviens bien.

-Oui, c’est vrai ; rigolai-je en me remémorant ces moments. Il faut croire que je n’aime pas être couvée ; continuai-je en haussant les épaules.

-Au moins, c’est quelque chose que tu ne pourras pas me reprocher plus tard. Je t’ai laissée entièrement libre de tes mouvements ces deux dernières années ; ironisa mon père.

-En effet, tu marques un point papa.

Nous rîmes tous les deux de bon cœur. A ce moment-là, quelque chose se ralluma en moi. J’avais l’impression d’être ramenée six ans en arrière, quand je passais encore du bon temps avec ma famille, sans me soucier de la fin du monde ni même du lendemain.

Inconsciemment, j’en avais voulu à mon père pendant toutes ces années et j’avais fini par oublier ces moments banals et innocents que nous passions, ma mère, mon père, Arthur et moi, certains soirs après les cours ou en vacances.

Soudain, les yeux de mon père se couvrirent d’un voile de tristesse et il soupira.

-En fait…cela faisait longtemps que j’aurais dû te le dire…Mais excuse-moi de t’avoir embarquée dans toutes ces histoires, Laura ; déclara-t-il d’une voix lasse et fatiguée.

-Pourquoi est-ce que tu t’excuses ? M’étonnai-je. Ce n’est pas de ta faute si Sayer nous est tombé dessus quand même !

-Ce n’est pas de cela que je parle…

Mon père se crispa et serra le poing avant de détourner le regard.

-Tu as fait des rêves où tu mourrais, n’est-ce pas, Laura ? Lança-t-il soudain d’une voix brisée.

-Oui…Et Darksky aussi ; avouai-je, frissonnant rien qu’en y repensant.

-Ces rêves…Ne sont pas des rêves…

-Co…Comment ?! M’étranglai-je en me relevant en sursaut.


https://www.youtube.com/watch?v=tQaDNNbXMxA


Mon père ne répondit pas tout de suite et me laissa dans l’incompréhension pendant de longues secondes, le cœur battant la chamade. Puis, sans me prévenir, il m’enlaça dans ses bras dans un geste protecteur et bienveillant que je n’avais pas senti depuis une éternité.

-Laura…Promets-moi que, quoiqu’il arrive, tu continueras à vivre ! S’exclama mon père.

-E…Evidemment…Je ne vais pas mourir ni me suicider…Mais pourquoi dis-tu ça maintenant ?

-Promets-le-moi, Laura…Reprit-il, au bord des larmes.

-Je…Je te le promets…Papa…Bégayai-je, déconcertée par son attitude. Mais pourquoi ?

Mon père relâcha légèrement son étreinte et, me prenant par les épaules, plongea son regard sombre dans le mien.

-Parce que, tes rêves sont la réalité.

Je m’étranglai et je fis un pas en arrière, me libérant de l’emprise de mon père, interdite. Cependant, il ne me laissa pas longtemps dans l’incompréhension et enchaina aussitôt après avoir pris une grande inspiration.

-Ils sont une réalité alternative, Laura, une réalité qui aurait dû se produire lors de la guerre contre les démons. A ce moment-là, Zorc aurait dû te tuer…

-Mais…Mais c’est ridicule ! Je suis bien vivante, tu le vois bien !

Mon père secoua la tête d’un air triste avant de reprendre.

-Iori t’a sauvée mais elle a aussi mis le monde en péril…

-Je…Je ne comprends pas…Quel est le rapport ? Déclarai-je d’une voix presque éteinte tant ma gorge était nouée par la surprise et la peur.

-Iori a remonté le temps afin de te sauver de l’emprise du destin. Dans le futur, il n’y a ni guerre contre Armageddon, ni fusion avec le monde des esprits. Cependant, ses voyages temporels successifs ont fini par créer une brèche dans l’espace-temps. C’est pourquoi, nous nous retrouvons dans cette situation. Cette brèche ne fait pas seulement fusionner le monde des esprits et celui des humains…Mais des milliers de réalités entre elles. C’est de là que viennent tes rêves, Laura.

-Attends…Tu es en train de dire…que je suis peut-être…La cause de la fin du monde ? M’étranglai-je.

Mon père ne répondit rien et se contenta de baisser la tête. Dans ma poitrine, mon cœur battait à tout rompre, mon sang bouillonnait dans mes veines, tous mon corps tremblait comme une feuille et la peur m’envahissait.

Une goutte de sueur perla de mon front lorsque je réalisai l’étendue des dégats provoqués par ma faute…

Néanmoins, je refusai d’en rester là et je finis par demander.

-Papa…Dis-moi…Est-ce que…Ma mort résoudrait les problèmes ? Est-ce pour cela qu’Armageddon désire me tuer ? Finis-je par demander d’une petite voix.

-NON ! S’écria-t-il tout à coup, comme devenu fou.

Je sursautai et, se rendant compte de sa réaction, mon père se reprit.

-Dans les faits, oui, ta mort permettrait à Armageddon de reprendre le contrôle du destin…Mais ce ne serait que partie remise. Ce cycle recommencerait encore et encore et serait à chaque fois pire que le précédent…

-Dans ce cas…Que devons-nous faire ? Que dois-je faire pour mettre un terme à cela ? C’est mon devoir puisque j’en suis la cause !

-Tu n’as rien à faire de plus, Laura. Nous devons vaincre Armageddon pour l’empêcher de reproduire ce cycle et détruire le monde des esprits.

-Dé…Détruire le monde des esprits ? Couinai-je, effrayée.

-Ne t’inquiète pas, Laura. Les esprits de duel vivront…Du moins, c’est ce que Gariatron essayait de négocier en terre des Seigneurs…Il tentait d’obtenir l’asile pour tous les esprits le temps de reconstruire une nouvelle terre…

-N’y a-t-il…Aucun autre moyen ?

-J’ai longtemps cherché…Mais non. Lorsqu’un Astéroïde fonce sur la terre, la seule option est de le détruire, même s’il est habité. Mais surtout, je ne laisserai pas ce cycle recommencer…

Les yeux de mon père, une seconde plus tôt éteint et fatigués, reprirent de leur éclat et brillèrent d’une lueur nouvelle.

-Iori m’a décrit le futur…Même s’il est en paix, il est à l’opposé de celui dont je rêve pour toi et Arthur. Je me suis juré de vous protéger et j’ai échoué…mais cette fois-ci…

J’interrompis mon père en baissant à mon tour les yeux et en souriant tristement. Je secouai la tête négativement puis je lâchai un soupir.

-Sérieusement…papa…tu ne changeras jamais ; m’amusai-je. Mais tu sais, je n’ai pas besoin d’être protégée. Tu l’as dit toi-même, je ne suis plus une enfant. Si jamais je dois mourir pour assurer un futur, ne serait-ce qu’à Darksky, alors je suis prête à le faire.

-Mais…Laura….Tu…

-Papa ; repris-je d’une voix plus ferme. Je t’ai promis de vivre alors, moi aussi, je veux que tu me promettes quelque chose : sauve ce monde avant de me sauver moi.

-Tu ne m’as pas écouté Laura ! S’étrangla mon père. Si tu meurs une fois de plus, Iori sera obligée de retourner à nouveau dans le passé et les choses seront de pire en pire !

-J’en ai bien conscience ; continuai-je à voix basse. Mais…Si tu laisses ce monde être détruit…Il n’y aura plus de retour en arrière possible…Alors, quitte à vouloir me sauver, fais en sorte que Iori ait une nouvelle chance….

Je pris une grande inspiration, tremblant déjà à l’idée de ce que j’allais dire mais la situation ne me permettait plus d’hésiter ni de jouer les héroïnes sauvant tout le monde.

-Si tu vois que ce monde ne peut plus être sauvé, je veux que tu prennes ma vie, Papa.

Mon père s’étrangla en entendant cela mais je ne me laissai pas démonter. Mon visage se détendit et je lui souris du mieux que je le pus.

-Tu le dis toi-même, papa. C’est parce que je suis tuée que je peux être sauvée. Alors, s’il te plait, sauve-moi, sauve ce monde, et laisse-le reste à Iori. Je suis certaine qu’elle saura quoi faire.

Au même moment, la terre trembla et ébranla notre abri, comme si une météorite était tombée à côté. Il ne m’en fallut plus pour comprendre que nos instants de répit étaient terminés, de même que cette discussion.

Mon père ne répondit rien et se contenta de serrer le poing puis me tourna le dos avant de prendre la direction de la sortie.

-Nous en reparlerons plus tard, Laura ; déclara-t-il d’une voix autoritaire. Pour le moment, ma priorité est d’utiliser tous les moyens dont je dispose afin de remporter ce combat.

-Mais Papa !

Mon père m’ignora et sortit de notre abri de glace, me laissant seule à l’intérieur. Rapidement, les explosions reprirent mais je restai sur place, incapable de faire le moindre mouvement.

Je savais que mon père disait vrai. Il n’était pas du genre à se bercer d’illusion…plus maintenant en tout cas. C’est pourquoi, je savais que ma mort n’était en rien une solution. Cependant, si cela permettait à Iori de remettre les pendules à zéro, j’étais prête à faire ce sacrifice.

Cependant, comme mon père le disait, le futur qu’elle aurait à affronter dans ce cas serait surement bien pire que celui-ci, c’est pourquoi, je gardais cette option uniquement en dernier recours. Pour le moment, je devais me concentrer sur mon objectif qu’était le sauvetage d’Arthur.

Je me répétai cela plusieurs fois dans ma tête pour me convaincre moi-même que je ne faisais pas d’erreur puis, activant mes pouvoirs, je sortis à mon tour de mon abri.


https://www.youtube.com/watch?v=8zj0eWxRYU4


Cependant, ce que je vis à ce moment-là me laissa tellement interloquée que tous mes pouvoirs disparurent d’un seul coup.

Devant moi, mon père faisait face à Satoshi, mais également…Marie…

Lorsque la sœur de Darksky me vit, elle me lança un grand sourire et me fit signe de les rejoindre.

-Est-ce que vous êtes sûr de vous, Shadow ? Déclara Satoshi froidement.

-Tant que vous respectez vos engagements, je respecterai les miens.

-Ma loyauté va à mon monde avant d’aller à Armageddon. Je n’ai aucune raison de vous trahir si vous vous battez dans ce même but, Shadow.

Lentement, je me rapprochai de la jeune fille qui s’amusait visiblement de mon incompréhension.

-On dirait que les cartes ont été redistribuées ; lança-t-elle joyeusement, comme s’il ne s’agissait que d’un jeu.

-Qu’est-ce que tu veux dire ? Et que fais-tu avec…

-Je ne suis qu’observatrice, ne t’inquiète pas, Laura ; continua-t-elle d’une voix légère. Et tu viens de rater la proposition d’alliance de ton père à Satoshi !

-C…Comment cela ? Bégayai-je, interdite.

-Et bien, ton père a simplement demandé de l’aide à Satoshi pour vaincre Fuji Makoto et en échange de quoi, il oublie son allégeance à Armageddon le temps d’une bataille ; me répondit mon amie en haussant les épaules.

-Et…Il a accepté ?

-Plus ou moins. Ton père leur a promis de faire entrer Gariatron dans cette alliance. Je lui souhaite bonne chance !

-Toi…tu es toujours aussi nonchalante…Grimaçai-je.

-Je me tiens en dehors des problèmes, nuance ; s’amusa la sœur de Darksky. Par contre, même si Satoshi veut bien se joindre à vous, cela ne vaut que pour lui si tu vois ce que je veux dire.

-Je resterai sur mes gardes, ne t’inquiète pas Marie.


https://www.youtube.com/watch?v=tx0fKrf5Wr8


La jeune fille se contenta de me sourire comme elle le faisait toujours et nous recentrâmes notre attention sur Satoshi et mon père.

-Alors, je vous écoute, quel est votre plan pour arrêter ce désastre ? Enchaina le jumeau en croisant les bras sur son torse.

-Selon Iori, le pouvoir des démons, combiné à celui d’Armageddon serait suffisant pour rivaliser avec celui du monde des esprits lui-même ; répondit mon père d’une voix grave. Actuellement, Fuji Makoto aurait récupéré la source d’énergie du Pandémonium et viendrait de s’emparer de celle du sanctuaire.

-Angéla nous a gêné dans nos recherches, oui, et nous avons été trop lents ; grimaça le garçon.

-Cependant, s’il réussit à atteindre le noyau du monde des esprits et à fusionner avec lui, il deviendra inarrêtable en nous privant de tous nos pouvoirs.

-Je vois…mais votre but n’est pas de l’arrêter avant, sinon vous ne nous auriez pas demandé d’aide…n’est-ce pas ? Demanda Satoshi, sceptique.

-En effet. Je compte le laisser fusionner avec ce monde, comme il le désire.

-Co…Comment ? M’étranglai-je, interdite. Mais tu viens de dire qu’il sera inarrêtable Papa !

-Oui, dans les faits, il le sera. Mais c’est là qu’entre en scène le pouvoir d’Armageddon.

-Vous voulez que nous le transportions en dehors du temps au moment où il fusionnera…N’est-ce pas ? Murmura notre ennemi. Vous savez que c’est de la folie, j’espère que vous en avez conscience ?

-Iori le sait mais je lui fais confiance. L’affronter avant ne garantit aucune chance de victoire, le laisser aller jusqu’au bout serait du suicide. Nous devons agir dans l’intervalle de temps où nous pouvons le détruire lui, ainsi que le monde des esprits.

-Je ne suis pas convaincue par ce plan ; grommelai-je. Cela me parait beaucoup trop simple. Autant le faire dès maintenant si vous en êtes capable.

-Malheureusement, nous avons besoin de Fuji Makoto pour trouver ce noyau à présent ; objecta Satoshi. La clé était l’union du pandémonium et du sanctuaire. Et puisque nous avons échoué, nous n’avons pas d’autre choix que de le laisser faire si nous voulons supprimer la menace que représente le monde des esprits.

Je serrai les dents. Je n’aimais vraiment pas ce plan. Je ne pouvais pas dire pourquoi mais j’avais l’impression que Satoshi et mon père oubliaient un paramètre essentiel dans leur équation…Mais j’étais incapable de déterminer de quoi il s’agissait.

Cependant, cette alliance ne me déplaisait pas car elle me permettait, indirectement, de m’approcher d’Arthur l’espace de quelque temps. Même si notre trêve n’était valable qu’avec Satoshi comme le faisait remarquer Marie, j’étais persuadée que, grâce au jumeau, j’allais être en mesure de le raisonner…ou au moins d’avoir une vraie discussion avec lui.

Aveuglée par cette possibilité, je finis par ignorer mon mauvais pressentiment et je n’eus aucune autre objection.

-Bien, voici le plan ; reprit mon père. Dans un premier temps, Iori est partie à la recherche de Gariatron afin de le convaincre. Dès qu’elle l’aura trouvé, j’irai la rejoindre. De ton côté, Satoshi, surveille l’activité de Fuji Makoto et utilise les Qliphort afin de nous défendre en cas d’attaque jusqu’à mon retour.

-Compris.

-Marie, je veux que tu ailles prévenir Hélios et les démons que nous avons trouvé un arrangement temporaire. Je ne voudrais pas que nous ayons des conflits internes.

-Vous êtes au courant que la moitié de notre groupe est opposée à la destruction du monde des esprits ? Railla la sœur de Darksky.

-Ne leur parle pas de cela. Evoque uniquement l’arrestation de Fuji Makoto, cela devrait les convaincre…Du moins, j’espère

-C’est fourbe, mais ce n’est pas un mensonge ; s’amusa-t-elle en se mettant au garde à vous avec un large sourire.

-Et moi ? M’étonnai-je en me voyant exclue du plan.

Mon père grimaça et marqua un temps d’arrêt avant de me répondre.

-Iori…Ne t’a pas inclue dans le plan au moment où nous l’avons élaboré parce que j’étais contre…Mais tu ne resteras pas tranquillement dans ton coin, n’est-ce pas ?

-Tu me connais bien.

-Dans ce cas, viens avec moi. Quitte à te mettre en danger, je préfère que tu restes à mes côtés.

-Je t’ai déjà dit que je pouvais me défendre seule ; soupirai-je.

Je n’aimais pas que mon père continue à me surprotéger de la sorte, mais en même temps, j’étais heureuse de pouvoir agir à ses côtés à nouveau. La dernière fois que nous avions réellement combattu côte à côte, c’était pour accomplir nos vengeances respectives, c’est pourquoi, je voulais profiter de cette occasion pour effacer ces mauvais moments passés à répandre la haine et me battre avec lui pour une cause juste cette fois-ci.

-Bien, puisque nous sommes d’accord…

Satoshi s’arrêta net dans sa phrase et claqua des doigts. La terre se mit à trembler et un vent violent se leva tandis qu’ombre ombre gigantesque passa au-dessus de nos têtes. Lorsque je levai les yeux, le ciel était caché par une immense masse noire de plusieurs kilomètres de diamètre ressemblant à une véritable ville flottante. Tout autour, plusieurs vaisseaux, plus petits mais tout aussi effrayants, lévitaient, comme une avant-garde protégeant cette forteresse dorée.

Je tressaillis devant cette carcasse de métal digne des plus grands films de science-fiction. J’étais tout à coup bien contente de ne pas être obligée d’affronter cette chose dans l’immédiat et je me demandais comment les autres avaient pu tenir, ne serait-ce qu’une minute face à ça…

Un faisceau de lumière descendit jusqu’au sol et Satoshi se dirigea vers lui d’une démarche lente. Lorsqu’il entra dedans, son corps s’éleva lentement et rapidement, il fut aspiré à l’intérieur du vaisseau.

Puis Marie, après nous avoir fait un clin d’œil, nous tourna le dos et invoqua Leyvaten pour sauter sur son dos et s’envoler à son tour en direction de la forteresse des démons.

Il ne restait donc plus que mon père et moi. Je n’avais strictement aucune idée d’où trouver le démon mais lui, ne semblait pas se faire de soucis.

-Bon, maintenant, Laura, écoute-moi bien ; déclara-t-il gravement. En tant que commanditaire de cette opération, si tu désires y participer, alors tu devras suivre mes consignes à la lettre. Donc si je te dis de ne pas intervenir, n’interviens pas. Pareil si je te dis de fuir, n’hésite pas, est-ce que je me suis bien fait comprendre.

-Tu essaies simplement de m’écarter, une fois de plus, je me trompe ?

-S’il te plait, ne fais l’enfant. Il s’agit du plan de Iori, pas du mien. Un seul faux pas et nous sommes tous morts, j’espère que tu t’en rends compte ?

-Dois-je te rappeler qui était ton ancienne seconde ? Raillai-je en croisant les bras sur ma poitrine, vexée. Je sais très bien ce que tu essaies de faire et je sais aussi que tu me sous-estimes, papa !

-J’ai déjà assez sous-estimé la dangerosité de ce Fuji Makoto en le prenant pour un simple fou mais c’est parce que j’ai ignoré sa présence dans mes plans qu’il est devenu si dangereux désormais.

-Et tu es en train de refaire la même erreur avec moi ! Répliquai-je en élevant la voix. Je peux me battre, je suis certaine que je te tiens tête même, alors arrête de vouloir me protéger ! C’est lorsque je ne combats pas que je suis une cible facile, pas l’inverse, je l’ai bien appris pendant mon exil !

-Tu ne me facilites vraiment pas la tâche, tu le sais ? Soupira mon père en se grattant le crane. Mais je suis sérieux quand je parle de suivre mes ordres à la lettre.

-Oui, je sais mais…Je ne veux pas être simplement celle que l’on doit sauver…Je ne veux pas être prise en pitié…et surtout pas par mon propre père…

-Laura…Tu dois te mettre en tête que nous ne sommes pas des guerriers. Une fois que toutes ces histoires seront terminées, nos vies redeviendront normales. Je sais que tu es forte mais, aussi forte sois-tu, tu es encore sous ma responsabilité…Alors s’il te plait…ne rends pas les choses plus difficiles qu’elles ne le sont déjà pour moi…Je sais que j’ai été le pire des pères pendant ces dernières années mais je veux moi aussi te montrer que je ne suis pas un incapable.

Je finis par soupirer, vaincue par ce dernier argument, me rendant compte que, tout ce que je reprochai à mon père était en partie de ma faute également. Je n’étais pas en droit de refuser sa protection après l’avoir blâmé de m’avoir abandonnée à mon propre sort.

-Très bien…Tu as gagné, Papa, je ferai ce que tu me diras, même si je dois fuir, mais seulement si, toi aussi, tu me laisses une chance de te montrer celle que je suis devenue.

-Nous verrons cela sur le moment. Nous avons déjà perdu assez de temps. Iori doit déjà être sur place.

Sur ces mots, mon père leva le bras devant lui et ouvrit un portail comparable à ceux qu’utilisait Hélios pour se déplacer entre les dimensions. Je ne bougeai pas immédiatement, ne sachant toujours pas si j’avais réellement réussi à convaincre mon père moi aussi.

Mais, avant de rentrer à l’intérieur, il s’arrêta et se tourna vers moi pour me tendre la main avec un sourire chaleureux. Je lui rendis donc son sourire et attrapai sa main pour m’engouffrer avec lui dans ce portail devant nous mener tout droit à Gariatron.

Cette fois-ci, nous allions le convaincre et cette guerre allait prendre un tournant radical. Avec mon père, Gariatron et Satoshi dans notre camp, nous ne pouvions que réussir.






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le bon temps…

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[Fic]L'achèvement du Destin posté le [03/06/2018] à 16:15

Chapitre 30 : Iori, Dark Requiem



Spoiler :



https://www.youtube.com/watch?v=n01q7X16uzs

J’avais fait tout mon possible pour sauver Laura de la mort. A maintes reprises, j’avais échoué. Je revoyais cette Bad end se rejouer devant mes yeux, encore et encore et moi, tout ce que je pouvais faire, c’était de lancer une nouvelle partie. Je ne demandais pourtant pas grand-chose. Je voulais uniquement redonner le sourire à mon père mais le destin le lui avait pris, plus de vingt ans avant ma naissance, et ne lui avais jamais rendu.

Lentement, j’avais dérivé parmi les lignes d’univers, me rapprochant à chaque fois un peu plus de mon but sans jamais l’atteindre. Cependant, je ne me rendais compte que maintenant des conséquences de mes actes.

A chaque saut temporel, j’avais déchiré l’espace-temps déjà fragile, causant des dommages irréversibles et à une échelle qui me dépassait. A présent, je ne me battais plus simplement pour préserver la vie de Laura…Mais pour préserver la réalité du futur.

De plus, je m’étais fait une promesse. Cette fois-ci allait être la dernière. Si j’échouais à sauver Laura, alors j’étais prête à accepter ma défaite. Je ne pouvais plus continuer ainsi, à mettre en péril l’équilibre du monde pour un désir égoïste.

Cependant, cela ne signifiait pas que j’allais abandonner ma lutte. Au contraire, j’étais d’autant plus déterminée en sachant que je n’aurais pas d’autre chance.

J’avais d’abord pris contact avec Shadow grâce au pouvoir qu’il m’avait confié dans le futur. Je lui avais expliqué ce qui l’attendait et il n’avait pas été dur à convaincre. Après cela, j’avais été obligée de révéler à Nagisa mes plans pour qu’elle enquête avec Sunohara sur l’entrée du cœur du monde des esprits. Quant aux autres, je les avais tenus volontairement à l’écart de mes projets, préférant ne pas ébruiter la véritable raison de ma présence…

Enfin…C’était ce que j’aurais voulu faire mais j’étais persuadée que ma mère avait deviné mes plans. Je connaissais très bien le regard qu’elle avait en me parlant. C’était le même regard qu’elle me lançait lorsque j’étais enfant pour me faire avouer mes bêtises…

Mon père, lui, avait pressenti la menace planant sur Laura et avait exigé que je l’entraine mais j’avais tout fait pour le tenir à l’écart. Je ne voulais pas l’inquiéter en lui prédisant une catastrophe que j’allais empêcher.

Mais, pour le moment, ma priorité était autre que de simplement cacher mon identité. Je venais de sortir Shadow d’une mort certaine alors qu’il s’était attaqué directement à la forteresse d’Armageddon et une fois de plus, nous avions élaboré un nouveau plan tous les deux devant l’ampleur des dégâts.

Pendant qu’il devait rallier Armageddon, ou du moins ses servants à notre cause, mon rôle était de trouver Gariatron pour faire de même. Cela aurait dû nous permettre, dans un premier temps, d’éliminer cette menace nommée Fuji Makoto mais surtout de récupérer quelques informations sur Armageddon lui-même.

Je n’étais pas certaine que la deuxième partie du plan allait fonctionner mais je faisais confiance à Shadow. Après tout, cela faisait maintenant plus de quatre-vingts ans qu’il m’aidait.


https://www.youtube.com/watch?v=cDQ_7gSnxeo


Je volais depuis plusieurs heures au-dessus du monde des esprits, dévasté par les passages successifs des Qliphorts et de l’armée de Fuji Makoto. De temps à autre, lorsque je voyais quelques esprits encore vivant, je leur venais en aide grâce aux pouvoirs des démons, mais je ne m’attardai jamais plus de cinq minutes à un même endroit.

Je savais exactement où Gariatron se trouvait. Le pouvoir qui lui appartenait coulait dans mes veines après tout.

C’est ainsi que je finis par arriver au croisement des quatre continents du monde des esprits, une terre naturellement dévastée et en ruines mais qui semblait avoir échappé aux différentes attaques…enfin, en quelque sorte.

Dans un rayon de plusieurs kilomètres, il n’y avait aucune trace de combat, mais tout autour, des cadavres d’esprits gisaient au sol, à moitié carbonisés.

Au centre de ce cercle, se trouvait un homme, seul, portant une longue cape noire recouvrant entièrement son corps. Ses cheveux étaient longs et en bataille et son visage carré.


https://www.youtube.com/watch?v=8zj0eWxRYU4


Dès que je m’approchai de lui, mon propre corps se mit à réagir et fut entouré d’une sinistre aura violette.

L’homme dut le remarquer car il leva la tête vers moi et j’atterris juste devant lui, soulevant un épais nuage de poussière puis je lui fis face.

Son regard était vide et une énorme balafre traversait son visage de part en part. Si je me concentrai suffisamment, je pouvais apercevoir comme de minuscules écailles recouvrir sa peau pâle et inhumaine.

Le démon devait mesurer près de deux mètres et possédait une carrure imposante, tellement large que, même en écartant les bras, je n’étais pas certaine de rivaliser.

Pendant de longues secondes, nous ne nous dîmes rien, nous dévisageant ainsi froidement. Il n’y avait pas un bruit autour de nous. Seul le vent sifflait au milieu des cadavres et soulevait de grand voiles de sables entre Gariatron et moi.

Puis finalement la créature prit la parole d’une voix lente et lasse.

-Humaine…Tu possèdes mon pouvoir et pourtant, tu n’es pas de mon sang. Tu es celle que Luminion appelle Yuiko Iori…N’est-ce pas ? Pourquoi être venue jusqu’ici ?

-Oui. Gariatron, enfin nous nous rencontrons. J’ai une proposition à vous faire.

-Une…Proposition ? Répéta le démon, sur ses gardes.

-Je vais être directe : oubliez votre guerre contre Armageddon le temps d’une bataille…Afin de détruire Fuji Makoto…Ou devrais-je dire, la nouvelle incarnation du monde des esprits.

-Qu’est-ce qui te fait dire que tout cela me concerne encore, humaine ?

-Je sais que vous avez abandonné la bataille pour sauver le monde des esprits. Je sais aussi que vous n’avez aucun intérêt pour le nôtre. Je sais surtout que vous détestez les humains encore plus que vous ne détestez Armageddon.

-Dans ce cas, pourquoi rejoindrai-je cette alliance avec mes deux pires ennemis ? Railla le démon en mettant sa main sur sa hanche, néanmoins intrigué par ma proposition.

-Vous n’avez en effet aucune raison d’accepter ; lui répondis-je en haussant les épaules. Mais, si vous aussi vous ignorez ces menaces, vous ne valez donc pas mieux que ces divinités que vous avez combattues il y a des millénaires. Ne pas agir maintenant reviendrait à nier tout ce que vous avez accompli jusqu’ici.

-Ai-je…réellement accompli quelque chose ? Murmura Gariatron dans un soupir las. Quand j’ai proposé à Luminion de changer ce système que nous détestions, je pensais avoir enfin trouvé un allié…Un camarade même. J’avais réellement espoir que nous parviendrions, lui, moi, et les autres démons, à accomplir quelque chose. Cependant, il m’a proposé de m’allier aux humains pour parvenir à mes fins. Je lui faisais confiance alors je n’ai pas hésité. Et qu’en ai-je tiré ? Une trahison ! Un échec ! Une déchéance !


https://www.youtube.com/watch?v=_u362U8rCV0


Le corps de Gariatron s’illumina d’une sinistre aura noire et je reculai d’un pas, prudente.

-Nous avons combattus Armageddon, seuls, et nous avons échoués…Tout ça parce qu’un humain m’avait volé mes pouvoirs ! Et maintenant, toi, fille de Luminion, tu me demandes de vous faire confiance ?! Et dans quel but par-dessus tout ? Eliminer une menace qui provient de votre propre monde ?! Ne me fais pas rire, humaine ! Votre espèce a refusé de combattre Armageddon par le passé afin d’assouvir ses propres intérêts, vous ne faites que payer les conséquences de vos actes !

-Vous ne comprenez pas ? Il ne s’agit plus d’un simple conflit entre vous et humains mais…

-Silence ! Je te trouve bien présomptueuse, fille de Luminion. Tu es à l’origine de ce désastre et tu prétends être en mesure de l’arrêter ? Je reconnais bien là cette arrogance humaine que j’ai toujours tant détestée.

Sans prévenir, le démon tira un rayon d’énergie sombre vers moi. J’eus tout juste le temps de me protéger en créant un bouclier de lumière qui dévia l’attaque de justesse. Cependant, même si j’avais paré facilement cet assaut, le visage de Gariatron s’illumina d’un sourire mauvais et ses yeux, auparavant éteint, brillèrent d’une flamme nouvelle.

-Occupez-vous de ce qui vous regarde, humains. Réglez-vous-mêmes ce conflit que vous avez généré dans nos terres. Fuji Makoto n’est pas mon problème. Je détruirai Armageddon comme je me le suis promis, il y a plus de dix mille ans puis je m’occuperai de votre espèce de parasites pour que vous ne gêniez pas mon nouveau système !

-Gariatron ! Vous ne comprenez pas que, si nous n’agissons pas maintenant, il n’y aura plus rien à sauver ! Même les terres des seigneurs ne seront plus à l’abri !

-Dans ce cas, vous aurez ce pêché de plus sur la conscience une fois que vous serez dans l’au-delà par vos propres fautes !

Dans un éclair de lumière noire, Gariatron reprit sa forme originelle, celle d’un immense Dragon sombre aux allures de serpent ailé. Le démon poussa un rugissement qui déchira les cieux et aussitôt, le monde des esprits plongea dans les ténèbres. Une épaisse fumée envahit l’espace tout autour de moi et le ciel disparut lentement derrière ce voile d’obscurité.

Instinctivement, j’activai les pouvoirs des démons pour me défendre. Mon intuition fut la bonne car un instant plus tard, une flèche d’ombre sortit des ténèbres et je la déviai de juste grâce aux pouvoirs de Typhos.

Cependant, Gariatron n’en resta pas là et la brume sombre se changea en flammes noires qui fusèrent vers moi. En une seconde, je liquéfiai entièrement mon corps pour éteindre ce brasier ardent avant de reprendre ma forme normale.

-Gariatron, écoutez-moi ! Je ne suis pas venue me battre avec vous, je suis ici pour négocier une alliance !

Le démon ne me répondit pas et tenta de m’asséner un coup de griffe dans le dos. Au dernier moment, je couvris mon corps de flammes pour repousser son attaque avant d’activer les pouvoirs de Luminion pour illuminer les ténèbres.

Mon corps rayonna d’une intense lumière dorée et, lentement, la brume sombre se dissipa. Cependant, Gariatron profita de cet instant de vulnérabilité pour repousser sous sa forme humaine et, transformer la fumée en une épée d’ombre, le démon abattit son arme sur moi de toutes ses forces.

Mon cœur rata un battement en comprenant que je ne pouvais pas parer cette attaque-là mais je refusai de m’avouer vaincue et, dans une dernière riposte, je saisis la lame noire entre mes deux mains, la bloquant à quelques millimètres de mon épaule.

Un sourire de satisfaction passa sur les lèvres du démon en voyant que j’étais bloquée et incapable de riposter.

-Et bien alors, humaine, tu n’utilises pas les pouvoirs que tu as volé à mes camarades pour me vaincre ? Aurais-tu des remords à me détruire avec eux…Ou bien en es-tu incapable ?

-Je vous l’ai déjà dit, Gariatron…Je ne suis pas venue pour me battre avec vous…Articulai-je tout en essayant de préserver mes forces. Nous devons…Arrêter Fuji…Makoto…Ensemble…

-Quel idéalisme…Je te l’ai déjà dit, jamais plus je ne me reposerai sur les humains et encore moins je ne leur ferai confiance à nouveau. Vous n’êtes qu’une espèce d’hypocrites et de menteurs. Tu prétends vouloir sauver nos mondes…Et même le futur…Et pourtant, en ce moment même, tu es déjà incapable de te sauver toi-même.

Gariatron referma sa prise sur son épée et je la sentis pénétrer ma chair. Je grimaçai sous la douleur mais je me refusais toujours à utiliser mes pouvoirs. Si je voulais convaincre Gariatron, je devais le faire par les mots et non par la force, sans quoi notre alliance éclaterait à la première divergence d’opinion.

-Laisse-moi te dire une chose, Yuiko Iori : tu es comme Luminion. Toi aussi, tu es aveuglée par ta propre lumière d’espoir et elle t’empêche de voir que tu marches sur un champ de mines. Tu as eu de la chance jusqu’à maintenant…Mais le jour où tu marcheras sur l’une d’entre elle, tu te retrouveras comme moi, à fuir cette lumière qui te menait en enfer !

Poussant un cri de rage, Gariatron relâcha sa prise et m’asséna un violent coup de pied dans le ventre. Je volai sur plusieurs mètres avant de réussir à me réceptionner sur mes jambes, la respiration coupée.

Devant ma persistance, le démon éclat de rire.

-C’est ironique, tu ne trouves pas, Yuiko Iori ? Nous poursuivons le même but et pourtant, nous sommes incapables de nous comprendre. Cela ne te prouve-t-il pas qu’une alliance serait inefficace ?

Je ne trouvai rien à répondre et je me contentai de serrer les dents, frustrée. Devant cela, Gariatron lâcha un soupir et ferma les yeux.

-Evidemment, tu n’as pas la réponse toi non plus. Si tu es incapable de répondre à une question aussi simple, alors tu es incapable de changer le futur également.

Le démon des ténèbres leva son arme au-dessus de sa tête et les ténèbres se mirent à tourbillonner tout autour de la lame sombre, comme absorbées par elle.

En voyant cela, je compris que j’avais fait une erreur monumentale. Jamais je n’aurais dû demander de l’aide à Gariatron. Je pensais que sa rage s’était apaisée, mais en venant ici, je n’avais fait que raviver la flamme de sa colère…

-Adieu…Yuiko…


https://www.youtube.com/watch?v=W8ufCh70xwg&t


Soudain, une explosion ébranla la terre et déstabilisa le démon. Un épais écran de fumée blanche se répandit tout autour de nous tandis que la température chuta drastiquement. J’écarquillai les yeux lorsque je vis que, entre nous, un épais mur de glace était sorti du sol. Cependant, je n’étais pas au bout de mes surprises.

Lentement, je vis une silhouette portant une longue cape se découper à travers l’écran de poussière et s’avancer vers nous d’un pas assuré. Le visage de Gariatron se crispa lorsque, autour du nouveau venu, se mit à rayonner une sinistre aura violette, identique à celle que j’émettais.

L’individu dissipa la poussière d’un revers de la main et une longue épée mauve se dessina dans sa paume puis focalisa son regard glacial sur le démon.

-Shadow…Murmura Gariatron, interdit.

-Gariatron…Je serai ton adversaire.


J’écarquillai les yeux, interdite. Shadow n’aurait pas dû être ici selon mon plan…Son rôle était de rallier les servants d’Armageddon à nous, et non pas s’occuper de Gariatron…

A côté de moi, une ombre se faufila et je vis Laura atterrir à quelques mètres de moi, debout sur un immense bloc de glace, observant la scène de haut en se mordant la lèvre, visiblement prête à intervenir à tout instant mais son père lui fit signe de rester là où elle était.

-J’espère que tu te rends compte que tu joues à un jeu très dangereux en me défiant, Shadow ; le démon, fou de rage.

-J’ai fait mon choix, Gariatron. La seule chance pour nous de survivre au monde des esprits est de nous allier aux humains et à Armageddon.

-Shadow…Jamais je n’aurais dû te faire confiance…Grimaça son adversaire en serrant les dents.

-Attendez Shadow, restez-en dehors de tout ça ! M’exclamai-je. C’est à moi de convaincre Gariatron et de…

-Je ne remets pas ton plan en cause, Iori ; me coupa le père de Laura. Mais je n’irai nulle part.

-Tu sais à quel point que méprise les humains…Tu te rends compte que tu ne fais qu’amplifier ma haine envers eux, Shadow ?

-Je suis désolé, mais tes sentiments ne rentrent plus en compte dans mon équation, Gariatron. Je vais mettre un terme à tout ça et vaincre Fuji Makoto pour que nos deux mondes soient à nouveau en paix ! Et le seul moyen pour y parvenir est que tu t’allies à nous…ou que je te détruise ici et maintenant.

-Tu as perdu l’esprit, Humain ; lança le démon avec soudain un sourire mauvais aux lèvres. Si tu te retournes contre moi, tu ne m’es plus d’aucune utilité !

-Essaie juste de me vaincre, Gariatron ; rétorqua Shadow, l’air confiant.

Je voulus me précipiter entre les deux combattants pour les arrêter mais une flèche de glace me stoppa net dans mon élan. Je levai la tête, abasourdie en voyant que Laura me barrait le passage tout en grimaçant.

-Tu…Tu dois faire confiance à mon père…Iori…Articula-t-elle comme si cela lui arrachait le cœur de le dire.

-Mais…Laura !

-Mon père me fait confiance…Alors moi aussi…Je crois en lui. Il nous sauvera…Il me l’a promis…

Mon amie serra son poing contre sa poitrine comme pour se rassurer elle-même de ses propres paroles. Mais moi, je n’aimais pas ça. J’avais sauvé Shadow de justesse alors qu’il s’était attaqué inconsciemment à la citadelle d’Armageddon… Même avec du repos, il n’était pas en mesure d’affronter Gariatron dans cet état…

Cependant, je ne pouvais rien faire. Si Laura acceptait le risque, alors je n’avais d’autre choix que de regarder ce combat et de prier pour la victoire de son père…


https://www.youtube.com/watch?v=Y8sQu1N406c


Les deux combattants se précipitèrent l’un sur l’autre en silence. Le choc de leurs deux lames d’ombre fit trembler la terre et je vis l’espace se distordre devant moi. Les arbres furent arrachés et une immense colonne de lumière noire s’éleva haut dans le ciel par le simple contact entre ces deux épées des ténèbres.

Je fis mon possible pour rester debout malgré le vent violent qui s’était levé mais, même avec les pouvoirs des démons, je peinais à supporter l’onde de choc.

-Je te donne une dernière chance de ne pas trahir le peu d’espoir que j’ai en l’humanité, Shadow

-Mon seul espoir est de te voir allié aux humains, Gariatron ! Rétorqua le père de Laura.

-J’espère que tu sais ce que tu fais…Papa…Murmura mon amie.

Les deux hommes firent parler leurs armes une secondes fois et tout ce que je pus voir de leur affrontement fut de longues trainées mauves avant qu’ils ne fussent projetés tous les deux en arrière.

Je protégeai mes yeux des éclats de roches et de terre volant tout autour de nous mais Laura, elle, restait de glace, continuant à observer ce combat sans dire un mot et sans tressaillir.

Shadow grimaça. Une large entaille s’était formée sur son torse, colorant ses vêtements d’un sinistre éclat pourpre. Cependant, Gariatron n’était pas indemne pour autant. Quelques gouttes de sang noir perlaient de ses bras et s’évaporaient au contact de l’air.

Soudain, un éclair illumina le ciel et mon cœur rata un battement lorsque je levai la tête. Une ombre gigantesque planait au-dessus de nous. Une sphère sombre de la taille de la lune venait d’apparaitre et masquait même le trou trou béant reliant nos deux mondes…

Nous n’avions plus une seconde à perdre. Cette chose…Je venais de comprendre que Fuji Makoto allait être le cadet de nos soucis si elle s’éveillait. Ce pauvre homme n’était qu’un pion. Notre véritable ennemi…Etait le monde des esprits lui-même !

La foudre frappa à nouveau et je fus obligée de faire un bond en arrière pour l’esquiver mais les deux hommes ne bougèrent pas d’un pouce, ne semblant même pas notifier cette nouvelle présence dans le ciel.

Shadow passa alors à l’attaque. Une nouvelle fois, la terre trembla lorsque le démon para le coup mais l’homme ne se laissa pas impressionner et changea son angle d’approche, visant les côtes de son ennemi. Encore, Gariatron repoussa la lame, mais cette fois-ci, le père de Laura l’obligea à reculer.

Sans lui laisser le temps de se repositionner, Shadow utilisa la pointe de son épée comme d’une lance et s’élança vers le démon. Ce-dernier ne put que se servir de sa propre arme comme d’un bouclier, l’empêchant également de contre-attaquer tandis que l’homme gagnait du terrain sans interrompre son assaut.

-Je me suis souvent demandé si tu avais réellement la force d’exterminer les humains, Gariatron ; railla Shadow avec un sourire moqueur. Cependant, tu peines à me tenir tête…Je suis vraiment déçu !

-Espèce d’insecte insignifiant ! Rugit le démon, hors de lui.

L’éclat de l’épée de Gariatron s’intensifia et, d’un revers de la main, le démon repoussa Shadow puis profita de la surprise de son adversaire pour le désarmer. L’arme de notre allié vola dans les airs et, n’hésitant pas une seule seconde, Gariatron balaya l’espace devant lui de sa lame tranchante.

Cependant, le père de Laura bondit pour esquiver cette attaque et rattrapa sa propre épée en vol.

Profitant de la hauteur, d’une pirouette, Shadow fondit sur le démon, abattant sa lame de toutes ses forces contre celle de Gariatron.

L’onde de choc créa un immense cratère tout autour des deux combattants. Mais une fois de plus, Gariatron était aculé, incapable de riposter.

-Je dois avouer que tu m’impressionnes, Shadow ; ricana le démon. Mais tous ces efforts sont vains. Si tu t’arrêtes ici et maintenant, je suis prêt à épargner ta misérable vie, humain. Ceci est ma dernière offre.

Shadow ne répondit rien. Il continuait simplement à sourire, comme si cette expression était figée sur son visage.

-Soit, tu refuses. Il est donc temps de payer les conséquences de tes actes !

Sans aucune difficulté, Gariatron se débarrassa de son ennemi puis planta son épée dans le sol. Son corps se mit à rayonner d’une intense lumière noire et je compris que, jusque-là, il ne faisait que jouer avec Shadow.

Cependant, le père de Laura ne se laissa pas démonter et son épée disparut de sa main pour se transformer en une simple carte verte qu’il tenait entre deux doigts. A son tour, Shadow se mit à rayonner et fut bientôt entouré d’une sinistre aura mauve tandis que ses yeux virèrent au bleu intense.

Au même moment, la sphère des ténèbres dans le ciel fut entourée à son tour d’un fin halo de lumière dorée, lui donnant des allures d’éclipse vivante. Puis, lentement, elle commença à se transformer et à se déplier.

Il fallait que ce combat cesse sur le champ…

-Laura ! M’écriai-je, affolée. Fais quelque chose, arrête ton père avant qu’il ne soit trop tard !

La jeune fille tressaillit mais Shadow tourna la tête vers elle et lui lança un regard glacial.

-Reste où tu es, Laura. Aie confiance en moi.

Mon amie grimaça mais obéit à Shadow, ne bougeant pas d’un pouce. Je me mordis la lèvre si fort qu’un désagréable gout de sang envahit ma bouche. J’aurais pu aller moi-même les arrêter mais je savais que je n’aurais eu d’autre résultat que de devoir combattre les deux à la fois.

Je frappai le sol de mon pied, frustrée d’être aussi inutile dans un moment aussi crucial.

-Finissons-en, Gariatron !


https://www.youtube.com/watch?v=qIEk0U782rM


Les aura des deux hommes s’intensifièrent et la sinistre brume sombre que j’avais éliminée refit surface, anéantissant ma visibilité. Le tonnerre gronda une nouvelle fois, la terre trembla, une bourrasque souffla et, dans l’ombre, deux immenses créatures dont seuls les yeux rouges et jaunes perçaient à travers ce voile d’obscurité, avaient pris la place des combattants.

Un rugissement déchira les ténèbres et couvrit même le fracas de l’orage avant d’être suivi d’un deuxième hurlement et d’une explosion de lumière.

J’activai les pouvoirs de Typhos et pris mon envol au-dessus de cette masse informe et ce fut là que je les vis : Gariatron sous sa forme de démon…Et Darkness Shadow, se faisant face.

Les deux colosses se jetèrent l’un sur l’autre. Le démon, utilisant sa queue comme un fouet, renversa Darkness Shadow et, avant qu’il n’ait eu le temps de se relever, se servit de ses ailes immenses pour créer une tornade d’ombre. Le monstre de Shadow, nullement impressionné, s’élança au cœur de la tempête et dissipa le tourbillon d’un simple revers du bras puis cracha une rafale de flammes mauves sur le démon.

Celui-ci se protégea à nouveau avec ses ailes qui dévièrent l’attaque tel un véritable bouclier et les flammes finirent leur course dans la forêt, carbonisant instantanément tout ce qu’elles touchèrent. Devant cette tentative échouée, Darkness Shadow voulut passer au corps à corps mais, à peine eut-il interrompu le flot de feu que Gariatron fit surgir du sol d’immenses pics d’ombre qui transpercèrent le corps de Darkness Shadow de toutes parts.

-Ne te crois pas invincible, Humain !

Le dragon cracha une gerbe de sang et tenta de s’envoler pour s’échapper mais le démon en fit surgir d’autre depuis la brume sombre, immobilisant totalement son adversaire.

Les yeux de Darkness Shadow s’éteignirent et tous ses membres se relâchèrent.

Je n’en croyais pas mes yeux…Gariatron…Venait de vaincre le plus puissant des humains…En un seul coup…

-Mon pauvre Shadow…Tu pensais réellement pouvoir me vaincre…Tu t’es rebellé contre moi…Et voici le prix que tu vas payer pour cela.

Rapide comme l’éclair, le démon planta sa patte griffue à l’intérieur du corps déjà sans vie du dragon de Shadow.


https://www.youtube.com/watch?v=O0n-9X1MuMQ


Cependant, alors que je pensais qu’il n’y avait déjà plus aucun espoir, le corps sans vie du monstre tressaillit et il agrippa la patte du démon fermement. Celui-ci eut un hoquet de surprise et tenta de se replier mais Darkness Shadow le tenait fermement.

-Je protégerai…Ma fille…Murmura le colosse d’une voix presque inaudible.

Au même instant, ses yeux se rallumèrent. Dans une explosion d’énergie, le dragon se libéra de l’emprise du démon. Gariatron rugit de colère devant ce sursaut de combativité et réitéra son attaque mais cette fois-ci, Shadow utilisa la même ombre que celle du démon comme bouclier tout autour de son corps.

Son adversaire écarquilla les yeux, interdit, alors que le colosse changeait à présent la brume de forme, la faisant passer de bouclier à immense épée des ténèbres entourée d’un halo de feu noir.

-Non…Ce n’est pas possible…Comment toi, un misérable humain…Peut-il maitriser mon pouvoir…

-Je te l’ai dit…Gariatron…Si tu refuses de t’allier à nous…Alors je prendrai ton pouvoir…Murmura le dragon d’une voix lente et menaçante.

Le démon ricana.

-Je vois…Si c’est ainsi que tu veux te battre…

A son tour, Gariatron changea la forme de la brume sombre qui l’entourait en une immense épée noire de jais et, comme pour prouver sa force, fendit l’air avec la lame. Une fine faille s’ouvrit devant lui et de l’autre côté, je pus voir…Notre monde…Ou plutôt celui d’Asuna…

Cependant, en réponse, Shadow fit de même et fit également apparaitre un passage entre les mondes d’un simple coup d’épée.

C’est alors que je compris à quel point j’avais encore à apprendre avant de maitriser totalement les pouvoirs des démons…Pouvoirs que Shadow semblait désormais maitriser à la perfection…

-Viens, Gariatron !

Les deux monstres s’élancèrent l’un vers l’autre, leurs épées pointées devant eux. Peu importe ce qui allait se passer ensuite, j’avais compris que cet assaut allait être le dernier.

Les pointes de leurs armes se rapprochèrent et, lorsqu’elles se touchèrent, je ne résistai pas à l’onde de choc et je fus soufflée comme une vulgaire brindille. La cape de Laura vola derrière elle mais la jeune fille tint bon avec difficulté.

Les deux lames glissèrent l’une sur l’autre, projetant des étincelles suffisante pour bruler les terres et mon cœur battait la chamade dans ma poitrine.

-Il est temps de disparaitre, Humain !

-Ouvre les yeux, Gariatron !

Un éclat de lumière m’aveugla. J’entendis le bruit d’une lame s’enfoncer dans la chair et celui de gouttes de sang perlant sur le sol. Puis plus rien.

Lorsque l’éclat se dissipa, je vis les deux monstres au coude à coude, immobilisés dans leur posture. L’épée de Shadow n’était plus qu’une simple lame métallique et s’était légèrement enfoncée dans l’épaule du démon…Mais celle du Gariatron, toujours enflammée avait transpercé le corps du Dragon de part en part.

Laura poussa un cri de terreur en voyant cela et j’écarquillai les yeux, interdite.

-Tu es vraiment devenu puissant…Murmura le vainqueur.

-Mais ce n’a pas été suffisant…Pour te battre…Gariatron…Articula le père de Laura.

-Pourquoi…Shadow… Pourquoi avoir dévié ta lame ?

Le dragon ne répondit rien et, lâchant son arme, commença à tomber à la renverse. Vidé de son énergie, Shadow reprit sa forme humaine et son corps s’écrasa dans la poussière, baignant dans une énorme marre de liquide pourpre mais continuant à sourire malgré tout.

Laura se précipita vers son père en hurlant tandis que le démon reprit également sa forme humaine, une expression de colère déformant son visage.


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-Pourquoi m’as-tu laissé te toucher, Shadow ?!

-Papa ! Tiens bon, je vais te sauver ! S’affola mon amie en commençant déjà à panser les plaies de Shadow grâce à ses pouvoirs.

Tremblante, je m’approchai à mon tour et regardai Shadow avec la même incompréhension que le démon.

-Tu sais…Gariatron…Pour moi…tu as toujours été le seul à pouvoir changer les choses…Mon objectif…N’a jamais été de te vaincre…

-Pourquoi avoir fait tout cela alors ?

-Je voulais…Que tu acceptes…Le pouvoir que nous possédons…Nous…Les humains…Pour que tu comprennes…qui est ton véritable ennemi…

-Cela suffit, Shadow. Epargne ta salive.

-Non…Cela faisait longtemps…Que nous aurions dû avoir cette conversation…Iori…est la seule à pouvoir t’apporter ce que tu désires…Elle seule…peut changer le destin…

-Est-ce que tu insinues que je suis faible ?

Alors que Laura n’avait pas encore agi, Shadow la repoussa faiblement de sa main et tenta de se relever en puisant dans ses dernières forces. Le sang se remit à gicler de ses blessures et Gariatron écarquilla les yeux, interdit devant cette persévérance.

-Je t’en supplie…Gariatron…Allie-toi aux humains et vainquez ensemble…Le monde des esprits…S’il te plait.

Shadow chancela et Laura tenta de l’aider à nouveau mais il lui fit signe de ne pas approcher en lui lançant simplement un sourire.

-Laura…Je tiendrai ma promesse…Je changerai le destin…Murmura l’homme avec un regard rempli de tendresse. Iori, je te confie la suite. Termine ce que j’ai commencé.

Le guerrier leva la tête vers la sphère sombre, véritable incarnation du monde des esprits et soupira.

-Tant de choses sont arrivées…Jessica…


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Shadow attrapa l’épée plantée dans son cœur et, avec un grimace de douleur, la jeta au loin puis je vis à l’intérieur de sa blessure, non pas des entrailles béantes mais une sphère de lumière dorée brillant aussi fort que le soleil.

-Shadow ! Ne faites pas ça ! Hurlai-je de toutes mes forces.

D’un geste ample, le père de Laura retira sa cape et ses yeux se mirent à briller d’une lueur nouvelle.

-Gariatron ! Si tu refuses de changer le destin, je vais mettre moi-même un terme à tout cela ! Lumière sombre qui brille même au cœur du soleil, Au-delà de la perfection ! Avalon ! Illumine la lumière, Lightning Shadow, Ruler of the Dragon Rulers !

Le corps de Shadow se transforma à nouveau, reprenant la forme de sa fusion parfaite à la différence que, la pierre noire qui constituait le corps du dragon était à présente dorée et émanait la plus pure des lumières. A la fois réconfortante, apaisante et porteuse d’espoir…

-LIGHT VOID !

Le dragon doré cracha un laser d’énergie blanche si puissant que Shadow s’enfonça dans le sol sous l’effet du recul et visa l’immense sphère noire qui planait au-dessus de nos têtes.

Le rayon transperça l’auréole et la fit voler en éclats tout en détruisant tous les monstres se trouvant bloqués à l’intérieur puis continua son chemin vers l’incarnation du monde des esprits.

La sphère noire rayonna à son tour et la tira un rayon de foudre vers son assaillant. Shadow hurla de douleur lorsqu’il fut frappé par l’éclair. Le corps du dragon fut annihilé en même temps que le sol, la terre et le ciel tout autour de nous et le visage de l’homme réapparut une dernière fois pour lancer un dernier sourire en direction de Laura avant de disparaitre à son tour dans la lumière mortelle.

Au même instant, je vis le pendentif de Laura sortir de son col et la vitre qui recouvrait la photo de sa famille fut brisée par l’onde de choc.

Dans le ciel, alors que Shadow n’était plus, le laser de lumière s’arrêta à quelques centimètres de la sphère avant de se dissiper à son tour dans les ténèbres.


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Mon amie tomba à genou, le regard vide, incapable de prononcer un mot, incapable de bouger, incapable de réagir. Je ne pouvais rien faire d’autre que m’approcher d’elle et de la serrer dans mes bras, retenant mes propres larmes et cachant ma propre stupéfaction.

Là où se tenait le plus puissant des humains quelques secondes auparavant, il n’y avait plus qu’un cratère fumant et noircit tandis que, quelques mètres plus loin, gisait une épée désormais éteinte, plantée dans le sol.

Gariatron regardait fixement le cratère, les yeux remplis de doutes et d’incompréhension.

-Shadow…est-ce vraiment comme cela que tu souhaitais changer le destin…S’interrogea-t-il dans un murmure.

Lentement, le démon se tourna vers nous et je tressaillis, pensant déjà que j’allais devoir me battre à mon tour lorsque je vis l’épée d’ombre dans sa main. Cependant, Gariatron, au lieu de nous attaquer, planta son arme dans le sol et me tendit la main.


A ce moment-là, je compris une chose. Je venais indirectement de changer le destin de manière irrémédiable. Mais…même si j’avais obtenu ce que j’avais toujours désiré…Jamais je n’aurais été prête à payer un tel prix…Et cela, Shadow l’avait compris depuis bien longtemps…






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le bon temps…

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