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[En Cours] Rising Hope : Les Spectres du Passé
Ezaakh
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[En Cours] Rising Hope : Les Spectres du Passé posté le [19/09/2019] à 00:45

Chapitre 182 : La confrontation finale (2)


https://www.youtube.com/watch?v=LX_p8-HPCn8


Lorsque j’eus projeté ma puissance dévastatrice du désespoir, je ne me fis aucune illusion sur le sort qui allait lui être réservé. En effet, ma progéniture se contenta de faire de même, neutralisant tout ce que j’avais canalisé d’une banale projection dont nous étions tous les deux capables. Son regard se mêla au mien l’espace de quelques instants. Sa conviction était fragilisée, je pouvais le déceler d’ici. Pourtant, je ne voyais pas une once de résignation dans ses yeux. Avais-je commis une erreur en tuant ce jeune garçon ? J’avais le sentiment que sans lui, si Laïla avait appris mes motivations, elle aurait tout simplement décidé de rejoindre ma cause. Comme si la seule présence de ce Kôsei suffisait à ériger une barrière impénétrable m’empêchant de prendre le contrôle de ma progéniture. C’était triste, très triste. Du fond du coeur, j’avais envie que cette femme me rejoigne dans ma cause. Je me battais pour eux, pour elle, pour tous les faibles tombés au nom du cycle absurde de ce monde insensé, et même avec la puissance, personne ne pouvait me comprendre.


– Katsuo…Grogna la femme. Peu importe tes raisons, je ne cautionnerai jamais tout ce que tu as fait. Tu n’as jamais voulu notre bonheur. Tu t’es contenté de nous faire subir tout le mal que tu as subi dans un acte de vengeance. Tu es faible, Zetsubô ! Tu n’as jamais confronté ton maître, tu as préféré nous faire souffrir, exactement comme l’a fait ton père !


– Maudis-moi ma fille. Hurlai-je, intéressé. Méprise-moi comme j’ai méprisé mon père. Rumine sur toute la misère que je t’ai infligée ! Pense à toutes ces vies perdues par ma faute ! Laisse ton cœur se faire ensevelir par la puissance que j’ai introduite dans ton code génétique lui-même !!! Transcende toutes tes barrières, tes bons sentiments, viens chercher ta vengeance !!! Viens me détruire ! Viens prendre ta place de souveraine !!!


– Silence !!! Me rétorqua-t-elle enragée. J’en ai assez de jouer ton jeu !! Lorsque je t’aurai détruit, je détruirai tout ce que tu as construit une bonne fois pour toutes !!! Heir of Despair : Imvelaphi entsha !!!


Elle était parfaite. Si parfaite que j’aurais tué pour passer le reste de l’éternité à la confronter. Si parfaite que j’aurais volontiers jeté dans le feu ardent le pouvoir du désespoir si cela me permettait de passer l’éternité à lui faire face. Elle était tout ce dont j’avais rêvé durant 5000 ans de perdition temporelle. La quintessence du désespoir, de notre lignée. Elle était l’incarnation même du pourquoi j’avais voué ma vie à cette lutte perpétuelle. Elle était comme la fontaine de jouvence de notre lignée, de ma lignée. Elle était la consécration de nos sacrifices, de nos peines et de notre désespoir.


Elle était ma fille bien-aimée…


Les mains jointes, elle projeta un rayon de lumière noire dont le diamètre était aussi grand qu’un obélisque de l’Égypte antique. A une vitesse fulgurante il vint s’abattre sur moi, refusant toute forme de pitié, toute forme d’empathie à mon égard. Je ne pus protester. Seulement me plier face à l’absurdité de la puissance de ma progéniture, en me délectant de la souffrance qui oppressait mes membres en voulant les asservir.


Je lâchai un cri de plaisir tandis que ma chair se déchirait sous la douleur de l’attaque. j’étais comme consumé de toutes parts, me réjouissant d’avoir engendré une femme si puissante au terme de mes générations. Je m’écroulai au sol. J’étais laissé pour mort, gisant sur le bitume, entre exaltation, excitation, et allégresse. Je me relevai péniblement, me soignant d’un geste de la main, exactement comme toute la famille pouvait le faire grâce au pouvoir de Lithemba. Ma progéniture n’eut aucune réaction. Elle se contenta de porter un regard de mépris sur moi, le même qu’elle forçait depuis le début de notre affrontement.


« Ce match sera très long n’est-ce pas ma chère ? Souris-je. Nous avons tous le pouvoir commun de guérir nos blessures. Peu importe ce que tu m’infligeras, je me soignerai, et il en est de même pour le sens inverse. Pourquoi ne pas mettre un terme à cet affrontement et discuter autour d’une table comme une vraie famille ?


– Je n’ai pour famille que mes frères. Rétorqua la femme, glaciale.


– Tes frères ? Repris-je en réprimant une régurgitation. Tu parles de ces concentrés de faiblesse et de soumission, incapable de lever le moindre petit doigt pour défendre nos intérêts !? Ces mêmes frères qui n’ont été bon qu’à ajouter un poids sur tes épaules pour protéger leur existence misérable ? Ils n’ont été que des boulets pour toi toute ta vie ! Oublie ces incapables ! »


Je n’obtins aucune réponse. Je sentis seulement la puissance de ma progéniture devenir encore plus importante, exactement comme elle l’était chez tous ceux l’ayant précédée. Notre pouvoir était illimité. Il évoluait avec les sentiments de son utilisateur, si bien qu’il était impossible d’arriver au terme de sa portée. Au travers des âges, nous avions tenté de le pousser jusqu’au bout de ses capacités, et aucun d’entre nous n’y était arrivé. Mais je sentais que pour Laïla, c’était une chose possible. Chaque fois que je heurtais ses sentiments, elle redoublait de rage et de puissance, si bien que j’en frissonnais d’excitation. Jusqu’où allait-elle être portée par ce flux d’émotions négatives ? Allait-elle être capable de me surpasser, moi, celui qui a traversé les millénaires dans ma quête de règne absolu ? Était-elle le Graal de notre famille qui allait tous nous délivrer une bonne fois pour toutes ? Je voulais être témoin de la naissance de cette fleur de destruction et de chaos dont j’étais le semeur d’engrais. Pouvoir constater de mes yeux le résultat de notre lignée ayant laissé la vie à chaque génération. Prendre ma revanche sur ce monde en déchaînant la perfection engendrée par notre souffrance afin qu’elle en aspire la vie et en devient la reine.


« Oublie tous ceux qui t’ont fait vivre cette vie misérable ! Hurlai-je en réfrénant toute mon excitation. Tes frères ne sont rien ! Tes parents n’étaient que des faibles ! Et ce Kôsei, celui qui t’a soi-disant fait goûter à l’amour, tu ne peux savoir à quel point j’ai savouré l’instant de sa mort !


– Ezaakh !! Hurla la femme aux yeux assassins. »


Était-ce son hurlement, ou bien le fait qu’elle m’avait nommé de la sorte qui me fit m’arrêter dans mon action ? Pourtant, j’eus du mal à enchaîner. Si bien que lorsque la femme s’approcha, je ne pus m’apercevoir de ce qu’elle avait généré : une lame assez fine composée d’énergie du désespoir, l’Ishitunzi. J’esquivai à la dernière seconde, constatant la puissance me frôler de quelques millimètres. Cela me tira un sourire. Je ricanai, avant de propulser d’un coup de pied fulgurant ma progéniture loin dans l’espace de bataille. Je me lançai ensuite à sa poursuite dans les airs, utilisant mon omnipotence pour la piéger une nouvelle fois, mais elle ne se laissa pas prendre. Elle s’était déjà ressaisie et de nouveau attachée à moi afin de déclencher une explosion nous utilisant tous les deux comme réceptacle.


Du nuage de fumée furent propulsés nos deux corps encore fumants, mais se régénérant en totale synchronisation dans leur chute. Ainsi, nous atterrîmes, Laïla et moi, tous deux sur nos jambes, avant de nous élancer de nouveau l’un contre l’autre.


Nous nous acharnions. Nous voulions imposer notre vérité à l’autre, tout simplement. Il n’y avait plus aucune place pour le dialogue, ni pour les négociations. La cruelle réalité allait s’installer entre nous : le plus fort allait imposer ses principes et infliger au vaincu la réalité qu’il avait décidée. C’était un fait, il n’y avait plus de retour possible. Mais tout cela faisait partie de mon plan malgré tout. Si je gagnais cet affrontement, le dernier obstacle à mon règne était supprimé. Dans le cas contraire, une puissance supérieure à la mienne allait voir le jour et continuer mon œuvre, consciemment ou non. C’était le coup final que j’organisais pour la fondation du futur, et pour l’espoir. L’ultime chausse-trappe qui allait faire sombrer l’humanité.


« Despair Origin ! Hurlai-je. Ukuphelelwa lithemba okungcwele !!


– Comment !? S’exclama la femme alors que j’étais déjà inarrêtable. »


Car oui, Ukuphelelwa lithemba okungcwele était un sort particulier. Il brisait le sceau de puissance qui retenait l’entièreté de mes pouvoirs : le désespoir d’origine. Je l’avais gardé jusqu’alors afin de ne pas montrer tout mon potentiel, en particulier sur mes héritiers, mais il était désormais fugace de cacher cet atout dans ma manche. Alors je laissai la puissance monter en moi jusqu’à ce que je devienne aussi puissant que l’ensemble du royaume d’Izrath. Une puissance étincelante, presque électrique, s’éleva devant moi avant de se scinder en deux, pour finalement m’entourer comme une spirale continuelle m’octroyant une force sans limites.


« C’est terminé ma fille. Déclarai-je paisiblement. Fais ta dernière prière avant de connaître la toute puissance de notre famille. »


Elle ne répondit pas. Elle se contenta de rester bouche bée, abasourdie par le spectacle auquel elle faisait face. Oui, je pouvais la comprendre. Elle faisait jeu égal avec un stade de puissance qui représentait à peine 40 % de mes capacités. Me voir gagner en force ne pouvait que la paralyser de terreur. Ainsi, je n’eus même pas à charger le rayon colossal que je projetai sur elle. Il arriva sur mon héritière à une vitesse folle, avant de la percuter sans qu’elle ne bronche.


Cela me tira une larme, de voir ma progéniture se faire souffler par mon attaque dévastatrice comme un vulgaire insecte. Je venais de détruire le fruit de la perfection de notre lignée comme si ce n’était qu’un nuage de poussière balayé d’un revers de la main. Cela m’emplissait de tristesse.


https://www.youtube.com/watch?v=QciP4d2jrls


Je me retournai donc, voulant regagner mon siège afin d’attendre le menu fretin qui allait se présenter ensuite. Cependant, à ma grande stupéfaction, une étrange lueur bleue translucide émana du nuage de fumée provoqué par mon attaque. Elle fut suivie par un fil de lumière éclatant qui me fit plisser les yeux tant il était abondant. Elle sortit du nuage comme un éclair, et lorsque je posai mes yeux sur elle, au lieu d’y discerner de la pénombre, je n’y vis que de la clarté.


« Qu’est-ce que…murmura Laïla, semblant déconcertée par ce qu’il se passait. Que m’arrive-t-il ? »


Elle passa sa main rayonnant d’un flux étincelant devant elle, constatant que son mouvement laissait derrière elle un flux d’énergie translucide de la même couleur que son aura. Interpelée, elle sembla trouver la réponse au bout de quelques secondes, puisqu’un sourire se dessina sur son visage.


« Erika…Soupira mon héritière. Toujours à se mettre en travers de ma route. Je me disais bien que cette attaque était étrange. Tu m’as donc infectée avec cette chose infâme en sachant très bien que j’allais me détester ensuite.


– Attends !! Percutai-je. Tu veux dire que cette attaque qu’elle t’a lancée à mon retour –


– En effet. Reprit Laïla, déterminée. Cette force même ayant pris racine en mon être n’est pas celle du désespoir. Elle n’est pas celle cultivée par la haine à ton égard, ni la peur de perdre mes frères. Elle est le fruit de tout l’amour que j’ai reçu de tous. Une puissance sans limites éveillée du plus profond de moi par la princesse de l’espoir elle-même. Ezaakh, tu te feras vaincre non pas par ton désespoir, mais par l’espoir à l’état pur. »


Je l’attaquai par réflexe. Ces mots m’insupportaient. Je refusais de les entendre de sa bouche. Mon joyau étincelant de ténèbres, contaminé à son tour par une telle imposture !? C’était impensable, inconcevable. Je refusais de croire à une telle infamie ! Et quelle fut ma rage lorsque je constatai que cette énergie faite de niaiserie et de bons sentiments avait suffit à dévier la prodigieuse puissance que j’avais déployée, la laissant s’écraser contre les murs derrière ma progéniture ! Cela me faisait bouillir de rage.


« Heir of Hope : Imvelaphi yesine. Déclara la femme, glaciale.


– Comment oses-tu !!? Hurlai-je comme une bête assoiffée de sang. Ne prononce pas ces mots sales et indignes de ta bouche !!


– Indignes de ton point de vue. Cependant, la véritable nature de ce pouvoir montre ce que je m’obstine à réfuter en boucle. »


Elle s’arrêta quelques secondes, tandis que sa nouvelle force gravitait autour d’elle sans prendre une véritable forme. Interpelé, j’attendais sa justification avec impatience, même si au fond je savais que jamais je n’allais pouvoir pardonner cette infamie. Elle reprit, beaucoup plus faible qu’elle ne l’avait été jusqu’alors.


« Finalement, ce combat contre la fondation du futur n’était pas une simple bataille d’espoir contre désespoir. Avoua ma progéniture. Ce n’était qu’une façade ; un conflit réduit à l’état de bien contre mal, de noir contre blanc, alors qu’au fond…ma cause était également l’espoir.


– L’espoir…murmurai-je, comme au ralenti.


– L’espoir de reconstituer une famille brisée par l’intervention de toutes ces personnes. Celui de persévérer jusqu’à pouvoir offrir un présent convenable à mes frères et mes parents. Celui de transporter Yume-Nikki et les guérir de leurs peines…Au fond, moi aussi, j’ai ressenti beaucoup d’amour dans ma vie.


– Ce ne sont que des illusions, Laïla. L’amour n’est qu’un sentiment dérisoire que l’on s’invente afin de ne pas sombrer dans la folie, pour se raccrocher à quelque chose. Mais c’est factice.


– Eh bien, voyons si ce que tu dis est vrai, Ezaakh. Heir of Hope : Nishijima Kôsei. Kashiwagi Arata. »


Deux sphères d’énergie se détachèrent de l’enveloppe charnelle de mon Graal afin de prendre place à ses côtés. Lorsqu’ils se matérialisèrent complètement, je pus discerner les traits des deux jeunes garçons que j’avais tués ce jour même. Ils étaient similaires à eux, si ce n’était pour leur couleur ayant basculé au bleu translucide, comme deux fantômes.


« Peu importe si je ne suis qu’un souvenir, un fantôme, un mirage, ou une illusion, je continuerai à vous servir, ma dame. Déclara la voix de Kôsei. Je tiendrai ma promesse une bonne fois pour toutes.


– Nous vous devons beaucoup, madame. Enchérit Arata. Alors nous allons vous rembourser en vous prêtant main forte. »


Elle n’eut pas la force de répondre. Ils se lancèrent tous les deux contre moi, suivis par leur maîtresse qui chargea de nouveau un sort de désespoir tout aussi puissant que les précédents malgré l’altération de sa conviction. Je grimaçai. Si même ma muse était infectée par cette énergie impure, alors il n’y avait plus rien à faire. Je devais tout recommencer. Oublier ces jours maudits où cette princesse de l’espoir avait corrompu l’ensemble de ma lignée, et créer de nouvelles racines sur lesquelles bâtir mon empire. Je me lançai en chargeant l’ensemble de ma puissance dans mes membres, afin d’écraser cette existence misérable accompagnée de ces créatures lui prêtant main forte. J’avais la rage au cœur, et cela décuplait ma détermination et mon pouvoir. Je déployai les bras, laissant apparaître derrière moi des centaines d’ombres fantasmagoriques composant l’armée de Nemesis qui était la mienne. Elles n’étaient plus comme ces sous-fifres de bas étage qui n’étaient finalement que du menu fretin. Non, elles s’élevaient sur quatre mètres de hauteurs et étaient toutes aussi rapides qu’un combattant du désespoir à mes ordres. Et plus le temps passait, plus je générais de nouveaux soldats, dans un processus inarrêtable et infatigable d’asservissement de cette misérable existence qu’était devenue ma fille.


« Essayez donc de résister à ça, bande de misérables !! Despair Origin : Umkhosi oHlaziyiweyo !!


– Heir of Despair ! Rétorqua la femme. Uvavanyo ngekamva ! »


Elle luisit d’un éclat violet qui me rappela étrangement une certaine catastrophe ayant eue lieu à leur époque. A ma grande stupéfaction, quelques secondes plus tard apparut derrière elle une énorme créature similaire à une araignée dégoulinant de boue noire comme l’ébène, dont les deux yeux rouges luisaient au travers. Le monstre lâcha un « grooooooooh » qui fit trembler les murs de la pièce dans laquelle nous nous battions.


Mon coeur rata un battement. Cette créature dégageait la même aura que « lui ». Un épais rideau d’ombres impénétrables qui semblaient contenir toute la noirceur du monde en leur sein. Cela me rappela d’étranges souvenirs que je croyais jusqu’alors enfouis au plus profond de moi. Son apparition, sa proposition de m’aider, nos objectifs communs, et la trahison. Tout me revenait en mémoire, si bien que je ne vis même pas le groupe arriver jusqu’à moi.


A ma grande surprise, ce furent ces deux garçons qui vinrent à ma rencontre. Laïla s’occupait des créatures générées en boucle par mon sort, accompagnée par son étrange créature. Ainsi, j’eus un semblant de nostalgie en faisant face à ce duo de l’improbable qui avait néanmoins réussi à me voler une manche dans notre affrontement. Ils ne possédaient cependant plus leurs pouvoirs du désespoir. Ainsi, il m’était facile d’esquiver leurs assauts afin de rétorquer sauvagement. Pourtant, malgré les coups qu’ils se prenaient, ils restaient toujours debout. Je grimaçai. Comment de simples projections pouvaient rivaliser avec ma toute puissance ?


« Tout simplement car nous sommes issus de l’amour de dame Laïla. Déclara Kôsei, comme lisant mes pensées. Et cet amour n’a pas de limites. Nous le lui rendrons jusqu’à la fin du monde s’il le faut. Car nous sommes éternellement liés à elle. En tant que serviteur, en tant qu’amant –


– Ou en tant que fils. Le coupa l’autre. Et nous ne vous laisserons jamais plus entraver le bonheur de ma dame. Hope : Uthando lokunye ! »


Les deux projections joignirent leurs mains afin de projeter une onde de la même couleur qu’elles tout autour de nous. Je tentai de me mouvoir, mais c’était impossible. Ils avaient comme figé le temps et l’espace. Tout s’était arrêté autour de nous, y compris Laïla, son monstre, et mes sbires. Seules les deux créatures pouvaient bouger à leur guise, et ils ne se firent pas attendre. Ils s’approchèrent de moi en silence, et lorsqu’ils furent assez proches, ils plantèrent une lame translucide vibrant sous sa propre puissance droit dans mon coeur.


Je ne pus m’empêcher de hurler le martyre alors que je crachai une longue gerbe de sang dans mon cri. Pourquoi avais-je si mal ? Ce n’était qu’une simple attaque dans un organe, rien de plus, et pourtant, j’avais l’impression d’être dévoré de l’intérieur.


Je retirai la lame en vitesse. C’était ce pouvoir qui était à l’origine de ma douleur. Je comprenais le pourquoi ces deux jeunes hommes d’attribut espoir me combattaient plutôt que leur maîtresse. Je réussis à me soigner, mais je sentais que mes capacités étaient un poil plus lentes à répondre à ma volonté. Cela m’agaçait. Mais cette attaque avait eue pour mérite de débloquer mon corps. Ainsi, je pus disparaître en une fraction de secondes, réapparaissant derrière Arata afin de l’éliminer d’une seule attaque. Son partenaire me notifia cependant, utilisant son bras pour dévier l’attaque. Mais alors qu’il croyait que cela allait être suffisant, je me fondis dans les ombres de notre décor afin de me rendre imperceptible. Kôsei et Arata me cherchèrent et me trouvèrent rapidement. Jouant la carte de la ruse, je balançai un caillou au loin, ce qui eut pour effet de les faire changer de piste suite au bruit généré par l’impact.


Je me ruai sur le violoniste qui ne put esquiver mon attaque et fut plaqué au sol. Son acolyte tenta de me vaincre, mais sans succès. Je contrôlais désormais la situation, et il ne me fallut pas plus de temps pour tuer les répliques qu’il ne m’en avait fallu pour tuer les originaux. Je les avais vaincus d’une seule offensive, et la prochaine était déjà dans ma ligne de mire. Je me ruai sur Laïla qui remarqua donc la défaite de ses subordonnés. Acculée par ma présence, en plus de celle de mes créatures, elle grimaça. Elle généra un flux d’énergie noire qui terrassa les monstres autour d’elle avant de revenir m’affronter.


https://www.youtube.com/watch?v=RpnRhiInopA


« Ezaakh. Me lança-t-elle, déterminée. J’étais persuadée de pouvoir te vaincre, mais cette bataille d’endurance me montre que je ne suis pas en mesure de te surpasser. Je suis bien trop faible pour cela.


– Aurais-tu enfin retrouvé la raison ? La questionnai-je, intéressé. Débarrasse-toi de ce pouvoir et viens à moi, ma fille.


– Jamais. Cracha la femme. »


D’un coup de lame Ishitunzi elle se donna à elle même un coup furtif que je ne pus même pas localiser, engendrant une perte de quelques gouttes de sang. Ce fluide, au lieu de tomber au sol, resta en suspend dans les airs, comme si quelque chose ou quelqu’un avait empêché son atterrissage. Je restai dubitatif, mais Laïla, elle, me dévisageait encore. Elle n’était pas encore finie, je n’étais pas dupe. Pourtant, j’étais à mille lieues de m’imaginer la suite.


« Despair : Intshabalalo yokugqibela ! Hurla ma progéniture. »


Elle fut ensevelie par une puissance rougeâtre éclatante qui provenait des gouttes de sang qu’elle avait versé. Rapidement, cette puissance devint épaisse et nous engloutit tous les deux sans que je ne puisse faire quoi que ce soit pour m’en débattre. Mon omnipotence n’y pouvait rien. Mon pouvoir du désespoir non plus. Ma rage, ma détermination, mes accomplissements, aucune arme ne semblait être capable de m’extirper de cette masse de puissance aussi épaisse que gênante. Comment pouvait-elle résister à l’ensemble de mes pouvoirs ? Laïla possédait-elle un sort aussi magistral que celui-ci ?


Je n’y réfléchissais pas. Il fallait à tout prix que je me libère de cette chose. Ainsi, je tentai par tous les moyens d’en sortir tandis que ma progéniture, elle, se laissait progressivement ensevelir par l’épaisse toison d’énergie rouge. Son monstre disparut, se laissant absorber par l’attaque fulgurante qui ne présageait rien de bon.


Nous fûmes tous deux surélevés dans l’espace de bataille, les corps recouverts jusqu’au cou d’une masse gluante et épaisse nous empêchant d’esquisser le moindre mouvement. La femme, qui semblait avoir tout planifié, reprit la parole, dénuée de toute malice.


« Ceci est un cadeau de mon père, un cadeau de toute ta lignée. Sourit-elle fièrement. Nous savions que tôt ou tard tu allais revenir, et pour cela, nous avons développé au fil des millénaires le sort ultime pour te vaincre une bonne fois pour toutes.


– Et pourquoi ne pas l’avoir utilisé plus tôt s’il suffisait à me vaincre !? Hurlai-je, voulant percer au travers de son bluff.


– Tout simplement car aussi puissant qu’il soit, Intshabalalo yokugqibela a des limites. Il te prendra la vie, en échange de la mienne, tout simplement.


– Attends ! Tu veux dire que –


– Je t’emporte avec moi loin de ce monde, loin de mes frères et de ma famille. Tu as gagné, Ezaakh. Tu as prouvé que tu étais bien plus fort que je ne le suis, mais contrairement à toi…des gens m’aiment, et ils attendent que je te terrasse pour m’accueillir en héroïne. Toi, tu seras tout seul de l’autre côté. »


Elle resserra l’emprise de cette chose qui lança d’un seul coup un électrochoc si violent qu’aucun sort n’aurait pu minimiser les dégâts. Je hurlai. Comme une bête sauvage meurtrie par un chasseur. Je n’avais aucune échappatoire et je ne pouvais pas atténuer la douleur. Je lançai un regard à ma progéniture. Elle ne grimaçait même pas face à ce qu’elle encaissait, cette sensation identique à la mienne.


Je compris alors que jamais elle n’avait été corrompue par une quelconque faiblesse. J’avais réussi à créer la digne descendante de ma lignée, capable de surmonter tous les obstacles, même celui de donner sa propre vie pour les nôtres. J’étais peiné à l’idée de la voir s’éteindre pour me vaincre, mais il était trop tard. Ce sort avait été étudié pour pallier à tout mon arsenal. Un cadeau empoisonné de mes propres fils et filles pour me prouver qu’ils étaient capables de tuer quelqu’un d’aussi puissant que moi.


Alors je ne dis rien. Il était inutile pour moi de ne faire quoi que ce soit si ce n’était attendre la mort. Je fixai du regard la détermination de l’aînée de la famille tandis que la douleur déformait encore mon visage.


« C’est terminé Ezaakh. »


https://www.youtube.com/watch?v=cYrKrcS_LVA


Ses yeux luisirent d’un éclat bleu scintillant tandis que l’emprise se refermait sur moi. Mais à ma grande surprise, alors que je pensais que tout était perdu pour de bon, une épée flamboyante surgit de nulle part. Une lame mêlant les couleurs d’une flamme incandescente et lumineuse avec celles des ténèbres de notre pouvoir. Cet objet percuta Laïla qui, perturbée dans son sort, laissa disparaître tout ce qui nous retenait avant de s’écraser au sol. Un nuage de poussière s’éleva. Lorsqu’il se dissipa je pus discerner quelque chose de particulier. 6 hommes en armure se tenaient fièrement face à moi, guidés par un septième en avant par rapport à eux. L’homme semblant être le leader portait une longue cape noire s’ouvrant sur son visage duquel je pouvais discerner deux grands yeux bleus me fixant d’une expression faite de vide. Cette personne n’était autre que mon rejeton. L’aîné des deux. A l’exception près qu’il était cette fois en phase avec notre héritage, je le sentais. Et il avait même généré des sous-fifres, puisque les six chevaliers derrière-lui respiraient les mêmes ténébres que celles que je répandais.


« Intéressant…souris-je en constatant l’évolution de ma progéniture. Je ne pensais pas te voir arriver face à moi dans cet état, Hiroki. »


Il m’ignora. A la place, il se rendit aux côtés de sa sœur qu’il venait de neutraliser. La relevant péniblement, il passa sa main au-dessus d’elle et la soigna.


« Hiroki…Soupira Laïla dans un effort surhumain. Pourquoi as-tu fait ça… ?


– Je t’interdis de mourir, même pour nous. Murmura-t-il. Il est temps que je rétablisse l’ordre naturel des choses. »


Il se dressa droit devant moi, déployant un charisme que je ne lui connaissais pas jusqu’alors. Ses sbires brandirent leurs épées et les pointèrent à mon visage, me laissant constater dans la pénombre toutes les paires d’yeux luminescents qui me fixaient d’un air mauvais, prêts à en découdre.


« Repose-toi, Laïla. Déclara Hiroki en me fixant du regard. Grand-frère va te protéger. »


Puis il s’élança dans la bataille à une vitesse si folle que même moi je ne réalisai pas qu’il venait de m’ouvrir la chair, donnant le premier coup d’une nouvelle lutte acharnée contre ma progéniture.


Les légendes ne meurent jamais, elles se retrouvent toutes au format Avril 2014.
Yume-Nikki. Glory for Hope. United We Stand. Guru Guru Wonderland.
http://web.archive.org/web/20170711065501/http://otk-expert.fr/arpenteurs/11188/

Ezaakh
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[En Cours] Rising Hope : Les Spectres du Passé posté le [22/09/2019] à 02:04

Chapitre 183: La confrontation finale (3)


https://www.youtube.com/watch?v=wQJDaNXZ2As


Je ne l’avais pas vu venir. Moi, Zetsubô, grand souverain du désespoir et noyau de destruction millénaire, je n’avais pas anticipé l’attaque d’un simple homme. Un de mes misérables rejetons incarnant en lui tout ce que je haïssais dans le genre humain par-dessus le marché. Je grimaçai sous la douleur tandis que la lame qu’il avait sortie de je ne savais où m’avait tranché l’abdomen. Je me soignai rapidement et tentai de prendre du recul, mais j’étais bien trop imprudent. En effet, l’un des chevaliers accompagnant Hiroki m’attendait déjà derrière. Le blond en armure et aux yeux verts éclatants abattit son épée sur moi sans que je ne le remarque.


J’eus tout juste une seconde pour l’esquiver. Une simple seconde qui m’avait peut-être épargné des tas de problèmes. Je disparus, utilisant mon omnipotence pour naviguer au travers de ces troupes guerrières, mais contre toute attente – tout du moins la mienne –, Hiroki me suivit dans ma course. Je n’étais fait que d’ombre se fondant dans le décor afin de me déplacer, mais lui me suivait de la même façon. Je fus sans voix. Comment ce déchet avait-il pu mettre la main sur le même pouvoir que je possédais ?


Je n’eus pas le temps de répondre. Il sortit de son état immatériel et plongea sa main dans mon ombre de laquelle il m’extirpa avec force, avant de me lancer dans les airs, droit vers les six soldats qui l’accompagnaient.


« Maintenant, Shishou ! Hurla ma descendance. »


Le chevalier blond acquiesça. Lui et ses camarades plantèrent tous leur épée dans le sol, laissant apparaître un motif circulaire fait d’énergie tournant sur elle-même sans jamais s’arrêter. Ce cercle multicolore ne fit que grossir de secondes en secondes, tandis que j’essayais pour ma part de retrouver mon équilibre.


« Nous pourfendrons le désespoir, peu importe si nous devons pour ce faire connaître le trépas ! Résonne dans nos coeurs ! Ô, dame du lac. Que ta lumière brille sur les contrées de notre royaume malmené par ces viles couardises ! Noble Magic: Nobilis Phantasia !!! »


Une éclatante colonne de lumière surgit du sort généré par ces six dégénérés et m’engloutit en l’espace de quelques secondes. J’étais aveuglé, en suspend au milieu de cette étincelante énergie qui ne semblait pas avoir la moindre propriété offensive. Pourtant, alors que je me croyais sauvé, je vis surgir de nulle part l’instigateur du sort. Il me lacéra d’un coup d’épée, suivit par l’un de ses acolytes, puis un autre, à une vitesse à couper le souffle. Je ne pouvais pas préparer le moindre sort tant leur synchronisation ne me laissait aucune ouverture. Je ne pouvais que subir les coups d’épées enragées provenant de cette vermine. Ils se relayaient en boucle pour m’ouvrir la chair, et je ne pouvais même pas répondre, ni m’échapper. Alors il allait falloir que je trouve une solution.


Je décidai de repérer le moins menaçant du lot, et lorsque je le fis, je pus le repousser d’une attaque furtive qui désynchronisa le reste de l’équipe. Je pus ainsi m’extirper de la boucle et essayer de gagner du temps pour me soigner.


Mais je heurtai quelque chose de derrière. La grande carcasse de mon descendant qui m’avait remarqué. Me dévisageant sans émotion véritable, il se saisit de son épée, et la planta avec brutalité dans ma carcasse déjà amochée par l’attaque. Transpercé par une épée fourrée dans le sol, incapable d’agir, c’était un bien triste spectacle pour mes téléspectateurs. Je me vidai de mon sang, empalé sur une épée fracassée au sol, et ils me regardaient comme une bête de foire. Pensaient-ils vraiment qu’une attaque bon marché de ce genre allait suffire à me vaincre ? Étaient-ils assez naïfs et crédules pour espérer me vaincre ainsi ? Foutaises !


L’épée disparut afin de revenir dans les mains de Hiroki. Ce dernier garda sa posture de garde. Il savait que je n’étais pas vaincu. Ainsi, il n’exprima aucune surprise lorsque mes plaies se refermèrent, ni quand je m’élevai à quelques mètres au-dessus de leur tête. Les ténèbres gravitaient de nouveau autour de moi tandis que mes blessures se soignaient. Je déployai mes bras, tandis que dans les paumes de mes mains chargeait une puissance aussi intense que la haine éprouvée à l’égard de Hiroki.


Au lieu de la projeter contre eux, je la dirigeai contre moi-même. Cette force colossale m’engloba en l’espace de quelques secondes qui durent sûrement leur paraître une éternité. Préface de la souffrance éternelle.


« Ukuphelelwa lithemba. »


Et l’énergie se démultiplia encore et encore, tandis que je ne pus m’empêcher d’éclater de rire face à ces pauvres fous. Comment osaient-ils croire qu’ils pouvaient me malmener, me vaincre !? J’étais loin d’avoir dévoilé toutes mes cartes. Je possédais en moi 5000 ans de potentiel ! Il était impossible que je faiblisse !


L’énergie obscure ne se dissipa pas. J’avais fusionné avec elle. Mon corps était enveloppé de ma toute puissance, ne laissant même plus voir mon visage ou mes membres. Je venais de transcender les limites du pouvoir. Moi, Katsuo Yamada, venais de me débarrasser de mes dernières limites d’humain afin de devenir un être surpuissant fait non plus de chair et de sang, mais de kvantiki à l’état pur.


Je me sentais capable de terrasser n’importe quel semeur de troubles. Chaque seconde passant m’octroyait davantage de pouvoir, et pire encore, je me sentais drainer l’énergie quantique de tous les êtres présents dans cette pièce. Hiroki le notifia. Il se rua sur moi en utilisant toute sa puissance du désespoir. D’un bond, il tenta d’abattre son épée sur ma personne.


« C’est fugace. Raillai-je. »


Je déployai le bras face à lui, laissant apparaître en moins d’un clin d’œil une vague d’énergie si puissante que je n’en revins même pas moi-même. Ses yeux s’écarquillèrent. Il n’avait pas prévu une telle force. Cependant, alors qu’il allait se faire souffler par l’attaque, deux de ses acolytes se dressèrent rapidement devant lui, se faisant trancher en deux sans même avoir le temps de prononcer le moindre mot. Leurs carcasses disparurent dans une épaisse fumée translucide qui me confirma que je les avais définitivement renvoyés en Izrath.


Je ne lus aucune crainte dans le regard de mon rejeton. Simplement de la colère qu’il comptait bien extérioriser par son pouvoir. Car au lieu de reculer, il se jeta sur moi une nouvelle fois. Il fut d’ailleurs accompagné par le blond du groupe, celui qui lui avait apparemment fait allégeance.


« Si vous souhaitez mourir ensemble, j’exaucerai votre prière. Lançai-je sans aucune émotion.


– Ne prends pas tes espoirs pour une réalité. Rétorqua mon fils. Shishou !


– Allons-y mon jouvenceau !


– Ignoble Magic ! S’exclamèrent les deux écervelés en synchronisation. Lithemba flante exsurgebat !! »


Lorsque ma puissance s’abattit sur eux, au lieu de se faire trancher purement et simplement par l’attaque, ils réussirent à la dévier comme un vulgaire sortilège de seconde zone. Ils s’avancèrent ensuite vers moi comme s’ils avaient une chance de me vaincre. Ils brandirent leurs épées en synchronisation et tentèrent de me donner un coup en simultané, mais je réussis à leur barrer la route.


Un de mes Nemesis apparut. Mais tout comme moi, il avait gagné en puissance. Lui aussi n’était plus que du Kvantiki à l’état pur et brut. Il suffit à s’interposer entre les deux hommes et moi, me laissant générer d’autres créatures de mêmes propriétés à ses côtés. Une fois suffisamment de monstres invoqués, je claquai des doigts, laissant le soin à toutes ces créatures provenant de Lithemba de fusionner ensemble.


Je me fis attaquer durant le processus, mais il était impossible de m’atteindre dans cet état. Je repoussai les deux hommes sans la moindre difficulté. Malgré tout leur cinéma, ils n’étaient finalement que deux misérables insectes en comparaison avec la toute puissance d’Izrath. Balayés d’un revers de la main, ils revinrent à la charge, me faisant perdre patience. Pour en finir, je projetai un intense rayon de lumière noire aussi imposant que mes autres pouvoirs. Elle s’écrasa droit sur les deux obstacles à mon succès définitif, sans qu’ils ne puissent rien faire.


Ma créature naquit. Elle s’éleva dans l’espace de bataille et poussa un rugissement de désespoir dont le niveau de puissance était aussi élevé que le côté affligeant de ma descendance. Un long dragon de quelques mètres fait de Kvantiki, la même matière me composant, dont les grands yeux rouges perçants étaient aussi lugubres que mon regard. J’ordonnai à la créature de s’occuper du menu fretin restant, ce qu’elle fit sans broncher. Mais à ma grande surprise, lorsque je voulus confirmer l’état de Hiroki, ce dernier me réserva une surprise.


Il avait survécu, et son imbécile de partenaire également. Ils étaient tous les deux couverts d’une étrange carcasse ayant apparemment réussi à contenir l’attaque, avant de tout simplement se briser dans une poussière multicolore. Je reconnaissais cette matière. C’était de la vitre, et pas n’importe laquelle : du vitrail.


Instinctivement, je tournai ma tête vers Laïla, et je découvris avec stupéfaction qu’elle était de nouveau debout. Elle semblait avoir récupéré le plus gros de ses forces. C’était elle qui avait protégé son frère. Cette simple pensée suffisait à me faire enrager. Chaque fois, un autre obstacle se dressait sur ma route.


« Heir of Despair ! Stained Disaster !! »


Les fragments de vitre que je venais de briser furent dirigés à toute vitesse contre moi, tentant de nouveau de m’enfermer comme ma fille avait essayé quelques temps auparavant. Je m’en défis cependant facilement, au vu de l’état dans lequel je me trouvais. Mais tout cela était un leurre. Les chevaliers nobles s’étaient déjà rassemblés autour de moi afin de me tendre un piège. Les quatre combattants restants se dirigèrent à toute vitesse sur moi en laissant un hurlement de détermination qui ne me fit pas sourciller. Leurs épées luisirent, me laissant reconnaître la même couleur que cette attaque m’ayant fait si mal lorsque j’étais face à Laïla. Je n’allais pas me faire avoir une seconde fois : j’esquivai les quatre attaques, et je vis même arriver la femme, son frère et le blond dans leur embuscade. Au lieu de céder à leur offensive, je les repoussai, avant de projeter une autre vague dévastatrice qui eut raison de deux autres chevaliers nobles.


https://www.youtube.com/watch?v=qlEjo24vyp0


Je ricanai. Ils étaient tous pathétiques.


« Vous ne pourrez jamais gagner contre moi. Leur lâchai-je, presque compatissant. Jamais vous n’avez fait face à ce que j’ai vécu. Survivre, détruire, trahir, ceci est le quotidien que j’ai expérimenté chaque jour. J’ai dû grimper tous les maillons de la chaîne des forts et des faibles afin de tous vous regarder d’un piédestal intouchable. Et vous, qu’avez-vous accompli dans votre misérable existence ? Fuir une fondation composée d’une centaine d’hommes armés ? S’échapper de chez soi car on a peur de heurter la sensibilité de son petit frère ? Regarder ses amis mourir encore et encore et fuir la réalité en scellant ses souvenirs ? Comment osez-vous prétendre, ne serait-ce qu’une seconde, à rivaliser avec moi alors que vous avez tous les trois passé votre vie à fuir toutes les difficultés !?


– Nous nous battons justement parce que nous avons compris qu’il est inutile de fuir. Me répondit le chevalier blond en affichant un semblant de conviction.


– Et détrompe-toi Katsuo, enchérit Hiroki. Si nous avons fui la fondation du futur plutôt que de la détruire, ce n’est pas une preuve de faiblesse. Au contraire. Si notre lignée s’était rebellée et avait vaincue l’organisation, cela aurait été le monde entier qui aurait eu les yeux braqués sur nous, en envoyant les meilleures troupes pour s’assurer que l’on meurt. Et le nombre de tes descendants aurait été de zéro.


– Cela n’aurait pas été plus mal quand on voit ce qu’est devenu mon sang. Rétorquai-je en grimaçant. J’ai beau avoir trois descendants, aucun n’est capable d’assumer le poids de notre fardeau. J’aurais préféré la destruction pure et simple de vos misérables existences, quitte à devoir trouver un autre moyen pour revenir à la vie. »


Ma créature revint. Sans surprise, elle avait vaincu les deux autres chevaliers nobles restants. Ainsi, nous n’étions plus que quatre dans cette salle d’affrontement. Hiroki, Laïla, Medrawt, et moi.


« Cette fois vous ne pourrez pas fuir l’absurdité de cette réalité. Souris-je. Je vais détruire le peu d’espoir qu’il vous reste, misérable vermine ! »


Et j’attaquai une nouvelle fois, déchaînant les vagues du désespoir surgissant des entrailles de la terre. Comme assoiffées de mort, elles se répandirent à une vitesse folle vers ma progéniture et leur bouffon, promettant un sort funeste à quiconque en serait prisonnier. Pourtant, aucun des trois ne bougea. Ils avaient deviné ma stratégie, et s’étaient déjà retournés vers ma créature qui avait tenté de les prendre à revers. Laïla et Medrawt se dirigèrent spontanément en équipe vers ma diversion tandis que Hiroki lui, générant une épée dont il avait le secret, se jeta sur moi dans une chute libre.


« Va aider Hiroki ! Ordonna Laïla au chevalier blond. Il en aura plus besoin que moi.


– Je ne laisserai pas s’éteindre la lignée de Mélissa une seconde fois. Rétorqua le chevalier sans s’arrêter dans sa course. Je ne vous lâcherai plus, Laïla. »


Les larmes montèrent aux yeux de ma progéniture qui sembla réaliser quelque chose, mais elle se reprit vite. Pour ma part, je repoussai aisément les attaques de celui qui s’était mis en tête de me vaincre. Pourtant il s’acharnait, cet être misérable fait de faiblesse et de soumission. Et son regard était empli de détermination. Réalisait-il qu’il n’y avait aucun avenir, ni pour lui, ni pour ses frères et soeurs ? Pourquoi me posais-je cette question ? Il était un imbécile total, impossible de calculer la moindre éventualité liée aux risques ou autre variable.


« Pourquoi t’acharnes-tu Hiroki ? Repris-je en projetant un éclat sombre. Tu n’as plus rien. Ton monde a été détruit, et si par miracle tu viens à me vaincre, tu emporteras avec toi les vies de tes camarades. Vous ne vous en remettrez jamais.


– Pourquoi ? Répondit-il en déviant mon éclat d’une main. Je ne fais que suivre notre destinée. Nous les Yamadas, avons décidé de lutter pour les générations futures. Nous avons pour seul héritage notre haine envers toi. Une fois que l’on aura terminé notre mission millénaire, nos descendants pourront vivre en paix pour toujours.


– Et après !? Grognai-je, exaspéré par leur logique. Une fois que vous m’aurez vaincu, vous pensez que tout se terminera !? Vous resterez en bas de l’échelle du pouvoir, à trimer toute votre vie pour obtenir les miettes de votre travail ! A quoi bon lutter pour le bien de pauvres fous qui ne se préoccupent pas de votre existence, et qui vous jetteraient dans l’abîme pour survivre à votre place !?


– Plutôt être en bas de l’échelle du pouvoir plutôt que de vivre dans la crainte de représailles, en ayant le sang d’innocents sur les mains. Reprit calmement mon héritier en s’engouffrant dans les ombres du décor. Katsuo, nous ne nous comprendrons jamais. Aussi longtemps que tu vivras, je te traquerai jusqu’à ce que tu meures. »


Je vis son ombre se mouvoir à la vitesse de la lumière pour se diriger jusqu’à moi. Je m’engouffrai à mon tour dans l’espace, acceptant le challenge de la jeune génération. Lorsque nos puissances s’entrechoquèrent, à ma grande surprise, aucun de nous n’en fut impacté. Il possédait énormément de puissance, et une endurance semblant à toute épreuve. Comment était-ce possible ? Laïla, la fleur inestimable de mon jardin du chaos, s’était laissée corrompre par cet espoir nauséabond alors que Hiroki, simple mauvaise herbe sans autre avenir qu’être déraciné, laissait éclore un potentiel de souverain. J’étais dans l’incompréhension totale.


Il réapparut derrière moi. Par quelle sorcellerie avait-il échappé à mon omnipotence ? Je ne savais guère. J’avais cependant l’impression que c’était moi qui luttais avec son pouvoir, et non l’inverse.


https://youtu.be/fRoUxpe5R0k


« Heir of Despair. Reprit le jeune homme. Shadow Reminiscence ! »


Tout devint sombre. Le décor autour de moi sembla se fondre dans les ténèbres avant de me laisser seul au beau milieu de la pénombre. Lorsque le rideau d’obscurité se dissipa, je n’étais plus dans l’espace que j’avais laissé. A la place, une vision de stupéfaction était apparue. Il était là, me fixant depuis la pénombre de ses deux grands yeux rouges. Cet immense dragon fait d’écailles couleur ébène, à la gueule respirant les ténèbres et la rage. Cet être aux griffes acérées faisant quatre à cinq fois ma taille…Celui qui m’avait choisi pour porter ses ambitions il y avait maintenant des millénaires…


« Comme on se retrouve, Katsuo. Grogna la créature avec mépris.


– Mes hommages…Gariatron. Rétorquai-je grimaçant. Comment allez-vous, toi et tes frères ? Toujours discriminés par le sanctuaire céleste ?


– Ne fais pas l’innocent ! Cracha le dragon, me contraignant à éviter son brasier. Tout est de ta faute ! A cause de toi, nous avons été désigné comme des démons ! Nous sommes répudiés de notre propre demeure, simplement car je t’ai fait confiance !


– Je n’ai fait aucune distinction entre toi et les autres. Repris-je, apathique. Un sous-fifre est un sous-fifre. Ce n’est absolument rien de personnel. »


Cela sembla soulever une question d’ordre personnel puisque la créature rugit de rage en entendant ces mots. Elle me saisit par la gorge avec une violence telle que je n’arrivais même pas à me défaire de la pression de ses serres.


« Lorsque j’ai cherché en ton monde quelqu’un qui allait pouvoir m’aider à réparer les erreurs du mien, j’ai pris l’être humain le plus misérable et je lui ai confié les pouvoirs d’Izrath. Et c’est cet humain en qui j’avais décelé l’humilité et la rationalité qui est devenu l’être le plus immonde que l’on ait connu.


– J’avais déjà tué mon maître et mon père pourtant. Raillai-je malgré la douleur. Tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même pour avoir fait confiance à un meurtrier. »


Dans un hurlement de frustration, il me balança contre le mur en utilisant toute sa puissance. Je réussis retrouver mon équilibre, mais c’était loin d’être terminé. La créature luisait d’un éclat pourpre me laissant présager qu’elle préparait une attaque colossale imprégnée de toute la colère du monde.


Je n’allais pas l’esquiver. Il fallait que je rappelle à cet animal de compagnie qui était le maître. S’il avait réussi à asservir d’autres humains de mon espèce, alors qu’il fêtait ces victoires, mais je n’étais pas un autre réceptacle à ajouter à sa liste. Ainsi, je me saisis de son attaque à mains nues, avant de les repousser dans le décor comme si de rien n’était. Cela sembla irriter la créature.


« Je t’ai utilisé depuis le début ! Lui hurlai-je alors que ma puissance se décuplait. Je n’ai vu en toi qu’une passerelle vers un nouveau monde, le monde que J’AI créé !! Lithemba est MA création et est soumise à MES règles ! Tout ce qui s’y trouve me revient, et tu ne fais pas exception, Gariatron !!! Tu peux être un démon pour les Izrathiens, tu n’as jamais été qu’un misérable insecte à mes yeux !! »


Je me déplaçai à la vitesse de la lumière vers cette chose. Utilisant mon omnipotence afin de me rapprocher de lui, je tentai de lui porter un coup puissant qu’il esquiva à la dernière seconde. Se retournant vers moi les yeux encore plus étincelants, il grogna à mon égard.


« Tu utilises même son pouvoir contre moi…Sans l’ombre d’un remord…


– Le pouvoir que j’ai gagné légitimement en écrasant ta progéniture, monsieur le dragon. Donner le pouvoir du maître de l’espace à un rejeton n’ayant aucune expérience du combat sous prétexte qu’il est ton fils, c’est risible.


– Tu étais celui qui devait le former au combat…


– Encore une fois, tu choisis mal tes alliés. Est-ce de ma faute ? »


La créature ne me répondit rien. Lorsque je me ruai sur elle, elle tenta de me repousser, mais il n’en fut rien. J’étais bien trop puissant pour être paré, surtout par des pouvoirs si misérables. Je générai une intense puissance d’énergie aussi noire que le dragon qui était autrefois mon sous-fifre afin de la projeter droit contre lui. Il lâcha un hurlement de douleur tandis que ma puissance explosa maintes fois à son contact. Puis il s’écroula au sol, laissé pour mort.


https://www.youtube.com/watch?v=eT4sQhsHpT0


Je n’eus le temps de rien voir d’autre. Un impact tout aussi puissant que le mien vint me percuter, avant de me projeter droit contre le mur de l’espace de bataille dans lequel j’étais revenu. Une puissance prodigieuse semblant aussi déroutante que la mienne. Je ne pus rien faire tandis que je rasai le sol de l’endroit jusqu’à m’écraser contre la paroi rocheuse. Je jetai un œil, tandis que des tas de plaies s’étaient ouvertes dans mon corps. Hiroki semblait être celui m’ayant ramené de cet endroit. Il esquissa un sourire espiègle.


« Il suffit de peu pour déstabiliser le grand désespoir. Se moqua-t-il. Shadow Reminiscence est parfaite pour sonder le coeur d’un individu. Elle m’a permis d’observer ton propre passé en en remuant les spectres endormis au fond de ta conscience. Et j’en ai profité pour te jouer un coup fourré.


– Cette vision…bégayai-je.


– Elle était plus ou moins factice en effet. Disons que j’ai créé une dimension vierge à partir de tes souvenirs, et que dans cette dimension j’ai généré ton ennemi juré, encore une fois en prenant en compte ce que tu gardais en mémoire. Cela m’a permis de te faire affronter un adversaire à ta taille et te tenir occupé pendant que je préparais mes prochains coups. »


Hiroki déploya ses bras au-dessus desquels se dessinèrent des sphères d’énergies, chacune d’une couleur différente. Elles étaient toutes ternes, faites de désespoir. Elles gravitèrent quelques secondes tandis que moi, j’essayais de me soigner, mais j’étais bien trop lent. Laïla avait entravé mon pouvoir de guérison avec son attaque suicide, et cela allait me porter préjudice.


Les sphères de mon rejeton se matérialisèrent en planètes qui grossirent, encore et encore, à une vitesse prodigieuse. Elles gagnèrent en puissance et en obscurité, gravitant autour d’une énergie noire imbibant le lanceur du sort.


« Sonder les cieux, ouvrir les cieux… Étoiles à travers l'univers, montrez-vous à moi de tout votre éclat! Tetrabiblos, je suis le maître des étoiles. Mon aspect est la perfection.


– Ce sort !! Hurlai-je en essayant de me dégager. Comment peux-tu… !?


– Gardien des étoiles, toi avec qui j’ai prêté alliance par le biais de ton héritière. Je t’ordonne de m’obéir selon le contrat de substitution nous liant. »


Je déglutis. L’incantation était prête. Son pouvoir l’était aussi. Et la menace était réelle. Je ne pouvais pas me faire avoir une deuxième fois par ce pouvoir. C’était impossible. Complètement impossible.


« – Ouvre la porte du ciel ! Hurla Hiroki. Les 88 étoiles du ciel de Lithemba !! Tenebris Urano Metria !!! »


Son sort emporta avec lui tout ce qu’il y avait autour de lui, à commencer par ma créature faite de Nemesis. Les étoiles du ciel se déchaînèrent tandis que j’entendis le rugissement du dragon ayant pactisé avec la descendance de Yiskha réclamer mon sang depuis les cieux. Le reflet de ce lézard s’inscrivit dans les yeux de mon rejeton. Une nouvelle fois j’allais devoir encaisser une telle puissance prodigieuse, alors que je pensais en avoir définitivement fini avec la lignée de cette traîtresse.


Les légendes ne meurent jamais, elles se retrouvent toutes au format Avril 2014.
Yume-Nikki. Glory for Hope. United We Stand. Guru Guru Wonderland.
http://web.archive.org/web/20170711065501/http://otk-expert.fr/arpenteurs/11188/

Ezaakh
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[En Cours] Rising Hope : Les Spectres du Passé posté le [23/09/2019] à 00:58

Chapitre 184: La confrontation finale (4)

https://www.youtube.com/watch?v=PbT1NqYPlWk


Cela me rappelait des souvenirs que j’aurais bien voulu tout simplement occulter de ma mémoire. Cette incantation, ce sentiment d’oppression, ces planètes déchaînant leur nitescence contre ma personne. Et cette lignée dégénérée qui avait transporté avec elle les pouvoirs de mon ancienne servante la plus dévouée…

Ou que tu sois désormais, je te maudis, Yiskha. Toi qui a rallié à ta cause ce stupide gardien des étoiles et qui a créé avec lui ce sort dans le seul but de me réduire définitivement au silence. Toi qui as transmis ta prophétie absurde ayant corrompu ma sainte et noble descendance. Toi qui a juré fidélité sur toutes tes générations à ce pauvre lézard qui se met encore une fois en travers de mes plans.

Je te maudis de tout mon être, de toute mon âme, et toute fibre composant ma chair, Yiskha.


« Et sache que je ne te laisserai jamais avoir une autre victoire contre moi !! Hurlai-je face à la projection de Hiroki. »


Je plantai la moitié de mon bras dans le sol, créant une crevasse rien que de par la puissance de ma frappe. J’utilisai ensuite l’un de mes sorts pour projeter de l’énergie directement dans le trou, ce qui eut pour effet de la faire rejaillir à l’extérieur. Elle dressa un mur entre moi et l’Urano Metria des ténèbres avant même qu’elle ne me touche. Je profitai de la collision pour reculer de quelques mètres afin de réitérer mon acte, et, comme je le pensais, chaque fois que la puissance corrompue du gardien des étoiles heurtait un de mes murs, elle consumait sa puissance pour le franchir. Ainsi, il fallut quatre obstacles pour la dissiper totalement.


J’avais gagné assez de temps. Mes plaies étaient quasiment toutes refermées tandis que Hiroki, lui, haletait comme si ce sort était son ultime ressource pour me vaincre. Ses camarades le regardèrent, horrifiés par le dénouement de cet affrontement. Était-ce donc vraiment leur coup fourré pour en finir ? Le sort de l’humanité se jouait-il vraiment sur un coup de poker ? Amusant. J’étais désormais curieux de savoir comment ils allaient pouvoir espérer me vaincre maintenant que le sort le plus puissant de Hiroki avait échoué tandis que celui de Laïla était prévisible.


Mais je n’allais pas attendre. Je devais leur faire payer à tous les deux. Ces rejetons respectivement corrompus par la princesse de l’espoir et la lignée de Yiskha. Ces traîtres qui n’allaient de toute façon jamais prétendre à implorer mon pardon. Il fallait que je calme cette rage et que je détruise leurs vies à eux qui se sont soumis à tout ce que j’ai combattu de toute mon être. A quoi bon donner toute mon existence à une cause pour que derrière, ces ingrats pactisent et se soumettent à nos pires ennemis !?


Je n’eus même pas le besoin de dire quoi que ce soit. Mon pouvoir réagit tout seul, se changeant en un lasso d’énergie qui ligota mon fils et sa sœur, les empêchant ainsi de réagir. Je claquai des doigts, laissant le blond qui les accompagnait au sol afin de m’élever encore et encore avec ma progéniture. Les liens les retenant drainaient petit à petit leur énergie en leur tirant des hurlements de souffrance et de supplication. Comme je l’avais toujours su, j’étais le maître. Et j’allais leur rappeler une bonne fois pour toutes quelle était leur place.


« Vous avez trahi la lignée que j’ai construite en vous laissant corrompre par ces imbéciles. Leur lâchai-je, glacial. Je vais vous faire regretter d’avoir remis votre vie entre les mais de ces déchets !

– Je t’interdis d’insulter…la mère…de mon fils…Grogna Hiroki en réfrénant des grimaces de douleur.

– La mère de ton fils !? M’exclamai-je, déchaînant ma rage. Tu ne t’es pas contenté de pactiser avec cette femme, il a fallu que tu te reproduises en elle !? Malheur à toi ! Je te maudis, Hiroki Yamada !! Je vais te détruire, et lorsque cela sera fait, je détruirai ce déchet que tu as engendré avec elle !!! »


Je ne contrôlais plus rien. Je n’allais trouver le repos que lorsque cette anomalie allait être supprimée. J’étais traîné dans la boue. Couvert d’indignation et de disgrâce. Jamais je n’allais pouvoir essuyer une telle honte, à moins de détruire cette erreur de façon définitive. Mes pouvoirs étaient en accord avec moi, puis des cratères se dessinèrent dans le sol. Deux brèches laissèrent passer un torrent d’énergie de désespoir qui prit la forme de serres de dragon pour aller agripper ces deux rejetons qui ne m’avaient donné que trop de cheveux gris. Je resserrai mon emprise en serrant les poings, laissant agoniser les deux comparses dont l’existence allait bientôt être écrasée par la mienne.


« Je vous ai laissé tant de chances et vous n’avez fait que me trahir. Grognai-je. Chaque fois que je me persuade d’être clément avec vous, j’essuie un nouveau coup de poignard dans le dos. Cette fois c’est terminé. Si tu me regardes, progéniture de cette vermine, sache qu’une fois que j’aurai exterminé ton père, tu seras le suivant ! Despair Origin : Iminyaka emihlanu yokubandezeleka !! »


A la seconde où je prononçai ses mots, les liens luisirent d’une couleur similaire à la puissance qui m’englobait. Ils s’embrasèrent, laissant résonner les cris de douleur de Hiroki et Laïla qui, l’énergie continuellement aspirée par ma puissance, ne pouvaient rien faire d’autre que de hurler leur souffrance. J’appréciai la symphonie de leurs hurlements résonnant dans l’espace, s’accordant à merveille avec les supplications de leur acolyte afin que je les épargne. Mais ce n’était pas assez. C’était loin d’être suffisant pour couvrir les cris de douleur de mon âme réclamant le fruit de cinq mille ans de vengeance. Mon coeur réclamait réparation pour ce préjudice, ce sacrilège d’avoir été perverti par nos ennemis jurés. J’allais les faire souffrir de plus en plus, jusqu’à ce que leurs corps se déchirent et que leurs cris d’agonis recouvrent enfin ceux de mes sacrifices.


« Laissez mon jouvenceau et ma dame en paix !! Hurla la voix du chevalier noble, alors qu’il était au sol. Arrêtez cette folie ! Zetsubô !! »


Je l’ignorai. Je n’avais aucun mot à gâcher pour ce genre d’être qui de toute façon n’avait aucun impact sur le monde. De plus, j’étais occupé à être le spectateur de la lutte acharnée contre ma toute puissance qu’entreprenaient les frères et sœurs. Ils étaient impuissants et ils le savaient. Ils étaient faibles et en étaient conscients, mais malgré tout, par orgueil, fierté, ou je ne savais quelle émotion, ils s’obstinaient à tenter de dissimuler leur peine. Car oui, ils souffraient le martyr, je le savais pertinemment. C’était écrit sur leurs visages. Je leur creusai des rides qui n’avaient jusqu’alors jamais vu le jour tant leurs muscles se contractaient face au fardeau que je leur imposai.


C’était presque parfait. Il ne manquait plus qu’une mise en scène à couper le souffle, et j’allais pouvoir apprécier ce délicat spectacle à sa juste valeur. L’embrasement de ma génération future. Le souffle du renouveau qui allait écrire une nouvelle page dans ma descendance. Je n’avais plus besoin de ces deux résidus de sous-race. Ils avaient accompli leur tâche et j’étais désormais présent physiquement. Je n’avais plus qu’à trouver la femme qui allait me donner d’autres enfants, et tout allait recommencer.


https://youtu.be/Dde7J_NlzQI


Je l’esquivai. Cette épée qui avait été projetée à la vitesse de la lumière contre moi. C’était un simple bout de métal. Comment ce fou avait-il pu penser que cela m’aurait causé le moindre dégât ? Pourtant, il avait tenté de le faire. Je me retournai vers lui. Il haletait, comme épuisé par ce simple effort basique, et pourtant, il me dévisageait avec toute la haine du monde dans le regard. Je soupirai. Il troublait mon spectacle et en plus de cela il croyait avoir une chance. Je descendis pour arriver à sa hauteur, laissant derrière-moi ma progéniture se faire exterminer par mon sort. Une fois arrivé à son niveau, je lui attrapai le visage avec force. J’allais lui enseigner le véritable sens du mot terreur, une bonne fois pour toutes.


« Penses-tu vraiment avoir une chance contre moi !? Grognai-je. Tu as passé ton existence à voir tes amis mourir et tu as dû compter sur une petite fille pour échapper à la mort. Quant à cette épée, même projetée à la vitesse de la lumière, jamais elle ne me blessera.

– Peu importe le mur de puissance qui nous sépare. Reprit Medrawt, apparemment déterminé. Je te créant que je me relèverai toujours tant que mon jouvenceau sera prisonnier de tes entraves ! »


https://www.youtube.com/watch?v=vW97eh-DBeY


Il ne me laissa pas rétorquer. Il se défit de mon emprise et fit apparaître une autre arme dans ses mains. Il m’en donna un coup puissant, mais sans surprise, j’avais déjà réussi à le parer à mains nues. Je voulus contre-attaquer en me saisissant de l’objet, mais il l’avait déjà lâché. Et pire même, il avait bondi par-dessus la précédente, m’attaquant par la voie aérienne. J’esquivai avec quelques secondes d’avance, avant de projeter un torrent de puissance qui s’écrasa sur le chevalier noble.


Je me reculai tandis qu’il se contenta d’encaisser l’attaque de plein fouet. Il réussit à la contenir, non pas sans être repoussé sur plusieurs dizaines de centimètres, laissant derrière lui l’empreinte de ses pieds s’appuyant dans le béton du sol. Je souris. L’énergie que j’accumulais grâce à la rétention de mes héritiers me permettait de récupérer bien plus rapidement que lorsque je dus repousser l’Urano Metria. Et cela déplaisait fortement à ce type, que je ne pouvais même pas qualifier d’adversaire.


Il revint à la charge sans esquisser le moindre changement d’expression, comme s’il n’avait toujours pas digéré le fait qu’il n’était capable de rien. Il généra une autre épée qu’il projeta contre moi, en vain. Cette fois je le devançai. Il allait encore utiliser le même coup fourré et attaquer d’un autre angle, alors j’utilisai mon pouvoir pour projeter une onde de ténèbres tout autour de moi afin de le terrasser d’une seule attaque.

Mon pouvoir fut propulsé, et je savais qu’il n’en avait pas réchappé. Tout du moins, c’était ce que je croyais. Car à ma grande surprise, je fus violemment lacéré par une attaque provenant du nuage de fumée généré par mon assaut. Je grimaçai, reculant de quelques pas afin de considérer le chevalier. Il se tenait toujours debout, car il avait généré un bouclier désormais effrité au sol et non une autre arme sur laquelle s’appuyer.


Il se projeta à une vitesse folle droit sur moi, me faisant perdre mes moyens alors que la plaie se refermait lentement et mobilisait quelques ressources. Moi qui pensais le voir arriver, je fus surpris lorsque je constatai qu’à la dernière seconde il effectua une rotation de son corps au lieu de m’attaquer, le laissant passer dans mon dos sans que je ne puisse réagir.


« Noble Magic : Venenum Iaspis ! »


L’épée qu’il portait devint aussi étincelante qu’un diamant. Il la planta directement en moi sans que je ne puisse rétorquer assez rapidement. Lorsque l’objet pénétra mes entrailles, je sentis quelque chose d’étrange en moi. Comme si cette chose répandait une substance nuisible à mon corps. Je tentai de la retirer immédiatement, mais ce fut beaucoup plus difficile que je ne le pensais, si bien que cela me prit trente secondes.


Trente secondes durant lesquelles je ne réalisai pas ce qu’il se passait autour de moi. Medraut m’avait déjà attaqué avec une épée beaucoup plus imposante et puissante que celle qu’il avait brandit quelques minutes plus tôt. Il me fit tituber. Je fus obligé de me retenir de ne pas tomber. Lui, ne me laissait aucun répit. A peine une arme avait-elle servi qu’il en matérialisait une autre afin d’enchaîner les coups. Et alors que je pensais qu’il allait tenter de me transpercer de nouveau, il généra des flammes étincelantes qui se greffèrent à son épée, avant d’abattre son arme sur le sol, générant une explosion lumineuse qui m’emporta avec elles.


Je fus contraint de reculer en raison de la pression de l’attaque. Je grimaçai. Ce chevalier de pacotille semblait avoir quelques réserves à montrer . Eh bien soit, j’allais lui faire comprendre qu’il était impossible pour lui d’espérer sauver ceux qu’il aimait. Tandis qu’il chargeait vers moi, utilisant de nouveau son pouvoir lumineux pour m’attaquer, je plongeai de nouveau comme une ombre dans les débris au sol. Je me déplaçai furtivement comme un poisson nageant dans l’eau afin de réapparaître derrière Medraut. Une fois pris à revers, je déployai la paume de ma main, laissant apparaître une particule de désespoir qui, une fois posée sur le chevalier noble, explosa en le propulsant des mètres plus loin.


Mais cela ne suffit pas, puisqu’au lieu de s’écraser dans le décor, il planta son épée afin de reprendre son équilibre et se projeter dans ma direction. Il lâcha un hurlement de détermination qui résonna dans notre espace de bataille comme s’il portait les espoirs de ses camarades alors qu’il n’était rien. Cela m’agaçait au plus haut point, qu’un vulgaire Izrathien se pense suffisamment solide pour entreprendre des choses hors de sa portée.


« Noble magic ! Ardenti Spiralis !! »


Il s’embrasa en tourbillonnant sur lui-même tandis que sa lame sembla encore gagner en puissance. Avec la vitesse qu’il possédait, et la magie générée, il semblait comme un missile prêt à raser un pays de la carte. Cette fois, je ne pus esquiver l’offensive du chevalier. Je me la pris en pleine figure, jusqu’à m’écraser avec lui contre les parois du mur derrière-moi. Je déglutis. Jusqu’à quel niveau avais-je mal calculé le pouvoir de cet homme ? Il semblait que plus le temps passait, plus Medraut devenait puissant. Comme si quelque chose en lui grandissait et nourrissait ses pouvoirs.


J’eus la révélation. Ses sentiments étaient la réponse. Plus il me détestait, plus il était fort. Plus il sentait l’urgence de sauver ses amis, plus il était fort. Plus la responsabilité pesant sur ses épaules était lourde, plus il était fort. Ainsi, je fus une nouvelle fois acculé contre le mur. Le chevalier me dévisagea avec mépris, sachant très bien qu’une fois que j’allais me relever, il allait souffrir. Mais je ne me relevai pas. Je plongeai dans l’ombre du sol afin de porter une nouvelle attaque rapide et furtive.


Mais cela ne se passa pas comme prévu. Medraut était beaucoup trop sur ses gardes. Je n’arrivais pas à avoir la moindre ouverture pour l’attaquer. J’avais l’expérience du combat, et je savais que sortir à ce niveau n’allait engendrer que des dommages à ma personne. Cela me rappela d’ailleurs beaucoup de choses. En particulier un combat que j’avais mené contre Yiskha, 5000 ans auparavant.


Il fallait que je confirme ce doute. Ainsi je pris la décision de risquer une stratégie que j’avais déjà utilisée auparavant. Me glisser dans l’ombre de mon adversaire afin de le surprendre par derrière. Je m’exécutai furtivement, tandis que le chevalier noble ne put me suivre continuellement de son œil pourtant attentif. Une fois prêt, je surgis de derrière. Mais cela ne porta pas ses fruits. Il me trancha sans même se retourner. Mes doutes se confirmèrent alors que je retournai dans les ombres. Cet individu n’était pas un simple chevalier lambda, il était le général de la fondation du futur de l’époque, son stratège le plus brillant : Mordred.


Je compris pourquoi il cachait tant de réserve. Penser retrouver cet individu au milieu d’un affrontement dans le futur aurait été bien trop hasardeux pour que je prenne cette option en compte, et pourtant, il était de retour. Lentement, tous les membres de la fondation du futur de l’époque se joignaient, directement ou non, à l’affrontement. Cela présageait-il une vengeance complète de ma part, ou une simple répétition de l’histoire ? Même moi, je ne pouvais répondre, tant je n’avais pas anticipé ce déroulement des choses.


« Tu m’as donc caché des choses…Murmurai-je, dans les ombres. Qui aurait cru que derrière un tel imbécile se cachait l’instigateur du plan m’ayant mené à la perte. Mordred ?

– Je ne pense pas avoir caché quoi que ce soit depuis que je suis arrivé en cette pièce, Katsuo. Rétorqua le chevalier blond. Ta vision te jouerait-elle des tours avec l’âge ?

– Amusant. Raillai-je. Aurais-tu gardé le sens de l’humour de ta personnalité de bouffon ?

– Qui sait, reprit-il, confiant. J’ai toujours eu un faible pour les blagues éphémères de ton genre. »


Il profita de ces quelques phrases échangées pour me localiser dans la pièce. Il planta son épée là où je m’étais situé, mais il était déjà trop tard. Il me restait malgré tout quelques restes d’En Absu, mon omnipotence, et c’était déjà bien trop puissant pour qu’il puisse rivaliser. Mais alors que je pensais qu’il allait tenter une nouvelle fois, il profita de mon inattention pour se jeter sur Hiroki et Laïla afin de les délivrer de leur emprise. Fort heureusement, je fus plus rapide, et je le déviai. Ainsi, pour le punir, j’augmentai la puissance de mon sort d’emprise, ce qui tira cette fois de nouveaux hurlements à ma progéniture qui, pour ne pas me faire plaisir, s’efforçait de rester discrète dans sa souffrance. C’en fut trop pour le chevalier en armure.


https://www.youtube.com/watch?v=G7LUinhe5jY


« J’en ai assez. Assez de voir tous ceux auxquels je tiens se faire massacrer les uns après les autres.

– Mets fin à tes jours dans ce cas, tu ne verras plus rien et tu seras en paix. Le provoquai-je. »


Il semblait que je venais d’irriter le chevalier noble. Enragé, il brandit une autre de ses épées qu’il sortait de nulle part, mais cette fois, je sentais quelque chose de vraiment différent venant de lui et de son arme. Une pression si forte que l’air autour de nous sembla s’être alourdi rien que de par leur présence.


« Je les sens. Déclara-t-il. Toutes les âmes ayant vu cette épée. L’épée que j’ai utilisée pour pourfendre le mal et la couardise. Celle avec laquelle j’ai provoqué le trépas de tous ceux ayant attenté à la vie de mes maîtres. Tous ces sacrifices pour leur éviter la mortaille. Ils sont tous là, avec moi, dans l’âme de cette épée.

– Foutaises. Crachai-je. Ils sont morts, enterrés, et ne reviendront jamais.

– Explique moi donc ce que tu vas voir, Zetsubô. »


Incrédule, je jetai un œil à l’espace autour de moi. Stupéfaction totale, il disait vrai. Des tas de fines particules de lumière surgissaient de nulle part, leur nombre s’agrandissant de secondes en secondes, comme si des tas d’âmes étaient venues de l’autre monde rien que pour prêter main forte à cet homme. Ces fines ondes se faisaient absorber par l’épée du chevalier qui devenait de plus en plus brillante au fil des secondes. J’entrouvris la bouche sans réellement m’en rendre compte. Comment une telle chose pouvait se produire ? Je n’en avais pas la moindre idée. Pourtant, Mordred vint m’éclairer sur le sujet.


« Tous ces souvenirs appartiennent à Mordred. Me déclara-t-il, déterminé. Chacun de mes propriétaires, chacune de mes batailles, tout est ancré au plus profond de mon coeur. Ce sont ces souvenirs qui sont imprégnés dans mon âme qui vont venir me prêter main forte. Et avec la puissance de toutes ces émotions, de toutes ces reminiscences, je te surpasserai une bonne fois pour toutes.

– La belle affaire. Raillai-je. Gagner contre moi par la force de l’amour. Tu n’es pas dans un roman, Mordred. »


Il m’ignora. Il continua à emmagasiner les lumières venant se greffer à son arme comme si tout cela était naturel. Je distinguai parmi toutes les fines silhouettes, celle d’une femme ressemblant comme deux gouttes d’eau à ma fille, Laïla. Était-ce une coïncidence ? Une fois toutes les lumières absorbées, il déploya son bras étincelant, ouvrant une sorte de portail étrange. Rien n’en sortit, si ce n’était davantage de lumières qui gravitèrent autour de Mordred. Je voulus l’attaquer pendant qu’il chargeait son attaque, mais quelque chose m’en empêchait. Une forme invisible mais me saisissant comme s’il m’était impossible de progresser dans mon acte.


« Tu ne l’interrompras pas. Me murmura une voix féminine, me mettant en garde. Celui-ci est mon serviteur, à qui j’ai confié ma fille. »


Je grimaçai. Qu’est-ce qui était assez puissant pour me retenir de la sorte ? Mordred, lui, non content d’avoir emmagasiné ses souvenirs, fit appel à tous les esprits immatériels des Izrathiens qu’il pouvait trouver et les fis se joindre à lui à leur tour. Son épée devenait de plus en plus étincelante, de plus en plus aveuglante. Comme s’il était lui même le soleil éclairant le monde de Lithemba.


« Mon épée est étincelante. Elle éclaire l’avenir des futurs héros, en préservant le présent, pour ne pas commettre de nouveau les erreurs du passé. Elle est le remède à tous les maux de nos âmes, et par sa flamme, nous allons pourfendre les couardises et faire cesser la félonie. »


Sa lame s’embrasa, laissant virevolter ses flammes dorées dans les airs, au gré de la pression atmosphérique générée par Mordred, l’ancien général de Yiskha, et maintenant, le seul ennemi qui était encore en train d’entraver ma route. Les étoiles s’illuminèrent de nouveau, mais cette fois, elles étaient faites d’or. Elles m’en voulaient décidément, ces étoiles. Elles prêtaient leur puissance à qui le voulait, tant que cette puissance était dirigée contre ma personne.


« Cette épée est celle qui a traversé les âges, nos peines, nos gloires, et nos victoires ! Hurla Mordred. J’en appelle à toi, Excalibur !! »


Il pointa son arme vers moi en un hurlement de rage, projetant dans son assaut une puissance éclatante et droite qui me fonça droit dessus. Elle souleva le parpaing du sol en plusieurs morceaux qui furent instantanément broyés par sa force phénoménale, emportant en la même occasion tous les débris liés à notre affrontement. Les murs tremblèrent. Et moi aussi, j’étais incapable de rester impassible. Le temps sembla même s’arrêter plusieurs secondes, tandis que l’attaque se reflétant sûrement dans mon regard interdit venait peu à peu s’écraser sur moi afin de me détruire.


Plus elle se rapprochait, plus je me rendais compte de l’erreur que je faisais. Traverser 5000 ans, cumuler la puissance du désespoir, et celle du kvantiki, pour finalement échouer face aux mêmes obstacles. Lithemba n’avait pour seules limites que le ressentiment de son utilisateur, et je n’étais apparemment pas assez puissant pour véritablement transcender les barrières des émotions humaines. Si j’avais été capable d’avoir encore plus de haine, alors peut-être que j’aurais pu utiliser son pouvoir à pleine puissance, mais ce n’était pas le cas. Il fallait se rendre à l’évidence. Ils étaient bien plus forts que moi en la matière. Tout simplement parce qu’ils avaient quelque chose à protéger. Autre chose qu’un simple pouvoir, ou un simple règne. Quelque chose que je n’avais jamais connu et que je n’allais vraisemblablement jamais connaître…


La puissante bourrasque d’Excalibur s’écrasa sur moi, Hiroki, et Laïla. Comme je m’en doutais, elle brisa leurs liens, sans même leur causer la moindre égratignure, tout simplement car Morded ne voyait pas ces déchets de ma génétique comme des ennemis lorsqu’il avait lancé son attaque. Quant à moi, je sentais que la puissance du désespoir n’allait pas me protéger, cette fois. Je m’embrasais de l’intérieur, comme aspiré par la tempête s’abattant sur moi. Elle m’emporta dans une colonne de puissance qui monta jusqu’au ciel, me laissant tourbillonner avec elle dans l’impuissance la plus totale. J’étais pris au piège. Fait comme un rat, à la merci de cet individu qui venait vraiment de me faire mal par la force des sentiments qu’il éprouvait.


Mais je n’éprouvais aucune douleur. Tout du moins, je ne ressentais rien. Rien d’autre que de la haine. Car au fond, je me prouvais à moi-même que j’étais devenu bien plus faible qu’à l’époque où j’affrontais Helios et Solaris en Egypte afin de gagner leur royaume. 5000 ans dans la prison temporelle m’avaient changé irrémédiablement, c’était un fait. Mais ce n’était pas une excuse. Il était hors de question que je ne transcende pas pour de bon les limites de l’être humain, peu en importaient les sacrifices.


Alors j’encaissai l’attaque, sans sourciller, et je tentai même le tout pour le tout. Mêler mon propre pouvoir actuel, celui qui de toute façon était insuffisant pour les vaincre, à cette puissance qui s’abattait sur moi. Si Erika, et Laïla, avaient toutes les deux pu mêler deux attributs contraires…Moi aussi, j’en étais capable.


« Despair Origin ! Ubungakanani obuhlanganisiweyo !! »


Je laissai exploser tout le désespoir qui se trouvait en moi. Il alla se mêler à l’ouragan qui prit alors une couleur ébène, au même titre que ma puissance. Et comme tout ce qui était désespoir m’appartenait depuis toujours, je tentai d’un revers de la main de rappeler cette puissance hybride à mon corps. Elle me revint sans difficulté, mais lorsqu’elle pénétra mon corps, je compris la réalité de ma demande.


J’eus mal comme jamais auparavant. J’en hurlai même toute la douleur que je ressentais. Était-ce donc une épreuve si terrible, que d’introduire un nouveau type d’élément en soi ? Cela en avait l’air, puisque même moi, je ne pouvais réfréner une envie si pressante de tout détruire pour calmer la douleur. Je tentai d’arrêter le processus, mais il était trop tard. L’énergie d’Excalibur avait déjà pénétré ma chair, et il fallait donc que je la maîtrise afin de survivre. Je poussai un hurlement de rage, comme si cela allait m’aider à appréhender cette épreuve. Il fallait que je mette de côté tout ce qui faisait de moi un être faible et corruptible, un humain. Il fallait que je gagne une autre épreuve pour faire de moi l’ultime souverain du désespoir…Alors je me rappelai d’une chose. Comme pour me motiver. Le sort de mon père qui, dans sa faiblesse, m’a sacrifié sur l’autel de la lâcheté. La simple pensée de finir comme lui me fit me ressaisir. Toutes les souffrances n’étaient rien comparées à cette disgrâce.


https://www.youtube.com/watch?v=SZyFs62EOsM


Les douleurs cessèrent. J’ouvris les yeux. Et là, je constatai quelque chose de radicalement différent. Je n’étais plus fait de kvantiki. J’avais repris mon apparence normale, à l’exception près que le désespoir gravitant autour de moi était fait d’un contraste mêlant couleurs sombres et mauves à de l’or pur et véritable. Cela ne faisait aucun doute : je venais d’absorber l’entière puissance d’Excalibur pour l’ajouter à la mienne. J’avais réussi. J’étais désormais un être ayant transcendé toutes les barrières.


« Comment est-ce possible… ? Bégaya Mordred. C’est…

– Tu as fait de ton mieux, stratège de Yiskha. Repris-je, sans aucune animosité. Je t’avoue que vous m’avez tous les trois épaté. J’ai plusieurs fois pensé que ma fin était arrivée, mais il faut croire que même un vétéran dans le combat de ma trempe apprend encore des choses au bord de la mort.

– Tu as fusionné…avec Excalibur ?

– En effet. J’ai avec moi toute la puissance requise pour vous éradiquer tous les trois d’un seul souffle. Pardonne-moi de ne pas m’éterniser dans les discours, j’ai le monde à conquérir. »


Je désignai du doigt les deux créatures miteuses que j’avais engendré par mon sang. D’un seul doigt, je projetai un puissant rayon qui était deux fois plus puissant que ce que je générais habituellement en rassemblant tout mon pouvoir. Mordred s’interposa entre moi et mes cibles. Il tenta de lui aussi projeter un torrent d’énergie similaire à ce qu’il produisait avant l’altercation, mais il était bien trop faible. Rapidement, mon attaque surpassa la sienne et alla s’écraser contre le blond.


« Je suis désolé…Mon jouvenceau…J’ai failli à ma tâche… »


Puis il disparut dans une fine pluie de lumières, comme tous les autres chevaliers nobles que j’avais exterminés. Il ne me restait plus qu’une dernière chose à faire. Ainsi, je me rendis devant les dépouilles inconscientes de mes deux rejetons. Ils respiraient encore, mais cela n’allait pas durer. Il était temps de terminer une bonne fois pour toutes ce que j’avais commencé. Le monde allait être témoin de ma victoire écrasante contre l’espoir.


Je pointai le doigt contre ma progéniture.


« Descalibur Origin : ikrele elintlango – »


Je n’eus pas le temps de terminer. Je perdis l’équilibre, comme percuté par quelque chose de furtif et d’assez fort pour me perturber dans mon élan, puis je fus propulsé des mètres plus loin. Je repris mon équilibre, lançant un regard à ce qui m’avait interrompu, et je crus tout d’abord à la vaste blague. Mais cela n’était pas du tout une plaisanterie.


Ils étaient là. Le duo de l’insipide et de l’abject. Je ne les attendais plus. Je les considérais comme morts ou vaincus, ou qu’ils n’allaient pas avoir le courage de se montrer, mais il n’en était rien. La personne m’ayant percuté n’était autre qu’Erika Kurenai, princesse de l’espoir, accompagnée par son maître actuel, Reisuke Yamada, autrement dit, le plus pitoyable de tous les descendants qu’il m’ait été donné.


« Nous t’avons fait attendre, Zetsubô. Déclara froidement Reisuke en s’interposant entre moi et ses frères et sœurs.

– Reisuke…Soupirai-je. Je ne pensais pas que tu oserais te dresser devant moi en sachant combien de temps il m’a fallu pour te contrôler lorsque nous étions en Egypte tous les deux.

– Les choses sont différentes désormais. M’interrompit Erika. Rei-chan et moi avons traversé des tas d’épreuves nous menant jusqu’à toi. Notre but unique est ta destruction, et je suis persuadée qu’à la fin de cet affrontement, tu ne seras plus en mesure de le conter. »


Nous nous dévisageâmes. Une nouvelle fois, quelqu’un se mettait en travers de ma route. Une nouvelle fois, ces personnes allaient mordre la poussière, sous les yeux du monde entier.


Les légendes ne meurent jamais, elles se retrouvent toutes au format Avril 2014.
Yume-Nikki. Glory for Hope. United We Stand. Guru Guru Wonderland.
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Ezaakh
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[En Cours] Rising Hope : Les Spectres du Passé posté le [18/10/2019] à 21:32

Chapitre 185 : La confrontation finale (5)

https://www.youtube.com/watch?v=A6z-UuwnJ90


Le duo de l’improbable et de la faiblesse se tenait devant moi, et il était le dernier obstacle à ma réussite. Il était difficile de concevoir que de tels déchets avaient pu arriver jusqu’à moi en restant en vie tout ce temps, mais c’était bien vrai. Et à en consulter les alentours, ils étaient les dernières personnes capables de rivaliser avec mon pouvoir. Soichiro et sa fille s’étaient finalement laissés vaincre par la leader de la fédération ETHER et sa progéniture, quant aux autres, ils étaient soit incapables de se battre, soit trop faibles pour me vaincre.


Et lui restait devant moi, l’air glacial. Accompagné de sa blonde écervelée qui ne savait sûrement même pas elle-même ce qu’elle foutait là. Ils me scrutaient tous les deux comme s’ils étaient concernés par ce conflit millénaire. Comme si leur présence allait changer la donne et sauver le monde. Je les haïssais bien plus que n’importe qui. Ils avaient tous les deux ignoré leur héritage pour s’unir dans une petite romance à l’eau de rose comme si de rien n’était. Elle était autant une disgrâce pour Yiskha qu’il ne l’était pour moi. Leur simple existence me donnait envie de vomir.


Je ne pris même pas la peine de dialoguer avec eux. Il fallait que je terrasse ces déchets pour qu’enfin je puisse accomplir mon œuvre. Cela allait être du vite-fait. Après tout, si madame la princesse de l’espoir ne m’avait pas imploré quelque temps plus tôt, ils seraient déjà morts tous les deux. Alors j’allais pouvoir reprendre ce que je leur avais octroyé : le droit de vivre.


Même si mon omnipotence ne fonctionnait plus, il me restait d’autres atouts dans ma manche. J’étais plus puissant que jamais, grâce à tout le kvantiki au fond de mes entrailles, mais aussi à la puissance d’Excalibur dont les pulsations se faisaient encore ressentir dans tout mon être. Ainsi, lorsque je me jetai sur le duo, ce fut à une vitesse qui me surprit moi-même. Je ne m’imaginais pas si rapide, et à vrai dire, les autres non plus. Reisuke eut à peine le temps de bousculer sa comparse pour éviter qu’elle ne se fasse tuer d’un coup.


Mais cela n’allait pas suffire. J’étais désormais englobé dans de la puissance ténébreuse, presque électrique. Toute mon énergie gravitait autour de moi, réclamant le sang de ces êtres impurs en guise d’offrande à mon nouveau règne. Le feu brûlait en moi, hurlant ma rage face à ce qu’il était advenu de cet héritage. Et ces flammes s’étendirent autour de moi aussi vite qu’elles n’avaient pris place dans mon cœur. Une longue traînée ardente se déchaîna devant moi tandis que je plongeai dans le sol en tant qu’ombre. Cela força mes deux adversaires à se ruer sur les corps inertes de mes précédents challengers afin de les mettre en lieu sûr, mais cela me permit de gagner de précieuses secondes.


Je surgis du plafond, faisant apparaître au creux de ma main un rayon obscur d’une circonférence assez large qui fut projeté en quelques secondes droit sur la princesse de l’espoir. Cette dernière, grimaçant, jeta le corps de Hiroki vers son frère avant de tout simplement me renvoyer un rayon similaire en fronçant les sourcils. Nous nous engageâmes alors, elle et moi, dans un bras de fer mettant en scène nos puissances du désespoir respectives. Sans surprise, elle perdit assez rapidement la partie, mais réussit à s’extirper in-extremis afin de laisser ma colossale offensive s’écraser au sol. Je voulus me ruer sur elle, mais je fus retenu par son lycéen qui lui, avait profité de mon inattention pour me passer les chaînes autour des poignets. Je me retournai vers ce rejeton de la faiblesse. Il me surprit, car ses yeux avaient viré du vert au rouge, tandis que sa chevelure, sans changer de forme, était devenue aussi noire que la mienne.


« Je vais terminer l’oeuvre de notre lignée en t’éradiquant de cette terre une fois pour toutes. Déclara calmement ma descendance. Et je vais utiliser ce fardeau que tu m’as transmis pour le faire. Apparais à mes côtés, Draekort !! »


Un rugissement de ténèbres se fit entendre dans l’espace de bataille. Je sentais la créature arriver. Elle allait bientôt surgir de la terre afin de me confronter. Mais de quel droit le faisait-elle ? J’étais celui qui avait permis cette alliance. Mon héritage, ma créature, et ma descendance. Le fait qu’ils se dressaient contre moi alors que j’avais le droit de vie ou de mort sur eux n’était rien d’autre qu’une hérésie, un blasphème. Comment osaient-ils prendre le dessus sur l’origine même de leur pouvoir et de leur existence ?


Tandis que le dragon à six têtes rejoignit son pseudo-maître, je me jurai que j’allais leur faire payer le prix fort, afin de marquer à jamais leur esprit du sceau de ma colère.

À peine sorti il se jeta sur moi, mais il ne fut pas assez rapide. Je m’étais déjà engouffré dans les ténèbres environnantes afin de me déplacer en elles sans que l’on ne puisse m’arrêter. Lorsque je surgis, je voulus attaquer directement son propriétaire. Cependant, deux traînées de poison me forcèrent à reculer. Je me retournai, ce qui me laissa constater que les deux versions de la même princesse reptilienne s’étaient jointes à la bataille.


Je reculai de quelques mètres, esquivant ainsi au passage l’assaut de Reisuke qui se voulait furtif mais restait totalement prévisible. D’un geste je me lançai à l’assaut de mon rejeton qui avait tenté de me suivre, le projetant d’une facilité déconcertante. Il manqua de s’écraser dans le mur, sans l’intervention de miss espoir qui le rattrapa à temps. Elle ne se fit d’ailleurs pas attendre, puisqu’à peine elle l’eut sauvé qu’elle se propulsa à une vitesse folle en ma direction. D’un air déterminé, elle se mit à luire. Puis elle prononça quelques mots avec l’intention de changer la donne.


« Heir of Hope : Imvelaphi Yesine. Yamada Hiroki ! »


Un flux de sentiments matérialisés en une énergie étrange gravita autour de la jeune femme, avant de prendre la forme d’une imposante épée semblable à celle que portait l’héritier de mon empire, à la seule exception qu’elle était colorée de nuances de bleu et de vert, symboles du pouvoir d’Erika. Elle la saisit sans aucune difficulté, lâchant un hurlement de rage tandis qu’elle la brandissait sur moi. Pathétique. Une telle attaque n’allait avoir aucun effet sur ma personne. Mais c’était la parfaite occasion de tester ces nouvelles facultés que je possédais. Ainsi, je générai le pouvoir d’Excalibur dans ma main droite, me lançant dans un duel à l’épée avec la princesse de l’espoir.


Mon arme était bien plus dévastatrice que la sienne. Il suffisait que je donne un coup de lame dans les airs pour qu’un torrent d’énergie scintillante s’en dégage et détruise tout sur son passage, et cela acculait fortement mon adversaire qui perdait peu à peu du terrain pendant notre joute. J’avais la technique et le maniement de l’épée qu’elle ne possédait pas, et c’était flagrant. Ainsi, je pris rapidement le dessus, décidé à la trancher en deux une fois pour toutes. Mais alors que j’allais la pourfendre, ma lame heurta quelque chose de bien plus solide que de la chair humaine : une armure. Son Izrathienne était revenue en elle, la laissant revêtir une armure aussi solide que de l’acier, et qui avait visiblement résisté à mon assaut.


« Vénominaga, change ! Toratura ! »


J’eus à peine le temps de réaliser que c’était un piège. L’armure avait déjà disparu, laissant place à une sorte de gigantesque canon à réaction utilisant le bras de la blonde en guise de propulseur apparaître, pointé vers moi. Une seconde suffit pour qu’un énorme vacarme ne retentisse, accompagné d’un déluge de souffre projeté droit sur ma personne. Je fus projeté dans un épais écran de fumée tandis que je ressentais désormais une sensation de brûlure sur l’ensemble de mon visage. Cependant, je n’eus même pas le temps de me ressaisir que mon rejeton surgit de l’espace de fumée, accompagné par son reptile à six têtes, afin d’écraser sur moi un intense impact obscur tiré tout droit de Lithemba. Je tentai de me défendre, en vain. Cette combinaison était sournoise, et il valait mieux que je pense à mon atterrissage afin de pouvoir m’en sortir.


https://www.youtube.com/watch?v=QV3wFRy23cY


Je pus éviter une collision trop brutale avec le sol, ce qui me permit de soigner mon visage ayant été carbonisé par l’attaque. Ma vision qui était jusqu’alors brouillée reprit ses facultés initiales, tandis que je me fondis de nouveau dans les ombres afin de gagner du temps pour réfléchir. Avec cette créature et ses six paires d’yeux, il m’était impossible de jouer la carte de l’attaque surprise pour en finir. Elle me scrutait qu’elle qu’était la direction que je prenais. C’était frustrant, de se faire surveiller par sa propre création.


Ainsi, toujours depuis les ombres, il n’y avait qu’une seule chose à faire. Il fallait que je détruise ce reptile de malheur afin de regagner ma liberté d’action. Mes nemesis se soulevèrent de nouveau, exactement comme lorsque j’affrontais Hiroki et Laïla, et se lancèrent tous à l’attaque du demeuré et de sa gourde afin de les distraire. Avant de penser à leur destruction, il fallait que je navigue dans les ténèbres de manière furtive, afin d’arriver à vaincre cette chose.


Je bondis de l’ombre du plafond, à 90 degrés est de Draekort qui était bien trop occupé à gérer mes créatures pour me notifier. Excalibur apparut de nouveau dans mes mains. Je la brandis vers le monstre en poussant un hurlement de détermination, comme pour lui montrer toute la haine que j’avais envers les traîtres.


« Retourne au soufre duquel je t’ai créé, serpent !! Descalibur Origin : Ukugqwesa Enzonzobileni »


Le temps se figea l’espace d’une seconde, tandis que j’avais dirigé ma main vers l’immondice que j’avais créée. Tout autour de nous ralentit, comme si j’avais altéré le temps lui-même. Et moi, je me ruai sur la créature, l’assaillant de plusieurs coups directs qui laissaient derrière eux une lumière flottant dans les airs. Lorsqu’un cercle complet fut tracé autour de ma cible, un rugissement se fit entendre. Un grand dragon noir s’échappa de ma chevelure, avant de dévorer l’ennemi sur lequel j’avais enclenché ce sort.


Le temps reprit son cours, laissant entendre les cris d’agonie du reptile s’étant fait vaincre par ma toute puissance. Les expressions des deux princesses des serpents se durcirent en constatant ce spectacle. Sans écouter leur propriétaire, elles se lancèrent toutes deux droit vers moi en préparant une contre-offensive, mais elles étaient bien trop faibles. Le dragon qui était sorti de moi les repoussa en moins de temps qu’il ne m’en fallut pour le souhaiter.


Surprise. Mon rejeton était déjà face à moi, son visage face au mien, forçant ses sourcils à maintenir une expression de haine afin de réprimer des larmes. Avais-je créé une faille en lui en massacrant son serviteur ridicule ? Ce déchet s’était-il vraiment attaché à cette chose ? Amusant. Cela me tira un sourire.


« Je te ferai payer ça, grogna-t-il en chargeant un sort. Je vais te montrer ce qu’il en coûte de s’en prendre aux personnes que j’estime !! Heir of Despair ! Indibaniselwano yenamba !! »


Un cercle semblant être fait de magie violette apparut sous nos pieds, avant de nous transporter tous les deux à quelques mètres au-dessus du sol. Un tourbillon de la même couleur engloba Reisuke, le laissant se transformer l’espace de quelques secondes en sa créature : Draekort. Il projeta un tourbillon éclatant qui m’emporta quelques secondes dans sa spirale, avant de tout simplement m’éjecter au loin. Je grimaçai, tandis que lui affichait toujours une haine prononcée à mon égard. Mais l’essentiel était que cette chose était morte. Cela me permit de me fondre de nouveau dans les ombres en décidant qui d’entre eux serait la prochaine cible de mes attaques destructrices.


Ils restaient aux aguets, tandis que je pouvais discerner le fait qu’Erika préparait déjà sa prochaine offensive, soignée par son acolyte. Je sortis de l’ombre afin de me ruer sur la princesse de l’espoir, cette fois en ayant anticipé le fait que ses deux reptiles allaient tenter de me vaincre. J’esquivai d’un bond les deux créatures, pour ensuite me diriger vers leur propriétaire. Je fis apparaître du sol l’énergie du désespoir nécessaire qui devint une solide chaîne de fer obscure, avant de la lancer sur elle. Bien évidemment, elle ne fut pas assez réactive. Elle fut rapidement pieds et poings liés par mon offensive.


« Despair Origin : Iminyaka emihlanu yokubandezeleka !! »


Et comme je l’avais fait face à Hiroki et Laïla, je fis s’embraser les liens qui retenaient Erika. Le feu monta rapidement jusqu’à elle tandis que Reisuke, lui, tentait de le contenir. Toute l’attention de mes adversaires était fixée sur cette blonde en plein rôtissoire, ce qui me permet de m’en prendre à ses créatures. Tout du moins, je le pensais.


Car malgré le fait qu’Erika était en train de brûler vive, aucun cri ne retentissait dans l’espace de bataille, et pire encore, mon assaut fut arrêté par ses trois camarades qui me repoussèrent avec force. Je déglutis. Comment était-ce possible ? Cette fille se faisait carboniser et elle restait apathique, sans même esquisser le moindre signe de douleur. Elle me fixait au travers du déluge de flammes qui la séparait de moi, sans esquisser la moindre gêne. À quel point était-elle effrayante ? Était-ce vraiment la princesse de l’espoir qui se tenait face à moi ?


Je restai abasourdi, pauvre de moi. Reisuke m’avait attaqué et je devais me charger de lui. Il me pourchassa dans les ombres, laissant à sa greluche le temps de se défaire de mon emprise. Chaque fois que je plongeai dans les murs du château de Lithemba, il m’y suivait. Je décidai alors de me battre avec lui dans les profondeurs du monde du désespoir auquel nous appartenions tous les deux.


Nous nous trouvions, lui et moi, dans les terres de Lithemba. Ce monde duquel il avait été prisonnier pendant des mois lors de son voyage temporel. Celui qui appartenait à Laïla avant que la fondation du futur ne m’en rende le contrôle. Le vent soufflait sur les plaines grisées et dénuées de vies, au-dessus desquelles nous flottions, mon rejeton et moi. Rien n’avait de couleur autour de nous. Tout était régi par la tristesse, le regret, et l’indifférence. Seules nos paires d’yeux rouges à lui et moi, symboles de notre filiation, composaient la palette de notre décor. Il me dévisageait, tandis que sa longue cape flottait au gré du vent paisible de mon endroit.


« Penses-tu que m’emmener dans cet endroit réveillera en moi un traumatisme quelconque ? M’interrogea Reisuke, impassible. Je ne suis plus celui qui est tombé dans tes griffes, Zetsubô.

– Je n’ai pas cette prétention. Repris-je. Je trouvais simplement les murs de mon château bien trop étroits. Et puis comprends-moi. Je n’aime pas vraiment que des étrangers se mêlent à notre histoire de famille.

– Erika n’est pas une étrangère. Elle est précieuse pour moi, ainsi que pour mes frères et sœurs. Elle est celle qui nous a tous connecté et nous a permis de trouver l’espoir.

– Tu ne sais rien des motivations de cette fille. Elle a tout fait pour te trahir. Elle a attaqué ceux que tu aimes, elle a trahi Jessica, et a même vendu Soichiro. C’est une opportuniste qui ne recule devant rien pour arriver à ses fins.

– Parce que toi, tu n’es pas un opportuniste peut-être ?

– Evidemment que si. Souris-je. Justement, je commence à comprendre que mon idéal n’était peut-être pas en Laïla. Elle est bien trop juste et intègre pour arriver à nos fins. Par contre, ironiquement, c’est la princesse de l’espoir la mieux qualifiée pour me donner une lignée. »


Reisuke sourit en raison de ma réponse. En moins de quelques secondes, il éclata en des rires frénétiques qu’il tentait en vain de retenir. Jusqu’à en avoir les larmes aux yeux. Qu’avais-je dit de si drôle ? Je n’en avais pas la moindre idée. Mais le simple fait que ce type se payait ma tête me donnait envie de le mettre en pièces.


« Tu as un train de retard. Sourit-il, moqueur. Elle porte déjà ma lignée en elle. Erika est enceinte. »


Cette phrase résonna en moi quelques secondes avant de s’estomper en laissant derrière elle un sentiment décuplé de rage. Hiroki n’avait pas été le seul à se reproduire avec l’ennemi. Et ces déchets osaient paraître devant moi avec le fruit de leur hérésie encore dans les entrailles de sa mère ? Et cette fille osait se battre avec un enfant en elle ? En plus d’être une imbécile, elle était totalement folle !?


J’eus un moment de réflexion, puis la lumière pénétra mon esprit. Cette occasion était parfaite. Contrairement à l’enfant de Hiroki et de Jessica, celui-ci était à naître. Il suffisait que je me l’approprie afin d’en faire un parfait héritier, combinant les pouvoirs de la princesse de l’espoir, de mon héritage, pour enfin lui confier mon empire. Un être surpuissant élevé dans mes convictions et mes valeurs, qui dominerait sur le monde et vouerait sa vie à ma cause…


Je souris. J’avais enfin trouvé un objectif viable, en tirant quelque chose de positif de cette nouvelle génération. Finalement, Reisuke n’avait pas été si inutile. S’il n’était qu’un déchet ambulant, au moins, il savait se reproduire, c’était déjà ça.


« Tu rêvasses, Katsuo ? M’interpela l’intéressé, tenant au creux de sa main une sphère de puissance colossale. C’est ici que cela se passe ! »


Il projeta le flux d’énergie droit contre moi. Je l’évitai de justesse, laissant échapper une coulée de sueur. Cette sphère était étrange. Elle possédait des couleurs de désespoir, mais aussi autre chose de singulier, de plus sombre encore. Intéressé, je revins à la charge vers mon rejeton, décidé à en finir une bonne fois pour toutes.


« Je dois malgré tout vous remercier ! Criai-je en utilisant mes pouvoirs. Je crevais d’ennui dans cette prison du temps, et vous m’avez bien diverti, avec vos sentiments à l’eau de rose et vos déterminations fugaces.

– Nous nous divertirons aussi sous peu. Reprit Reisuke en parant mes coups. J’imagine déjà le monde entier danser lorsque nous transporterons ton cercueil vers le four crématoire.

– Ce ne sont que des mots Reisuke ! Tu es incapable de me battre ! Rappelle-toi qu’il m’a suffi de cinq minutes pour prendre possession de ton corps alors que je n’avais pas de forme humaine !

– C’est vrai. Mais cette fois, c’est différent. »


https://www.youtube.com/watch?v=KjlTmJQsceY


Il parvint à se saisir de mon bras, l’agrippant avec force. Je n’arrivais pas à m’en défaire tant il y mettait de la puissance. Il me donna un coup de genou dans le menton, ce qui me propulsa quelques mètres vers le ciel, avant de me poursuivre dans mon ascension.


« Cette fois, j’ai une famille, Zetsubô ! Et c’est pour elle que je me tiens debout devant toi ! Car derrière-moi, il y a des générations qui voudraient grandir dans l’harmonie, sans la crainte de se faire détruire par tes ambitions sordides ou la fondation du futur ! »


Il me donna des coups successifs, me prenant dans une spirale de rapidité et de ténèbres.


« Pour Kentaro ! »


Puis il propulsa un autre impact d’énergie sombre que je peinai à dévier, avant de tout simplement se fondre dans les ombres. Il réapparut ailleurs une fraction de secondes plus tard.


« Pour Chitose ! »


Une fois de plus, il m’échappa du regard. Ma contre-attaque s’estompa dans les feuillages de Lithemba, me faisant grimacer face à ce nouvel échec. Je tentai de le percevoir, mais il était bien trop furtif. Il profitait du fait de connaître ce monde comme sa poche afin de me semer des yeux.


« Pour Hirosuke et Zahlia ! »


Cette fois, je fus la victime de liens similaires à ceux qui avaient retenu Erika, Laïla, et Hiroki. Pieds et poings liés, j’étais incapable de me mouvoir, laissant mon rejeton me surélever dans les airs sans détacher son regard du mien. Je ne ressentais de lui ni de la haine comme sa sœur, ni du vide comme son frère. Non. Reisuke était animé d’une profonde tristesse. Une tristesse comme je n’en avais jamais vue depuis que j’avais plongé mon regard dans celui de mon épouse, Azalaïs. Cela me troubla l’espace de quelques instants. Mais je n’eus même pas le temps d’en déduire quoi que ce soit. Celui qui me servait de descendance était déjà en train de mettre le feu aux liens qui me retenaient prisonniers.


« Et ça, c’est pour Shinji. Finit-il. Heir of Despair : Ikhonkco lokudibanisa. »


Tandis que des flammes violettes de désespoir s’agrippaient à ce qui me ligotait, je restai bouche bée face à l’expression du jeune homme. Je ne pouvais pas comprendre pourquoi il affichait un tel regard. Protéger sa famille était certes, quelque chose de normal, et je ne remettais pas en cause cette conviction, aussi dénuée de raison était-elle. Cependant, je ne lisais aucune haine dans ses intentions. Comme si…


« Je ne pensais pas cela possible. Bégayai-je, sans me soucier de son attaque. Reisuke, comment fais-tu, pour ne pas me haïr ? »


Il ne me répondit pas. Il continuait de me dévisager sans ouvrir la bouche, m’invitant sûrement à trouver les réponses seul. Je la saisis donc pour tirer mes propres conclusions.


« Ne me dis pas que cette tristesse que tu ressens, c’est parce que l’on s’affronte ? Murmurai-je, les yeux écarquillés. Tu ne le penses pas sérieusement ?

– C’est idiot. Soupira Reisuke en guise de réponse. Pourquoi as-tu eu besoin de faire ça, Katsuo ? Tu n’avais pas besoin de dominer le monde et tous nous condamner pour être heureux. Il te suffisait de tout recommencer en surmontant ton passé, et tu aurais été libre.

– Tu ne sais pas ce que c’est que de vivre impuissant ! Rétorquai-je, agacé. Tu ne sais pas ce que c’est que de voir ceux que tu aimes –

– Eh bien si, je le sais exactement !! Me coupa-t-il en hurlant. Je sais exactement ce que c’est que d’être faible, et de voir les gens autour de moi disparaître sans même pouvoir lever le petit doigt ! C’est parce que je sais ce que c’est que tu as jadis pu prendre le dessus sur moi ! Et regarde nous, Katsuo ! Nous sommes en train de nous déchirer car tu n’as pas été assez fort pour prendre la bonne décision ! Par ta faute, je dois lever la main sur quelqu’un de ma famille une nouvelle fois, alors que je m’étais promis de ne jamais plus le faire, après Hiroki… »


Consterné. Il n’y avait pas d’autre mot pour dire à quel point j’étais comme laissé vide sur place. Je n’avais aucune expression pour décrire le tumulte s’étant installé aux fins fonds de mon esprit. Comment pouvait-il me considérer comme quelqu’un de sa famille, après tout ce qu’il s’était passé ? Était-il vraiment le plus faible de tous ceux m’ayant fait face jusqu’alors ?

Son pouvoir monta jusqu’à moi, et m’affaiblit alors. C’était censé me faire mal, et à vrai dire, je ressentais la douleur. Mais j’étais bien trop consterné pour pouvoir réagir. Je me posais des tas de questions, et je n’y trouvais aucune réponse.


« Reisuke…murmurai-je au travers de l’écran de flammes.

– Je ne te pardonnerai jamais pour m’avoir contraint à briser ma promesse. »


Me pardonner… Comme si j’avais besoin de sa clémence, ou même de son aval pour faire tout ce que je souhaitais accomplir ! Elle était bien bonne celle-là. Moi, le souverain millénaire, j’avais donc besoin de la permission d’un jeune diplômé d’à peine vingt ans pour pouvoir continuer mon œuvre !? Foutaises ! Inconcevable ! Inadmissible ! Je ne pouvais pas laisser passer cet affront ! Il fallait que cet imbécile comprenne qu’il n’était qu’un pion sur mon échiquier du désespoir !


Je me défis des liens de Reisuke. Jamais je n’avais été aussi déterminé que maintenant. Exit le sort du monde et du désespoir final. Je me devais de donner une correction ancestrale à ma descendance future, afin de lui faire comprendre que jamais il n’allait sortir de ses tourments en étant armé d’une telle faiblesse. D’un geste de main, je générai des geysers de kvantiki surgissant du sol, manquant de percuter mon adversaire par plusieurs fois. Il esquiva in extremis tous mes assauts, mais ce n’était pas assez. Je n’étais pas décidé à le laisser m’échapper. Ainsi je me ruai droit sur lui à une vitesse fulgurante, le saisissant par la gorge jusqu’à revenir dans le château du désespoir dans lequel je le propulsai. Je détruisis des murs de la bâtisse en plaquant le corps de mon rejeton dans ma course, jusqu’à finalement atterrir dans l’espace de bataille initiale, retenant toujours son corps désormais faible dans ma main ferme.


https://www.youtube.com/watch?v=6r95JqK3PzU


Erika vint se jeter sur moi avec ses deux reptiles en constatant que j’étais de retour, mais pour toute réponse, je lui envoyai droit sur la figure le corps de son maître. Elle l’attrapa en vol et fut contrainte de relâcher son attaque en conséquence, ce qui me permit de lâcher une puissance violente en sa direction. Comme je m’en doutais, ses deux princesses reptiles encaissèrent l’attaque à sa place, les laissant s’écrouler au sol. Elles n’avaient pas pu préparer la moindre défense, ce qui leur fut fatal. Elles gisaient désormais sur le sol, inconscientes, mais vivantes. Cela se percevait. Il ne restait désormais plus qu’Erika sur la liste. Reisuke était complètement hors service, Draekort mort, et les deux princesses inconscientes. Ma victoire était désormais parfaite.


« C’en est terminé de votre petite escapade romantique sur fond d’héroïsme prophétique. Lançai-je à la jeune femme qui avait déjà posé son acolyte au sol. Rends-toi, Erika Kurenai.

– Me rendre ? Sourit-elle. Je suis désolée, cela ne fait pas partie de mon vocabulaire. Tu t’adresses à la princesse de l’espoir. Par définition, je suis l’incarnation de l’émotion qui te chuchote de ne jamais renoncer. Je ne peux donc salir ni mon honneur, ni ma mission. Fais-moi fléchir autant de fois qu’il le faudra, je me relèverai toujours. Tout simplement car je suis celle qui a été désignée depuis des millénaires pour mettre fin à ton règne, Zetsubô.

– Au prix de blesser cet être que tu as dans les entrailles ? Si tu te joins à moi, je ne ferai aucun mal à ton enfant ni à toi, Erika Kurenai.

– Me crois-tu vraiment irresponsable, Katsuo ? Me défia la princesse de l’espoir. Shinji n’est pas en danger en ce moment. J’ai pris mes dispositions pour être certaine que peu importe ce que j’encaisserai, il ne risquera jamais de mourir dans le procédé.

– Je vois…soupirai-je. Je comprends donc d’où tu tiens ton assurance. Eh bien soit. Je pensais faire de toi ma prochaine souveraine, mais qu’importe. Je vais t’envoyer rejoindre ton cher Reisuke de l’autre côté. »


Je projetai une onde de lumière obscure mêlant le pouvoir d’Excalibur à celui de Lithemba droit vers Erika et cet enfant qu’elle portait. Si elle disait vrai, alors même si elle mourrait, j’allais pouvoir récupérer ce futur héritier et accomplir mon œuvre par son biais. Cependant, malgré le fait que je pensais tout cela gagné, elle ne bronchait pas. Pire même, elle souriait face à cette puissance colossale se rapprochant d’elle. Pourtant, il était impossible pour la jeune femme de repousser une attaque si puissante… Tout du moins, je le croyais.


Car Reisuke se releva. Et en moins d’une seconde, il se dressa entre son alliée et ma puissance. Il utilisa son énergie du désespoir qui entra en collision avec la mienne afin de l’atténuer, puis il absorba avec difficulté le restant de l’attaque, poussant un hurlement de rage qui montrait sa détermination dans cette bataille. Me détestait-il finalement, ou voulait-il simplement se donner du courage pour protéger Erika ? Je ne comprenais vraiment pas cette logique. Je n’en avais pas le moindre détail.


https://www.youtube.com/watch?v=hGww5e5DnS8


« Tout va bien Erika ? Demanda le jeune garçon au corps bien amoché.

– Je vais très bien, merci, Rei-Chan. Sourit la blonde, avant de s’adresser à moi. Rejoindre Reisuke de l’autre côté tu disais ? C’est amusant. Rei-Chan est comme moi. Il n’est pas du genre à se laisser vaincre par le désespoir, surtout après ce qu’il a vécu avec son frère. »


Elle marqua une pause pendant laquelle elle le soigna sommairement grâce à ses pouvoirs. Puis elle reprit la parole à mon intention.


« Heir of Hope : Rei-Chan.

– Comment !? S’exclama l’intéressé, apparemment surpris. Je pensais que tu avais perdu toute affection pour moi !! »


Elle se tourna vers lui, et ce que je vis me surprit alors. Ces yeux, ce regard… Impossible. Tant d’amour se dégageait du visage désormais rougissant de la jeune fille. Elle le fixait en affichant une tendresse immense, une profonde affection, des sentiments authentiques et impénétrables. De l’amour comme jamais je n’en avais vu auparavant, presque palpable. Outre ma personne, cela aurait rendu jaloux n’importe quel homme.


« Eh bien, il semble que je sois de nouveau tombée amoureuse de toi, Rei-Chan. Répondit-elle, heureuse. Peu importe combien je perdrai mon affection envers toi, je sais désormais que tu es le seul homme capable de me séduire encore et encore par ta gentillesse, ta détermination, et ton sens de l’honneur. Je t’aimerai perpétuellement, Rei-Chan. »


Sa nouvelle puissance magique colossale était finalement chargée. Sans même laisser la moindre seconde à son cher et tendre, elle se jeta sur moi afin d’entamer une nouvelle page de notre affrontement final.


Les légendes ne meurent jamais, elles se retrouvent toutes au format Avril 2014.
Yume-Nikki. Glory for Hope. United We Stand. Guru Guru Wonderland.
http://web.archive.org/web/20170711065501/http://otk-expert.fr/arpenteurs/11188/

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